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La FFQ exige la #JusticePourJoyce et toutes les femmes victimes de violences systémiques!

La FFQ dénonce les violences vécues par Joyce Echaquan lundi à l’hôpital de Joliette. La FFQ exige que le gouvernement du Québec se dote d'un plan d’action pour s’attaquer au racisme systémique, partout au Québec.

Montréal, le 30 septembre 2020

À L’honorable François Legault,

Le meurtre de Joyce Echaquan, survenu lundi soir à l’hôpital de Joliette dans un contexte de violence par des travailleuses de la santé, démontre l’ampleur d’un système oppressif colonial qui se manifeste par des violences systémiques perpétrées au sein de nos institutions. Les individus impliqués dans cet acte haineux sont issus de ce système et contribuent à sa reproduction.

Ce qu’a vécu Mme Echaquan est inhumain : selon les informations dont nous disposons, elle est décédée seule, attachée à un lit d’hôpital, ayant reçu un traitement médical après avoir dit qu’elle y était allergique (la morphine), et en étant la cible de propos verbaux clairement racistes et intolérables. Il y a urgence d’agir, non seulement par la condamnation, mais également avec des mesures et des actions concrètes afin de s’attaquer aux racines du racisme systémique.

La mort et la violence vécue par Joyce Echaquan ne constituent malheureusement pas un cas isolé. Il faudrait rappeler qu’il y a un an exactement, le gouvernement du Québec rendait public le rapport de la « Commission Viens ». Ce rapport a fait amplement état des discriminations et des violences racistes vécues à répétition par les personnes autochtones dans les institutions québécoises, dont le système de la santé et des services sociaux, et il a même particulièrement nommé l’hôpital de Joliette. Le gouvernement du Québec ne peut plus ignorer les discriminations systémiques vécues par les personnes autochtones et racisées dans nos institutions depuis si longtemps.

Beaucoup de questions restent en suspens. Il est aberrant que, tout comme les meurtres des personnes noires par les services de police, les meurtres et les violences envers des personnes autochtones doivent être filmés pour que l’on y accorde de l’importance. Pensons aux femmes, jeunes filles et personnes bispirituelles assassinées et disparues. Combien d’entre elles meurent dans l’oubli sans que réelle justice ne soit rendue? Non seulement le racisme systémique dans nos institutions tue, mais il rend également impossible l’accès à une justice pour les personnes issues des groupes marginalisés et leurs familles.

Le congédiement de l’une des personnes employé.e.s de l’hôpital en cause dans le décès de Joyce Echaquan est très loin d’être suffisant. Rendre justice à Joyce, c’est aussi s’assurer du caractère indépendant et non biaisé des enquêtes qui seront menées, reconnaître l’existence des violences institutionnelles, et revoir les mécanismes et les pratiques de nos institutions qui permettent à ces violences de se perpétuer. Il est impératif que nous rendions réellement justice aux communautés autochtones telles que formulé, entre autres, dans les « appels à la justice » de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Demandes :

Monsieur le Premier ministre, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne confirme que « Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu’à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté de sa personne. Il possède également la personnalité juridique ». Vous vous devez de respecter ces bases de notre société et, encore plus, au sein de nos institutions d’état, tels que les hôpitaux.

En ce sens, nous appuyons les demandes faites par la famille de Joyce, par la communauté de Manawan et par Femmes Autochtones du Québec (FAQ). Nous exigeons qu’une reconnaissance du racisme systémique et de ses impacts soit faite par le gouvernement et qu’il applique immédiatement les mesures recommandées dans le rapport de la Commission Viens. Nous exigeons également justice pour Joyce Echaquan. Il faut que cette situation serve d’exemple pour l’entièreté du personnel soignant et des employé.e.s de l’État et entraîne des changements profonds de culture institutionnelle.

Nous faisons également écho aux demandes pour un plan d’action pour s’attaquer au racisme systémique; non seulement pour Joliette, mais aussi pour le Québec en entier. Les difficultés dans l’accès aux services, et des expériences de discrimination vécues par les communautés autochtones nous confrontent à l’urgence et à l’importance de la sécurisation culturelle qui vise à éliminer la discrimination institutionnelle et les relations de pouvoir au sein de ces services de santé et services sociaux. Les discriminations systémiques méritent des solutions systémiques. Le moment pour agir est maintenant. Nos communautés autochtones ont assez attendu. Ça ne passera plus.

 

Le conseil d’administration de la Fédération des femmes du Québec

CC : Viviane Michel, présidente, Femmes Autochtones du Québec

 

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