Justice reproductive

 

Lutter pour la justice reproductive

La lutte pour le droit des femmes à poursuivre ou non une grossesse a marqué le mouvement féministe, au Québec comme ailleurs. Au Québec et au Canada, le jugement de la Cour suprême survenu en 1989 reconnaît que le fœtus n’a pas le statut légal d’une personne. L’une des conséquences de ce jugement est de reconnaître aux femmes leur droit  de contrôler leur propre corps. Aujourd’hui, le mouvement féministe québécois travaille constamment pour repousser les menaces aux droits reproductifs des femmes. Pour poursuivre cette lutte pour le respect des droits reproductifs des femmes de façon inclusive, la FFQ s’inspire maintenant d’une approche que l’on nomme justice reproductive. Résultat de l’amalgame entre justice sociale et droits reproductifs, la justice reproductive est apparue comme cadre d’analyse et de pratique dans les années 90 porté par les femmes africaines-américaines. Ce sont des femmes historiquement marginalisées, entre autres des femmes en situation d’handicap , des femmes racisées ou encore des femmes autochtones, qui ont appelé le mouvement féministe a adopté l’approche de justice reproductive qui relie la sexualité, la santé et les droits humains aux mouvements pour la justice sociale en plaçant l’avortement et les enjeux de santé reproductive dans le contexte plus large du bien-être et de la santé des femmes, des familles et des communautés. Ainsi,  cette approche vise à visibiliser et agir pour faire reconnaître que les enjeux  autour du contrôle du corps ne sont pas les mêmes pour toutes les femmes.

À la FFQ, nous croyons que la capacité d’une femme à faire des choix concernant sa vie sexuelle et  reproductive est directement liée aux conditions dans lesquelles vit sa communauté et n’est pas uniquement une question de choix personnel et d’accessibilité. La question de l’avortement est ainsi liée à d’autres enjeux de justice sociale et de droits humains, qui tiennent compte des questions de justice économique, d’environnement, de justice criminelle, de droits des immigrant.e.s, de militarisme, de discrimination basée sur la race et l’identité sexuelle, et de toute une série d’autres enjeux qui affectent directement les décisions des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive.