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  • 19 février 2012

    Feu le registre des armes…

    Comme prévu, le gouvernement conservateur a adopté hier le projet de loi C-19 qui permet l’abolition du registre des armes à feu et la suppression des données qu’il contient. De toute évidence, il a préféré s’allier au lobby des armes à feu qu’aux groupes ayant à cœur la sécurité des femmes. Or, la police et les groupes de femmes ont témoigné de l’efficacité et de l’utilité du registre des armes à feu dans la prévention de la violence envers les femmes et du suicide. C’est un gouvernement imperméable à la raison ou à la discussion qui veut imposer une révolution culturelle contre l’avis majoritaire de la population québécoise.

    J’aimerais faire écho aux propos de Marie-Claude Lortie (http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marie-claude-lortie/201202/16/01-4496516-ils-dansent-sur-les-tombes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_marie-claude-lortie_3273_section_POS1). Plusieurs militantes féministes fédéralistes que je rencontre se demandent s’il faut que le Québec se dote d’un pays pour ne plus être tenues de vivre sous un régime autoritaire et antiféministe (qu’est-ce qui se passera avec le libre choix en matière d’avortement?) et peu respectueux des droits humains (la torture, vraiment?). Qu’est-ce que l’on doit faire, selon vous? Les conservateurs ont le vent dans les voiles et j’ai peur que leur dernier “victoire” va simplement les encourager à aller plus loin.

    Luttes : Violence
  • 13 octobre 2011

    Des prédicateurs sexistes

    L’IERA Canada (Islamic Éducation and Research Academy) organise une conférence intitulée « Calling the World to Allah » (Appeler le monde à retourner à Allah) avec l’appui d’une organisation étudiante de cette université dont le nom serait Hospitality Concordia. Les conférenciers, dont Hamza Tzortzis et Abdur Raheem Green, sont des « prédicateurs » reconnus pour leur discours antiféministe, sexiste, homophobe et antidémocratique. Ils se basent sur la Charia et interprète le Coran d’une manière rigide et archaïque afin de promouvoir leurs idées comme la prédominance de l’homme sur la femme justifiant ainsi l’usage de la violence par un mari (le chef de famille!) pour prévenir ou corriger sa femme si elle ne respecte pas son autorité; la criminalisation de l’homosexualité sous peine de mort et de flagellation; le rejet de la notion de liberté d’expression et à la peine de mort. (Voir notamment ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=BXJBj7Rj0yg&feature=youtu.be)

    C’est un discours qui n’a aucune place dans une société égalitaire où l’état de droit prime sur les croyances religieuses. La violence conjugale est criminelle et l’homophobie inacceptable dans toutes les circonstances. Les femmes ont droit à la liberté, à la sécurité, à la dignité et à l’égalité en tout temps.

    La FFQ condamne ces propos qui appellent à la violence envers les femmes. On demande au regroupement étudiant de se dissocier de ces propos et d’annuler la conférence. La FFQ demande également à l’Université de clarifier les règles d’éthique entourant l’utilisation de leurs salles afin d’assurer aux femmes et aux LGBTQ un lieu où leur dignité sera respectée.

    Pour communiquer avec le recteur de l’Université Concordia, écrivez au président, le Dr. Frederick Lowy à president@concordia.ca ou téléphonez-le au 514-848-2424, poste 4849.

    Alexa Conradi
    Présidente

  • 15 septembre 2011

    Adoptez une membre!

    L’été tire à sa fin et les vacances sont derrière nous. Nous espérons que vous en avez profité pour vous reposer et refaire le plein d’énergie. Nous en avons fait de même et sommes prêtes à faire face aux défis qui nous attendent afin de défendre les droits des femmes, chèrement acquis, et qui sont de plus en plus attaqués et remis en cause.  Tout cela alors que les organisations féministes subissent des coupures financières qui n’ont pour objectif que de limiter leur pouvoir de dénonciation et de défense des droits des femmes.

    La FFQ ne baissera pas les bras et poursuivra sa mission malgré les conditions difficiles. Nous cherchons par tous les moyens à combler ce manque de ressources financières. Nous continuons à exiger le financement public des organismes de défense des droits, mais nous essayons aussi de nous prémunir des assauts des politiques antiféministes en consolidant notre financement autonome.

