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En solidarité avec les femmes afghanes

Lisez la déclaration de la FFQ et venez marcher avec nous le 25 septembre au Square Dorchester à 15h lors de la manifestation en soutien aux femmes afghanes.

EN SOLIDARITÉ AVEC LES FEMMES D'AFGHANISTAN
(english version will follow)

Manifestation organisée par One Billion Rising

La Fédération des femmes du Québec exprime sa plus profonde solidarité avec les femmes d'Afghanistan, les enfants, les hommes, les personnes âgées, la communauté Hazara, les paysans et les paysannes, les classes ouvrières, les personnes queer, les minorités sectaires et religieuses et les travailleurs culturels et travailleuses culturelles dans cette phase la plus récente de leur histoire.

Les États-Unis et leurs allié-e-s, dont le Canada, ont envahi l'Afghanistan en 2001 après les attentats du 11 septembre et plus de 3000 personnes sont mortes dans ces attaques. En Afghanistan, au cours des 20 années qui ont suivi, environ 1 million d'Afghans et d’Afghanes ont été tué-e-s ou déplacé-e-s.

Depuis le 15 août dernier, les talibans ont repris le contrôle de la majeure partie du pays et le gouvernement afghan s'est effondré. Les talibans ont consolidé leur emprise, ont nommé un gouvernement entièrement masculin et ont imposé des contrôles stricts, en particulier sur les femmes. Ils ont remplacé le ministère des femmes par le ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, excluent les femmes de la main-d'œuvre rémunérée à l'extérieur du foyer en restreignant la participation des femmes uniquement aux domaines de l'éducation, des « poursuites » et de la santé (selon l'idéologie des Talibans), et n'ont pas encore permis aux adolescentes et aux femmes de retourner dans leurs établissements d'enseignement.

Le peuple afghan a connu près de quatre décennies de violence et de guerre à partir de 1979, lorsque les États-Unis ont déclenché une guerre par procuration, utilisant les moudjahidines contre le gouvernement afghan soutenu par les Soviétiques. Ils et elles ont obtenu le soutien des Saoudiens et du Pakistan dans une guerre présentée comme une guerre sainte contre les communistes. Les moudjahidin ont été financés par les gouvernements américain et saoudien. Cela a été suivi en 1994 par les talibans, composés principalement d'Afghans qui avaient grandi dans des camps de réfugiés au Pakistan. Ils ont également été financés par les Saoudiens, les États-Unis et l'armée pakistanaise. En 2001, les talibans contrôlaient environ les ¾ du pays et imposaient leur interprétation stricte de la loi musulmane. Les conséquences désastreuses de cette soi-disant islamisation ou islam politique (non seulement en Afghanistan, mais dans les régions voisines comme le Pakistan) pour les femmes, les minorités religieuses, les artistes, les chanteurs, les chanteuses et les gens ordinaires sont bien documentées.

La FFQ reconnaît que l'invasion américaine et alliée de l'Afghanistan en 2001 avait moins à voir avec « sauver » les femmes afghanes et plus à voir avec des objectifs militaires et stratégiques - l'accès aux oléoducs et les intérêts géopolitiques. Néanmoins, il y a eu une instrumentalisation du statut de la femme pour obtenir un soutien et générer une légitimité pour l'invasion et les 20 ans d'occupation qui ont suivi. La situation en Afghanistan aujourd'hui est une conséquence directe des interventions impérialistes et colonialistes qui n'avaient pas grand-chose à voir avec les gens directement touchés. Ainsi, nous nous félicitons de la fin de l'invasion et de l'occupation illégales de l'Afghanistan par des forces étrangères, mais nous restons extrêmement vigilantes en ce qui concerne la sécurité, la dignité et les droits des femmes et des filles, étant donné les antécédents d'abus et d'abrogation des droits des femmes par les talibans.

