Femmes dans les organismes mixtes

 

La participation des femmes dans

les organismes féministes mixtes :

Peut mieux faire !

 

Issues de syndicats, de partis politiques et d’organismes communautaires, une douzaine de féministes ont répondu à l’invitation de la FFQ et ont participé activement à ce premier groupe de discussion sur la participation des femmes dans les organismes féministes mixtes. La discussion a tourné autour de deux objectifs principaux :

  • Identifier les obstacles à la participation des femmes dans les organismes mixtes qui ont des principes féministes ou de justice sociale.

  • Échanger sur les différentes stratégies utilisées par les féministes pour concrétiser ces principes et ainsi assurer une réelle participation des femmes.

Un grand merci à toutes les participantes d’avoir partagé leurs expériences, leurs coups de gueule et leurs idées pour faire changer les choses !

S’il y avait une seule chose à retenir, ce serait qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour garantir l’égalité réelle pour toutes les femmes … même dans les organismes qui mettent de l’avant des principes d’égalité et de justice pour tous et toutes. En effet, les différents systèmes d’oppression (sur la base du sexe, du genre, de la « race », de la classe, de l’orientation sexuelle, de la situation de handicap notamment) interagissent et sont reproduits dans les organismes. Cela a comme effet de décourager, d’empêcher ou de limiter la participation des femmes. Même dans les milieux où les femmes sont majoritaires, les hommes sont surreprésentés dans les lieux de pouvoir. Les femmes qui vivent à la croisée des oppressions doivent mener plusieurs combats en même temps, tout en étant systématiquement confrontées à la marginalisation et à l’invisibilisation.

Ce constat n’aura rien de surprenant pour beaucoup d’entre nous qui avons milité ou travaillé en milieu mixte : les systèmes d’oppression ne s’évanouissent pas grâce à une déclaration de principes, mais suite à des changements structurels majeurs et un travail incessant. La bonne nouvelle, c’est que des stratégies et des outils existent déjà, et ce à différents niveaux. En voici quelques-uns, pêle-mêle, nommés et discutés par les participantes : mises en place de comités non mixtes, postes réservés, horaire des réunions pensé en fonction des responsabilités familiales, budgétisation de l’accessibilité universelle, recrutement actif de femmes et notamment de femmes vivant à la croisée de plusieurs oppressions, suppression des hiérarchies et du pouvoir dans l’organisation, priorisation à l’agenda des enjeux qui touchent les femmes plus marginalisées, incitations financières, formations, etc.

Cependant, chacune de ces pratiques prise toute seule ou en isolation n’est pas suffisante pour garantir l’égalité et peut même parfois se retourner contre les femmes. Par exemple, les comités femmes sont certes de formidables lieux pour soutenir les femmes et développer un agenda féministe. Mais, il arrive trop souvent que les organismes mixtes se servent des comités femmes pour se déresponsabiliser des enjeux féministes. Il arrive aussi que les comités femmes reproduisent eux-mêmes des exclusions en se concentrant sur les besoins des femmes majoritaires et non de toutes les femmes. Selon les participantes, l’égalité pour toutes passe par la transversalité (elle doit être pensée et mise en œuvre partout, tout le temps, par tout le monde) et par la spécificité (des mesures spécifiques doivent être mises en place par et pour les premières concernées par ces différents systèmes d’oppression).

Les échanges issus de ce groupe de discussion—ici trop brièvement résumés—serviront à alimenter une recherche-action que la FFQ est en train de réaliser avec un partenaire communautaire (le Front commun des personnes assistées sociales du Québec) et un partenaire syndical (le Syndicat des travailleurs et travailleuses du CIUSSS du centre-Sud-de-L’Île-de-Montréal). Le rapport de recherche sera lancé en septembre 2018. Cette recherche viendra soutenir la mise en place d’un plan d’action avec chacun des deux partenaires. Par la suite, à l’automne 2019, la FFQ organisera un grand forum d’échanges d’outils et stratégies féministes en milieux mixtes avec comme objectif que cela serve à toutes les femmes et pas seulement à certaines d’entre nous.

Ce projet est réalisé grâce une subvention de Condition féminine Canada. Pour toute question sur le projet, vous pouvez contacter Caroline Jacquet à cjacquet@ffq.qc.ca