    La force du nombre étant aussi un puissant outil pour relever ces défis, nous avons  bien sûr pensé faire appel vous, nos membres.

    Chères membres, ce que nous vous demandons, c’est tout simplement de convaincre au moins une femme de votre entourage à devenir membre de la FFQ ou de lui offrir en cadeau sa première adhésion! Si vous êtes un groupe membre de la FFQ, vous pouvez faire la même chose avec un de vos groupes membres!

    En d’autres mots, nous vous invitons à adopter une nouvelle membre de la FFQ !  En posant ce geste, les solidarités féministes s’en retrouveront grandies et vous permettrez à la FFQ  de disposer d’une plus grande force d’action en ces temps hostiles à l’action féministe!

    N’attendez plus, utilisez le formulaire ci-joint ou téléchargez-le et remplissez-le à partir du lien suivant : http://www.ffq.qc.ca/simpliquer/devenir-membre/.

    La vitalité de votre fédération repose sur l’engagement de ses membres!

    En toute solidarité féministe, merci!!

    L’équipe de la FFQ

  • 12 mai 2011

    Les États généraux sur Facebook!

    Sentez-vous l’effervescence qui commence à se faire sentir à propos du lancement prochain du grand remue-méninge féministe “le féminisme dans tous ses états – Regards sur 20 ans d’actions et d’analyses féministes”? Attention, c’est contagieux! Vous voulez la sentir? Vous voulez y contribuer?

    Joignez-nous sur Facebook dès maintenant au : http://www.facebook.com/EtatsGeneraux !

    Pour participer aux États généraux ou en savoir plus visitez le www.etatsgenerauxdufeminisme.ca

  • 20 avril 2011

    Lettre à Wadji Mouawad

    Monsieur Mouawad, tout comme vous, nous avons choisi le silence alors que les médias relayaient le débat qui a eu lieu au Québec au sujet de ce qu’on a appelé « l’affaire  Cantat ». La question de la violence conjugale n’a rien de simple et ne peut se résumer en une ou deux phrases-choc.  Les mots pour la dire s’accommodent mal du tumulte. 

    Comme vous, nous exécrons la double peine, comme vous, nous méprisons la récupération politique.  Pourtant, nous avons été rassurées de constater qu’une grande partie de la société québécoise n’était plus indifférente aux horreurs, aux peines, à la souffrance et aux orphelins qu’engendre la violence conjugale. Dans un même concert, bien des voix se sont ainsi unies pour dire que le Québec s’oppose à cette violence faite aux femmes. 

    Vous parlez de choix moraux. Il y a à peine trente ans, ici comme ailleurs, l’on fermait les yeux sur ces gestes qui privent encore trop de femmes de leur liberté, parfois même de leur vie, et bien trop d’enfants d’une vie heureuse et insouciante.  C’est la volonté de faire cesser la violence et le contrôle qui ruinait la vie de nos mères et de nos soeurs, et la volonté de voir nos filles y échapper, qui nous a poussées à nous engager. Et c’est sans violence, que nous avons voulu changer ce monde qui refusait de voir les coups, d’entendre les cris et de dénoncer ces injustices, cette guerre sourde dont trop de femmes et d’enfants faisaient les frais.  D’arrache pied, nous avons voulu bousculer ces choix moraux insoutenables et rendre justice à celles dont les droits étaient bafoués. 

    Vous parlez aujourd’hui d’un ami qui tua la femme qu’il aimait.  Bien des hommes, qui ont commis le même geste, diront aussi qu’ils aimaient leur conjointe.  Et sans doute, le croient-ils sincèrement.  Mais comment voir amour et passion dans les longues heures pendant lesquelles Marie Trintignant agonisait, avec le visage, son si beau visage, fracturé en vingt endroits ? Comment parler d’amour alors qu’aucun secours n’a été appelé ? Bertand Cantat avait pourtant la présence d’esprit d’appeler son avocat.  Prendre la vie d’un autre humain rime bien davantage avec guerre qu’avec amour. 