Pour reprendre les termes de l'Association révolutionnaire des femmes d'Afghanistan (RAWA) : « C'est une blague de dire que des valeurs telles que les « droits des femmes », la « démocratie », la « construction de la nation », etc. faisaient partie des objectifs des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan ! Et ils disent aussi qu'au cours des 20 dernières années, l'une de nos demandes était la fin de l'occupation US/OTAN et encore mieux s'ils emmenaient leurs fondamentalistes et technocrates islamiques avec eux et laissaient notre peuple décider de son propre sort. Cette occupation n'a entraîné que des effusions de sang, la destruction et le chaos. Ils ont transformé notre pays en l'endroit le plus corrompu, le plus précaire, la mafia de la drogue et le plus dangereux, en particulier pour les femmes. »

À la suite de cette pandémie, alors que toute la société afghane est confrontée à de graves crises à plusieurs niveaux, ce sont les femmes et les filles afghanes qui se trouvent au bout de cette courbe. Elles sont à l’intersection du colonialisme, du chaos politique, de l'effondrement économique, des déplacements et de l'instrumentalisation de leur situation désastreuse par des puissances étrangères sauveuses blanches ainsi que la militarisation des idéologies patriarcales religieuses fondamentalistes qui se justifient au nom des droits des femmes ou de la religion. Les femmes sont exclues de la sphère publique. Nous voyons le danger de cet effacement intentionnel des versions féminines du récit public et nous soulignons le besoin urgent de fournir des efforts pour atteindre ces femmes et ces filles et faire entendre leur voix sans les exposer à un potentiel danger.

À travers cette déclaration, nous souhaitons offrir un contre-récit aux positions binaires de triomphe face au retrait de l'invasion illégale des États-Unis sans analyse comparative entre les sexes ou pleurant la prise de contrôle du patriarcat religieux fondamentaliste sur la prétendue démocratie. Nous nous opposons aux représentations féministes libérales orientalistes et aux généralisations excessives des femmes musulmanes du monde entier en tant que mineures opprimées et impuissantes ayant constamment besoin d'être sauvées.

Notre position à la FFQ est éclairée par notre engagement à reconnaître les obstacles structurels et systémiques auxquels les femmes et les filles afghanes doivent faire face lorsqu'elles aspirent à une vie sans violence ni préjudice. La FFQ soutient pleinement la participation significative et substantielle des femmes dans tous les aspects de la vie en Afghanistan conformément à la résolution 1325 de l'ONU (la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité) et que tous les Afghans et toutes les Afghanes, sans distinction de sexe, d'origine ethnique et de religion, soient égaux et égales devant la loi . Nous sommes contre toute intervention de l'État qui limiterait les droits des femmes et des communautés marginalisées. Notre solidarité est avec les femmes en Afghanistan qui descendent courageusement dans la rue malgré la répression à laquelle elles sont confrontées, pour exiger qu'elles soient autorisées à reprendre leur travail et leur éducation.

En ce moment, il y a une énorme crise de réfugié-e-s et de déplacements internes en Afghanistan. Il y a une crise économique. Les gens vendent tout ce qu'ils et elles peuvent pour acheter de la nourriture pour leurs familles. L'ONU a mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" imminente, avec des services de base sur le point de s'effondrer et a exhorté les pays à fournir un financement d'urgence. Sur les 1,3 milliard de dollars actuellement demandés par l'ONU, seuls 39 % ont été reçus. L'exclusion croissante des femmes de la vie publique aggrave la crise en Afghanistan. Les efforts pour améliorer la situation doivent se concentrer sur les besoins et s'associer aux femmes et au peuple afghans.

Chaque fille devrait et doit pouvoir accéder à son droit à l'éducation, être à l'abri des mariages forcés, de tous les types de violence et d'exploitation sexiste et se voir accorder les mêmes droits et libertés que les garçons. Chaque femme doit avoir les mêmes droits. La FFQ appuie fortement les femmes afghanes dans leurs revendications de participer pleinement à la vie de leur pays. Nous devons écouter la voix des féministes afghanes et des militantes des droits des femmes. Les droits ne doivent pas être à nouveau troqués ou instrumentalisés. C'est la seule voie à suivre.

