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Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Nous retranscrivons ici en intégralité le discours de la vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez, lors de la commémoration du 6 décembre à la Place du 6-décembre-1989 :

Nous retranscrivons ici en intégralité le discours de la vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez, lors de la commémoration du 6 décembre à la Place du 6-décembre-1989 :

Une violence genrée et racialisée. Tantôt banalisée, tantôt fétichisée. Mariages forcées, violences basées sur l’honneur, pourquoi êtes-vous seulement intéressées à nous entendre quand la violence peut être utilisée comme prétexte pour stigmatiser toute une communauté ou pour faire pousser des projets colonialistes et impérialistes? Je ne prétends pas dire qu’il n’existe pas de violence misogyne à l’intérieur de nos communautés, ou qu’il faudrait le cacher. Non certainement pas, nous devons continuer à briser le silence. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Tantôt hypervisibles, Tantôt effacées.  L’obsession exclusive avec la violence dans le contexte de la sphère privée, la violence envers des femmes « opprimées » par leurs maris « barbares » sert souvent à excuser la violence publique, les actes haineux motivés par le racisme, l’islamophobie et la misogynie.  Mais prêtez-vous attention quand on vous parle des violences racistes, des violences étatiques, des violences systémiques qu’on subit aux quotidien? Quand on vous parle des barrières à l’accès aux ressources pour les femmes victimes de violence? Quand on vous parle de l’absence des services en violence sexuelle à Montréal Nord?

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Peut-on avoir notre #MoiAussi, #AgressionNonAnnoncée sans déclencher une haine raciste envers nos communautés ? Quand est-ce que les violences dont nous sommes victimes recevront la même indignation que reçoivent celles vécues par des femmes appartenant à des groupes dominants : blanches, hétéro, cis ? Où se trouve la colère et l’indignation collective quand nous dénonçons les violences publiques auxquelles nous sommes soumises à cause du racisme systémique? 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Serons-nous encore obligées à choisir entre la lutte contre l’oppression raciste et la lutte contre l’oppression sexiste, sachant qu’on vit ces discriminations simultanément. L’insécurité que l’on ressent dans un contexte d’hostilité qui ne cesse d’empirer envers les personnes racisées, immigrantes, musulmanes… On le ressent en tant que FEMMES et en tant que minorités raciales/ethno-culturelles.  Mais la violence raciste et patriarcale prétend nous obliger à compartimenter nos identités et notre oppression et vous êtes toutes et tous complices. 

Nos corps ne sont pas un terrain de violence

Cette année, dans le contexte des 12 jours contre les violences faites aux femmes et de la commémoration du 6 décembre, nous parlons beaucoup d’anti-féminisme, je dirai anti-féminismes en pluriel. Ça a été un moment pour réfléchir aux violences systémiques dont sont victimes les femmes.  La Ville a même reconnu la tuerie à la Polytechnique comme étant un attentant anti-féministe. Reconnaitrons-nous aussi cette vague de violence raciste et genrée, d’islamophobie comme des actes anti-féministes qui mérite également une mobilisation et une indignation collective? 

Nos corps ne seront plus un terrain de violence

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