    Votre ami a été jugé dites-vous.  C’est vrai.  Ce dernier a purgé sa peine.  C’est vrai.  Ce dernier est devenu un symbole.  C’est vrai aussi, comme c’est le fait de tous ceux qui, hommes ou femmes politiques, vedettes du sport ou artistes, vivent de l’appréciation du public, leurs succès comme leurs déboires.  Cela n’est pas justice, c’est vrai aussi. Mais à l’instar de Jean-Louis Trintignant, plusieurs ici se sont dit : « Ne pourrait-il pas se faire discret? », comme doivent le faire d’autres qui ont commis de tels crimes. 

    Tout comme vous, nous choisissons la justice et la vie.  Mais la vie, c’est aussi celle de Marie Trintignant, celle de Marie Altagracia Dorval assassinée à Montréal-Nord en octobre, celle d’Anne-Marie Desaulniers  tuée à Laval en novembre, celle de Yaneth Hernandez Constanza Gallego décédée récemment à Drummondville, celles de tant d’autres, celles de leurs enfants et de tous ceux et celles qui les pleurent. 

    Pour parler de justice, pour éviter la vengeance, pour envisager la réconciliation, peut-être faut-il faire une place, ne serait-ce que petite, à la réparation ? La morale doit être en dialogue avec la justice. 

    Vous nous promettez de faire entendre l’absence de Bertrand Cantat dans votre cycle « Des femmes », y entendrons-nous le silence des mortes? 

    Nathalie Villeneuve

    Présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

    Alexa Conradi

    Présidente de la Fédération des femmes du Québec

  • 18 avril 2011

    La laïcité et les droits des femmes

    (Nous publions ici, avec sa permission, une lettre d’opinion de Micheline Dumont, historienne et spécialiste de l’histoire des femmes au Québec)

    Si j’en crois plusieurs articles du Cahier spécial du Devoir publié à l’occasion de la Journée internationale des femmes, la «laïcité ouverte est une menace pour les droits des femmes». «L’évolution du droit des femmes est liée à l’évolution de la laïcité.»

    Ce sont, entre autres, les propos de la présidente du Conseil du Statut de la femme, Christiane Pelchat. Mon opinion est pourtant que l’histoire nous enseigne autre chose. On peut ici en donner quelques exemples.

    Les femmes du Bas-Canada ont eu le droit de vote lors de l’établissement de l’acte constitutionnel en 1791. Nathalie Picard, une jeune historienne a bien montré en 1992, dans son mémoire de maîtrise, que si elles ne forment qu’une minorité de l’ensemble des voteurs ( 2%), elles sont malgré tout plusieurs centaines à voter. Analysant 57 «pool books» du début du XIXe siècle, l’historienne en a retrouvé 857, dont plusieurs ont voté à plusieurs élections. Leur nombre total a donc dû être plus grand puisque de nombreux «pool books» ont été perdus. Or, les femmes ont été privées de leur droit de vote en 1834, par nuls autres que ces champions de la laïcité qu’étaient les Patriotes. Nathalie Picard démontre d’ailleurs, en analysant les débats de 1834, que les motifs des législateurs étaient liés aux conceptions que les hommes avaient de plus en plus du rôle des femmes dans la société. Ils considèrent que la politique n’est pas un lieu convenable pour les femmes. Par la suite, l’opposition au droit de vote est venue de tous les milieux : les députés, les juristes, les journalistes, le clergé. En 1964, Keith Spicer expliquait encore à la télévision qu’une femme politique était comme un chien qui joue du piano. 