La FFQ réclame :

  • Collaboration des pays voisins pour garder leurs frontières ouvertes et sûres pour les réfugiés en fuite
  • Fraternité et solidarité avec les groupes de femmes afghanes féministes de la base alors qu'elles luttent pour réclamer l'égalité des droits humains et inclure les femmes afghanes dans tous les efforts de consolidation de la paix et de résolution des crises politiques
  • Solidarité de tous les mouvements de femmes nationaux ou internationaux pour faire pression sur les gouvernements et les dirigeants mondiaux en exigeant une action urgente qui soutienne et collabore avec les femmes et le peuple afghans sans leur imposer des solutions occidentales toutes faites.
  • Sensibiliser à la situation des femmes et des filles en Afghanistan qui sont gravement menacées par l'idéologie politique des talibans et le faire d'une manière qui place ces femmes au centre de la narration de leurs propres histoires et du partage de leurs propres solutions envisagées afin d'offrir représentations authentiques alternatives aux représentations stéréotypées des médias grand public de ces femmes
  • faire des dons pour consolider les efforts des organisations de secours humanitaires comme l'UAFA&P pour fournir des ressources et assurer la sécurité des femmes défenseures des droits humains en Afghanistan. Vous pouvez les joindre à https://www.uafanp.org  
  • Signature de cette lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau à la fois par des organisations et des défenseurs des droits humains au Canada https://amnistie.ca/participer/2021/afghanistan/le-canada-doit-proteger-les-ressortissantes-afghanes

 

SOURCES

https://www.hrw.org/report/2020/06/30/you-have-no-right-complain/education-social-restrictions-and-justice-taliban-held

https://mcusercontent.com/eb520eecfe82a5bf0d814ea1f/files/047731c3-b073-0518-e3e6-0c82d9be021c/5856_A_HRC_48_NGO_WFWPI_Statement_Afghanistan_En.pdf?mc_cid=020651fb57&mc_eid=ce99a2f32f


IN SOLIDARITY WITH THE WOMEN OF AFGHANISTAN

Protest organized by One Billion Rising

The Federation des femmes du Quebec expresses deepest solidarity with the women of Afghanistan, the children, men, the elderly, the Hazara community, peasants, working classes, queer folks, sectarian and religious minorities and cultural workers in this most recent phase of their history. 

The US and its allies, including Canada, invaded Afghanistan in 2001 after the 9/11 attacks and over 3000 people died in those attacks. In Afghanistan, over the 20 years since then, about 1 million Afghans have been killed or displaced.  

Since 15th August this year, the Taliban have regained control of most of the country and the Afghan government has collapsed. The Taliban have consolidated their hold, appointed an all-male government and have been imposing strict controls, especially on women. They have replaced the women's ministry with the ministry for the promotion of virtue and prevention of vice, are excluding women from the paid workforce outside the home by restricting women’s participation solely in the fields of education, ‘prosecution’, and health (according to Taliban ideology), and have not yet permitted adolescent girls and women to return to their educational institutions.

The people of Afghanistan have experienced almost four decades of violence and war starting in 1979 when the United States started a proxy war, using the mujahedeen against the Soviet-backed government in Afghanistan. They enlisted the support of the Saudis and Pakistan in a war which was presented as a holy war against communists. The mujahedeen were funded by the US and Saudi governments. This was followed in 1994 by the Taliban, composed mostly of Afghans who had grown up in refugee camps in Pakistan. They were also funded by the Saudis, the US and the Pakistan military. By 2001 the Taliban controlled about ¾ of the country and imposed their strict interpretation of Muslim law. The dire consequences of this so-called Islamization or political Islam (not only in Afghanistan but neighbouring regions such as Pakistan) for women, religious minorities, artists, singers and ordinary people are well-documented. 

The FFQ recognizes that the US and allied invasion of Afghanistan of 2001 had less to do with ‘saving’ Afghan women and more to do with military and strategic objectives -- access to oil pipelines and geopolitical interests. Nonetheless, there was an instrumentalization of the status of women to get support and generate legitimacy for the invasion and the 20-year occupation that followed. The situation in Afghanistan today is a direct consequence of imperialist and colonialist interventions that had little to do with the people who were being directly impacted. Thus, we welcome the end of the illegal invasion and occupation of Afghanistan by foreign forces; yet, we remain extremely vigilant as far as women and girls’ safety, dignity and rights are concerned given the Taliban’s records of abuse and women’s rights abrogation.

In the words of the Revolutionary Association of the Women of Afghanistan (RAWA): “It is a joke to say values like ‘women’s rights’, ‘democracy’, ‘nation-building’, etc. were part of the US/NATO aims in Afghanistan!” And they also say that in “the past 20 years, one of our demands was an end to the US/NATO occupation and even better if they take their Islamic fundamentalists and technocrats with them and let our people decide their own fate. This occupation only resulted in bloodshed, destruction and chaos. They turned our country into the most corrupt, insecure, drug-mafia and dangerous place especially for women.” 

