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  • 1 février 2011

    Des inégalités troublantes

    Le débat actuel entourant la nécessité d’améliorer les revenus de retraite pour la majorité de la population passe sous silence les inégalités déjà existantes entre les femmes et les hommes à la retraite. Il faut pourtant les prendre en compte et s’appliquer à les corriger.

    Disons d’abord qu’être pauvre à la retraite se conjugue principalement au féminin. Un coup d’œil sur la situation. En 2006, le revenu moyen des femmes de 65 ans et plus représentait 62 % de celui des hommes, soit, 21 909 $ par rapport à 35 404 $ (cet écart est plus grand que celui calculé pour 2000). Ces mêmes statistiques, référant à  l’année d’imposition 2006, révèlent aussi que les revenus des femmes aînées proviennent surtout des régimes publics (Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV), Supplément de revenu garanti (SRG), Régime des rentes du Québec ou Régime de pension du Canada). Moins de 50% des femmes retirent un montant d’un régime privé de pension, d’un REER ou d’une autre forme d’épargne individuelle, comparativement à 67% des hommes. L’écart est encore plus grand pour ce qui est des revenus de patrimoine. Cependant, si la principale source de revenu pour les femmes provient des régimes publics, elles reçoivent moins de ces régimes que les hommes. Cela est dû au fait qu’elles ont moins cotisé au Régime des rentes du Québec (RRQ), étant donné leur salaire moins élevé, en moyenne, que celui des hommes (ce qui est encore vrai aujourd’hui) et que plusieurs d’entre elles se sont absentées du marché du travail pour prendre soin des enfants ou de proches dépendants. Autre constat : en 2008, 54 % des femmes retraitées et 44% des hommes reçoivent le Supplément de revenu garanti réservé aux personnes à faible revenu. Une femme vivant seule et n’ayant comme seul revenu que la PSV et le Supplément de revenu garanti dispose d’un revenu annuel de moins de 15 000 $. C’est le cas de bon nombre de femmes.

    À cette brève description, il faut ajouter quelques éléments démographiques. Au Québec, selon des chiffres de 2007, 58 % des personnes âgées de 65 ans et plus étaient des femmes et la proportion de femmes augmente avec l’avancée en âge : on comptait 2 femmes pour 1 homme chez les 80 ans et plus ainsi que 5 femmes centenaires pour 1 homme. Avec le phénomène de l’accroissement de l’espérance de vie des femmes, la pauvreté des aînées durera plus longtemps, de même qu’elles vivront plus longtemps seules. Toutes ces considérations nous permettent de voir la nécessité et l’urgence de se préoccuper de la sécurité économique des femmes âgées aujourd’hui et dans le futur.

    Les groupes de femmes ont déjà formulé plusieurs propositions lors des consultations sur le Régime des rentes du Québec et le Régime de pension du Canada. Trois approches complémentaires doivent être prises en compte.

    - Améliorer les régimes publics de retraite parce que notamment les mesures privées telles les REER (ou le REER obligatoire comme le propose monsieur Castonguay) sont inadéquates et sont moins accessibles aux femmes qu’aux hommes comme nous l’avons vu plus haut. Il faut donc améliorer le Régime des rentes du Québec et nous endossons la proposition mise de l’avant par la FTQ à l’effet, entre autres, de hausser progressivement de 25 à 50% le taux de remplacement du revenu assuré par le RRQ et en augmentant à 62 500 $ le plafond de revenu couvert. Bonifier également le Supplément de revenu garanti en haussant dès maintenant de 15% les barèmes actuels et en rendant automatique l’inscription à ce Supplément; le fait qu’il faille encore en  faire la demande pour le recevoir est inadmissible et pénalise certains types de personnes.

    - Reconnaître, dans les régimes publics de retraite, la valeur du travail effectué par les femmes (et les hommes) auprès des enfants ou des adultes en perte d’autonomie (cela peut prendre diverses formes, dont des crédits de rentes).

    - S’appliquer sans relâche à réduire les écarts de revenu entre les femmes et les hommes pendant la vie active.

    Gisèle Bourret, pour le comité des aînées de la Fédération des femmes du Québec

  • 13 septembre 2010

    Les inégalités entre les femmes et les hommes à la retraite n’ont pas de frontières

    Les pouvoirs publics en France sont complètement indifférents aux inégalités de revenus entre les femmes et les hommes à la retraite, dénonce l’Assemblée des femmes de l’Observatoire de la parité du Languedoc Roussillon dans un communiqué rendu public le 7 septembre, à l’occasion des manifestations qui se sont déroulées partout en France voulant faire échec au projet gouvernemental de réforme des retraites.

    Ainsi, en 2004, les revenus de retraite des femmes représentaient 62% des revenus des hommes (il s’agit du  même pourcentage qu’au Québec en 2006). Bien plus, nous apprenons, selon ce même communiqué, qu’en 2008, les avantages  acquis par les femmes ne représentaient encore que 58 % de ceux des hommes (soit une retraite moyenne  de 825 euros mensuels contre 1426 euros pour les hommes).

    Les chiffres révèlent aussi que seulement  44% des femmes ont effectué une carrière complète contre 86% des hommes et mettent en exergue la pauvreté des plus âgées : les  femmes représentent 57% de l’ensemble des personnes qui ont le montant minimum des prestations de vieillesse. Chez-nous aussi on constate que les femmes âgées de 65 ans et plus sont plus pauvres que les hommes et ce fait est encore plus marqué chez les femmes de 50 à 65 ans.

    La surreprésentation des femmes comme travailleuses à temps partiel (82%  des femmes sont des « travailleurs » à temps partiel) a un impact évident sur le calcul de leur pension  de retraite et met en évidence, comme le dit le communiqué, que « l’égalité professionnelle est en panne ».

    Nous ne pouvons que manifester notre solidarité à nos consoeurs françaises.

    Gisèle Bourret

  • 26 avril 2010

    Une question de justice

    Comme membre de l’AREQ (Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec, CSQ) et responsable du comité des aînées de la FFQ, je me réjouis de la prise de position de plusieurs associations de personnes âgées ainsi que des partis d’opposition oeuvrant sur la scène fédérale concernant le projet de loi du Bloc québécois visant la bonification du Supplément de revenu garanti (SRG) pour les personnes âgées de 65 ans et plus vivant dans une situation de pauvreté. Cette mesure touchera un grand nombre de femmes âgées vivant sous le seuil de faible revenu. Rappelons-nous en effet que pour une majorité de femmes âgées de 65 ans et plus, le revenu dont elles disposent provient en très grande partie des régimes publics de pension. Actuellement, une femme seule qui n’a comme seule source de revenu la Pension de sécurité de la vieillesse (PSV) ainsi que le Supplément de revenu garanti a un revenu disponible de 14 034$ ! Et si elle reçoit des revenus autres que la PSV, son SRG sera amputé de 50% de ces revenus. Nous pensons notamment que ce pourcentage devrait être réduit.

    Autre fait à ne pas oublier, selon des chiffres de 2006, le revenu moyen des femmes de 65 ans et plus représente globalement 62% de celui des hommes (21 909 $ par rapport à 35 404 $). C’est donc dire que les femmes aînées seront particulièrement désavantagées par les récentes mesures prévues au dernier budget.