    L’établissement du Code civil du Bas-Canada, en 1866, rendait le statut juridique des femmes en général mais surtout des femmes mariées singulièrement problématique. Les juges et les avocats qui l’ont rédigé étaient des laïcs, qui se sont inspirés du Code Napoléon et de la Common Law. Nul curé n’intervient dans leurs délibérations. Les féministes ont commencé à critiquer le Code civil dès la fin du XIXe siècle. Marie Gérin-Lajoie a publié un Traité de Droit usuel en1903, pour expliquer aux jeunes filles l’abdication de leur liberté que signifiait le mariage. Le premier ministre libéral Alexandre Taschereau a institué  la Commission  Dorion, en 1929, pour examiner la situation. Comme l’a bien montré Jennifer Stoddart, « la Commission se situait à la convergence historique de deux courants opposés, celui du pouvoir clérical et celui d’une société en voie de modernisation. (…) La Commission avait en fait pour objectif de se pencher sur les valeurs culturelles de la société québécoise des années 1920 qu’on retrouvait enchâssées dans le Code Civil». Or, ils n’ont pratiquement rien changé. «Cette situation a été un choix constant et conscient de la part des législateurs québécois». Cette législation était d’ailleurs un signe de la différence québécoise, de sorte que les femmes ont été soumises à la nécessité nationale de leur subordination jusqu’en 1964. 

    À la fin des années 1960, la population québécoise a été le siège d’un débat public qui a duré plusieurs années : «Les États Généraux du Canada français». On a invité aux délibérations des centaines d’associations civiles. Les clercs y sont nettement en minorité. Il est peu fait mention de la question des droits des femmes dans l’ensemble des débats, qui sont concentrés  principalement sur les pouvoirs d’un État québécois éventuel, sur le contenu d’une charte et d’une constitution québécoises. Dans l’atelier politique, sur les 17 questions qui sont abordées, deux seulement concernent l’égalité entre les hommes et les femmes, laquelle est acceptée facilement. Il est malgré tout symptomatique qu’au moment des résolutions finales, le besoin d’une politique nataliste ait été adopté à 97%.  Mais ce beau débat de société est vite éclipsé par la montée du Parti Québécois et son élection en 1976. Les militantes souverainistes tiennent à ce que les dossiers qui concernent les droits des femmes figurent au programme du Parti québécois. En 1977, après un débat serré, elles réussissent  à obtenir que la décriminalisation de l’avortement fasse partie du programme officiel. Or René Lévesque, qui avait, on s’en rappelle,  remplacé la prière rituelle au début des sessions par une minute de silence, ne l’accepte pas. Dans son discours de clôture du congrès, il oppose  son droit de veto sur cette résolution et déclare que son gouvernement n’est pas lié par le vote. 

    Au demeurant, on pourrait examiner ce qui se passe dans d’autres pays. Justement Florence Rochefort a dirigé l’ouvrage : Le pouvoir du genre. Laïcités et religions 1905-2005. (Toulouse, PUM, 2007). On y découvre qu’en France, haut-lieu de la laïcité, «l’émancipation des  Françaises a été un corollaire involontaire et tardif de la laïcisation de la société. (…) Que dans les pays non occidentaux, d’une part, la laïcisation de la société, qui conduit de facto à émanciper  les femmes, continue à être dénoncée comme un volet du colonialisme; d’autre part, la question du genre et des laïcités est subordonnée aux contextes culturels nationaux, y compris en Europe». 

    Bref, les rapports ne sont pas aussi nets qu’on voudrait le croire, entre les droits des femmes et la laïcité. La question n’est pas aussi simpliste. Au-delà du conflit entre la religion et la laïcité, se profile la domination des institutions patriarcales. Si elles ont pu être légèrement modifiées depuis un siècle, on le doit aux efforts des mouvements féministes et nullement à quelque vertu secrète de la laïcité. 

    Je ne suis pas contre la laïcité. Elle est certes une  donnée importante dans la vie démocratique. Mais on ne me fera pas avaler qu’elle est une garantie pour les droits des femmes.

    Micheline Dumont

    Historienne

  • 17 janvier 2011

    Apaiser les souffrances et redonner un sens à la vie

    J’ai fait la connaissance de La rue des femmes il y a une dizaine d’années. C’était alors un centre de jour, plus précisément, un oasis pour les femmes qui avaient fait le tour des ressources sans trouver de réel réconfort. Peu de choses m’avaient préparée à être témoin d’autant de souffrances et d’autant de dévouement. Accueillir, apaiser les souffrances créer des liens, c’est la mission que s’est donnée Léonie et son équipe. Des femmes d’exception qui ont toute mon admiration. Aujourd’hui, La rue des femmes aide à chaque années, des centaines femmes sans-abri ou à risque de la devenir, à quitter la rue et à redonner un sens à leur vie.