In the wake of this pandemic, while all Afghan society faces severe crises at multiple levels, it is Afghan women and girls who find themselves at the sharp end of that curve as they are located at the intersection of colonialism, political chaos, economic collapse, displacement and on top of all of that, the instrumentalization of their dire situation by foreign white saviour powers as well as the weaponization of fundamentalist religious patriarchal ideologies that justify their agendas in the name of women’s rights or religion. Women are facing exclusion from the public sphere and are being spoken about rather than spoken with. We signal the danger of this intentional erasure of women’s versions of the public narrative and we highlight the urgent need to make efforts to reach out to these women and girls and to foreground their voices without exposing them to potential harm. 

Through this statement, we wish to offer a counter-narrative to the binary positions either blindly triumphing the withdrawal of the US illegal invasion with no gender-based analysis or mourning the taking over of fundamentalist religious patriarchy over the supposed democracy bringing women rights and championing US imperialist forces which have as we knew, eventually failed the women and girls of Afghanistan no less cruelly. We stand against Orientalist liberal feminist representations and overgeneralizations of Muslim women everywhere as oppressed helpless minors in constant need of saving. 

Our FFQ position is informed by our commitment to recognizing structural and systemic barriers Afghan women and girls have to face when they aspire to a life free from violence and harm. The FFQ fully supports meaningful and substantial participation of women in all aspects of life in Afghanistan in accordance with UN Resolution 1325 (the resolution on women, peace and security) and that all Afghans, regardless of gender, ethnicity and religion are equal before the law. We are against any intervention by the state that will curtail the rights of women and marginalized communities. Our solidarity is with the women in Afghanistan who courageously take to the streets despite the repression they face, to demand they be permitted to return to their jobs and their education. 

At this time there is a huge refugee and internal displacement crisis in Afghanistan. There is an economic crisis. People are selling whatever they can in order to buy food for their families. The UN has warned of a looming “humanitarian catastrophe”, with basic services on the verge of collapse and has urged countries to provide emergency funding. Of the current $1.3 billion requested by the UN, only 39 percent has been received. The increasing exclusion of women from public life exacerbates the crisis in Afghanistan. Efforts to ameliorate the situation must center the needs and partner with Afghan women and people. 

Every girl should and must be able to access her right to an education, be safe from forced marriage, all types of gendered violence and exploitation as well as be granted equal rights and freedoms as boys. Every woman must have equal rights. The FFQ strongly supports the women of Afghanistan in their demands to fully participate in the life of their country.  We must listen to the voices of Afghan feminists and women’s rights activists. Rights must not be traded away or instrumentalized once again. This is the only way forward.

The FFQ calls for:

  • Collaboration from neighbouring countries to keep their borders open and safe for the fleeing refugees
  • Sisterhood and solidarity with feminist Afghan grassroot women’s groups as they fight for reclaiming equal human rights and including Afghan women in any peace building efforts and political crisis resolution 
  • Solidarity from all national or international women’s movements in lobbying governments and world leaders by demanding urgent action that supports and partners with Afghan women and people without imposing ready-made western solutions on them.
  • Raising awareness about the situation of women and girls in Afghanistan that is under serious threat from the Taliban political ideology and doing so in a way that makes these women at the center of telling their own stories and sharing their own envisioned solutions in order to offer alternative authentic representations to the stereotypical mainstream media misrepresentations of these women
  • Donating to consolidate the efforts of humanitarian rescue organisations like UAFA&P to provide resources and ensure the safety of women human rights defenders in Afghanistan. You may reach them at https://www.uafanp.org
  • Signing this letter directed towards to Prime Minister Justin trudeau both by organizations and human rights defenders in Canada https://amnistie.ca/participer/2021/afghanistan/le-canada-doit-proteger-les-ressortissantes-afghanes

SOURCES

https://www.hrw.org/report/2020/06/30/you-have-no-right-complain/education-social-restrictions-and-justice-taliban-held

https://mcusercontent.com/eb520eecfe82a5bf0d814ea1f/files/047731c3-b073-0518-e3e6-0c82d9be021c/5856_A_HRC_48_NGO_WFWPI_Statement_Afghanistan_En.pdf?mc_cid=020651fb57&mc_eid=ce99a2f32f

 

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