    J’étais extrêmement fière hier lorsque Léonie a reçu le Prix excellence La Presse, catégorie Humanisme. Une récompense largement méritée. Merci Léonie, à toi et à toute l’équipe de La rue des femmes

    Lire l’article de La Presse : http://bit.ly/i0yt4X 

    Site Web de La rue des femmes : http://www.laruedesfemmes.org/

    P.-S. Léonie a reçu aussi cette année, le Prix Idola St-Jean remis par la FFQ à une femme d’exception. Suivre le lien: http://www.ffq.qc.ca/2010/05/et-le-prix-idola-st-jean-est-remis-a/
    Luttes : Discrimination
  • 10 décembre 2010

    Bilan féministe: une année en M…

    Chères membres, alliées, amies et amis de la FFQ, 

    L’année 2010 tire à sa fin et c’est l’heure des bilans. Et pourquoi pas un bilan féministe de cette incroyable année ? 

    Pour nous, 2010 a été placée sous le signe de la lettre M

    M…. comme dans  

    Marche mondiale des femmes 

    De son lancement le 8 mars, à la clôture des actions le 17 octobre, le mouvement des femmes a, encore une fois, fait la preuve de sa pertinence en mettant de l’avant des préoccupations partagées par des milliers de Québécoises et de Québécois de tous les milieux. Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche! 

    Mobilisées

    Plus que jamais, les femmes ont démontré leur détermination à faire avancer les droits des femmes ainsi que les conditions favorisant une plus grande égalité. Évidemment, le clou de cette belle mobilisation est l’énorme succès du rassemblement national de la Marche à Rimouski. 10 000 personnes dans la rue, une vraie démonstration de force du mouvement des femmes. 

    Médias sociaux

    La FFQ est passée en mode 2.0, nous avons refait notre son site Web et nous avons fait une percée remarquée dans les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). Ces nouvelles façons de faire nous permettent de mieux communiquer notre message et se sont avérées être des outils de mobilisation importants. Vive la révolution 2.0! 

    Mauvaise foi 

    « Savoir fort bien que l’on dit une chose fausse ». Par exemple, quand notre gouvernement affirme que la taxe santé est une taxe juste, il fait preuve de mauvaise foi. D’autres exemples : pensez aux hausses des frais de scolarité, au refus obstiné de ce gouvernement à tenir une enquête publique sur la construction, au dernier budget, aux projets de loi passés sous le bâillon, à la ministre de la Condition féminine qui nous a obligés à occuper son bureau pour avoir des réponses aux revendications de la marche, O.K. on arrête ici. 

    Militantes 

    La FFQ c’est une toute petite équipe de 7 personnes… mais c’est aussi et surtout des dizaines de militantes impliquées, dans les actions, dans les comités. Elles sont animées par une volonté de changer le monde et on est bien contente que ce soit avec nous qu’elles veuillent le faire. Merci à ces féministes engagées. 

    Mesquineries 

    L’étroitesse d’esprit peut porter à la mesquinerie. C’est l’impression que nous laissent certaines politiques, notamment lorsqu’il est question de libre choix, les conservateurs cherchent sans cesse à recriminaliser l’avortement par le dépôt de projets de loi privés. Mesquins aussi les débats autour du registre des armes à feu. 

    Médias 

    Il devient de plus en plus évident que le féminisme n’a pas la cote dans les médias de masse. Certains médias prennent un malin plaisir à couvrir amplement certains sujets et à alimenter la controverse, alors qu’ils nous ignorent sur d’autres sujets. Nous sommes dans une période « d’information spectacle » où il est difficile de faire dans la nuance. Trop ou trop peu ? La place de la FFQ dans les médias ne laisse personne indifférent. 

    Mauvaises filles

    Avez-vous remarqué le changement de ton dans nos actions ? Le mouvement féministe a tiré des leçons du passé et sait qu’en restant de gentilles filles, les femmes gagnent peu. Cette année, nous avons donc utilisé des moyens d’action plus dérangeants pour nous faire entendre. On pense ici à du placardage de bureaux, à la prise de ponts, au blocage de rues, au déploiement de bannières géantes au-dessus de routes, à l’engorgement des systèmes de plaintes et à l’occupation de bureaux. Oui, nous avons été tannantes et le serons, tant que nous n’obtiendrons pas l’égalité pour toutes ! 

    Merci

    À toutes celles et ceux qui s’indignent contre les inégalités, les injustices. Merci de votre engagement pour la défense des droits des femmes. Vous êtes indispensables à la lutte que nous menons ensemble. 

    Nous sommes fières du travail accompli cette année. Nous allons entreprendre 2011 avec la même énergie et la même volonté de justice et d’égalité pour les femmes.

    Notre prochain défi ? Mettre en œuvre des États généraux sur le féminisme, ce vaste forum public et pluriel où vous serez invitées à participer et qui orientera l’action féministe pour les années à venir. 

    Un autre grand défi que nous aurons à relever est celui d’assurer la survie financière de la FFQ. Le financement d’une organisation de défense des droits comme la nôtre est excessivement difficile et inquiétant par les temps qui courent.

     Un petit coup de main de votre part

    en cette fin d’année serait bien apprécié.

    C’est simple, cliquez ici pour faire un don !

    Merci pour cette belle année passée ensemble, nous vous souhaitons de très belles fêtes auprès des personnes que vous aimez et…. À l’année prochaine ! 

    L’équipe de la FFQ

    Alexa Conradi

    Isabelle Cheng

    Chantal Gagnon

    Eve-Marie Lacasse

    Claudette Lambert

    Isabelle Langlois

    Alexandra Pierre

    Pour un aperçu général des actions menées cette année :

    cliquez ici pour aller dans la section « Nouvelles » de notre site Web 

    Voir l’année en image sur notre page Flickr

    Mots-clés : ,
  • 9 décembre 2010

    Retour annoncé des cours d’éducation sexuelle

    Il y a des jours où on se demande: les pétitions « qu’osse ça donne ? » Hey bien quand la pétition est appuyée par plusieurs personnes et qu’elle est accompagnée d’une mobilisation et d’actions comme ce fut le cas dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, il arrive que ça donne des résultats positifs.

    Ainsi, une des revendications de la Marche est sur le point de se concrétiser. Le ministère de l’Éducation travaille à réintroduire des cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Évidemment, nous devrons demeurer vigilantes quant au contenu du programme, mais disons que c’est un pas dans la bonne direction.

    Merci au Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel pour la pétition et merci à toutes les signataires, les militantes, et marcheuses féministes !

    Lire l’article paru dans Le Soleil

  • 6 décembre 2010

    Le militarisme : un frein à l’élimination de la violence envers les femmes

    Nous assistons présentement à une montée importante du militarisme au Canada. Pensons seulement à l’augmentation fulgurante des budgets militaires, à l’achat d’avions F35 au coût de 16 milliards $, à la nouvelle politique extérieure qui incite le Canada à participer à des guerres offensives, au déploiement de la plus importante campagne de recrutement depuis la Deuxième Guerre mondiale, notamment auprès des jeunes, et à la présence de soldats dans des événements sportifs. 

    Le militarisme est un système politique qui s’appuie sur la prédominance militaire et sur l’exaltation de l’armée et de ses valeurs traditionnelles. C’est une « idéologie qui engendre une culture de la peur et justifie et favorise la violence, l’agression ou les interventions militaires pour régler des différends et imposer certains intérêts économiques et politiques. Il s’agit d’une psychologie qui a souvent des conséquences graves pour la sécurité réelle des femmes et de la société dans son ensemble. (…) Ne pas contester les façons de penser militaristes revient à perpétuer et privilégier certaines formes de masculinité, à maintenir fermement en place les rapports de force hiérarchiques et inégaux au niveau mondial, à accorder l’impunité aux auteurs de violence contre les femmes en temps de guerre… »[1].

    L’institution militaire contribue, de différentes façons, à former de jeunes hommes afin qu’ils occupent une place dominante dans les rapports sociaux de sexe. L’armée peut être considérée comme l’une des organisations patriarcales les plus importantes dans toutes les sociétés et l’une des plus révélatrices des rapports sociaux inégaux qui caractérisent les rapports hommes-femmes : hiérarchisation du pouvoir, culte et domination du « chef », obéissance aveugle, violence physique, absence d’esprit critique, cercle fermé des « boys », etc. S’il est vrai que les femmes s’y investissent davantage, la culture militaire reste largement inchangée et parfois même dangereuse pour les femmes. 

    De la violence de la guerre à la violence envers les femmes…  

    Des reportages au Canada et aux États-Unis font état des nombreux cas de violence conjugale et d’agressions sexuelles commises par certains soldats qui reviennent de l’Afghanistan ou de l’Iraq[2]. En temps de paix, la violence par des membres des forces armées est élevée mais en temps de guerre, cette violence grimpe envers les femmes. Selon une politicienne des États-Unis, une soldate en Iraq risque davantage d’être violée par un collègue que d’être tuée par un tir ennemi. De plus, cette violence s’exerce dans une certaine culture de l’impunité et de la banalisation par les responsables des forces armées alors que les accusés sont rarement traduits en justice. 

    De plus, la violence envers les femmes fait partie de la guerre elle-même. En temps de guerre, le corps des femmes devient souvent un territoire occupé ou que l’on s’approprie au même titre que la terre. Ainsi, depuis l’Antiquité, le viol des femmes fait partie intégrante de la guerre. Les femmes ont été tour à tour considérées comme « butin de guerre », « monnaie d’échange », « repos du guerrier », « champ de bataille »», leur corps étant identifié au sol ennemi.  

    Pour emprunter les mots du major-général Patrick Cammaert, ancien commandant adjoint de la force onusienne en République démocratique du Congo, « il est désormais plus dangereux d’être une femme qu’un soldat dans les guerres modernes ». Selon Amnistie internationale, le pourcentage de femmes qui meurent dans des conflits armés est passé de 5 % durant la Première Guerre mondiale à 50 % durant la Deuxième Guerre mondiale et à près de 80 % dans les guerres des années 1990.
     

    Non à la militarisation! Non à la prolongation! 

    Nous nous portons à faux contre la militarisation accrue des politiques canadiennes et le maintien des troupes en Afghanistan. 

    Rappelons, qu’en vertu du droit international, une guerre ne peut être déclenchée qu’en dernier ressort quand toutes les voies pacifiques ont été explorées. Elle doit poursuivre un « objectif politique atteignable » et ne doit pas entraîner de maux plus graves que ceux qu’elle veut contrer. Enfin, les accords de paix doivent être négociés, les femmes devant être partie prenante de ces négociations, afin que la victoire ne puisse engendrer de trop grandes frustrations de la part des parties adverses, frustrations susceptibles d’engendrer un autre conflit. La guerre en Afghanistan ne répond pas à ces critères. 

    Nous ne voulons pas d’un changement de mission de l’armée canadienne en Afghanistan. Nous croyons plutôt que nous devrions soutenir les groupes de femmes afghanes qui luttent à la fois contre le fondamentalisme religieux et contre l’occupation étrangère, ainsi que les groupes de défense des droits humains qui travaillent pour la démocratie et le droit à l’autodétermination du peuple afghan. Dans ce scénario, la violence ne cessera pas du jour au lendemain et, comme partout, la lutte des femmes pour l’égalité sera longue. Mais c’est la seule voie pour un changement durable. La démocratie, la liberté et l’égalité ne s’exportent pas avec des chars d’assaut et des avions de combat militaires. Ceux-ci ne peuvent que semer la violence.

    Martine Éloy, membre du comité des 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes

    Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec et membre du comité des 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes


    [1] Center for Women’s Global Leadership, « Structures of Violence: Defining the Intersections of Militarism and Violence Against Women», http://16dayscwgl.rutgers.edu/2010-campaign/theme-announcement.

    [2] La Presse Canadienne : « De nombreux cas de violence conjugale au sein des Forces canadiennes », 18 juillet 2010, http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201007/18/01-4299255-de-nombreux-cas-de-violence-conjugale-au-sein-des-forces-canadiennes.php.

    Time : «Sexual Assaults on Female Soldiers : Don’t Ask, Don’t Tell », 8 mars 2010, Nancy Gibbs, http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1968110,00.html.