31 mai 2018
Communiqué de presse

Le pipeline TransMountain : une coûteuse bombe à retardement

 

Montréal, 31 mai 2018 — La Fédération des femmes du Québec condamne l’engagement du gouvernement libéral de Justin Trudeau d’acheter le pipeline TransMountain pour 4,5 milliards de dollars.

Les engagements du gouvernement libéral

Ce projet va à l’encontre des engagements qu’il a pris lui-même en 2015, lors de la conférence de Paris COP21,  pour lutter contre les changements climatiques et la réduction des gaz à effet de serre. De plus, en allant de l’avant avec ce projet d’oléoduc, le gouvernement libéral fait preuve de mépris envers la volonté des populations autochtones, québécoise et canadienne. Des communautés autochtones disent non à ce projet qui doit passer sur leurs territoires non cédés, bafouant leurs droits territoriaux. Le gouvernement fédéral ne les écoute pas, comme il écarte sans considération l’avis de la population de Colombie-Britannique sur sa propre sécurité environnementale.

Cet arbitrage douteux entre l’économie et l’environnement est réalisé en utilisant des fonds publics transférés vers des compagnies privées pétrolières: c’est une insulte à l’égard de la population canadienne, de plus en plus soucieuse de se tourner vers les énergies renouvelables et de prendre soin de la terre pour les générations à venir.

L’extractivisme et les femmes

La Fédération des femmes du Québec estime que ce projet perpétue la logique coloniale, polluante et antidémocratique des projets extractifs.  La FFQ ne peut rester silencieuse devant ce nouveau scandale. Il y a un mois, durant la rencontre « Femmes en résistance face à l’extractivisme » à Montréal, des femmes de quinze pays et trois continents, pour la plupart autochtones, ont dénoncé la nocivité des entreprises extractivistes sur la santé et la vie des populations, particulièrement des femmes.

Les femmes autochtones subissent une augmentation des violences sexuelles et physiques lorsque les industries extractives opèrent près de leurs communautés et territoires, selon James Anaya, Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones aux Nations Unies jusqu’en 2014. De plus, lorsqu’il y a des catastrophes environnementales, il est reconnu que le poids des soins retombe démesurément sur le dos des femmes.

La FFQ ne veut pas de cette coûteuse bombe à retardement. Si le gouvernement a encore du respect pour la démocratie, s’il y a une parcelle de vérité dans ses engagements pour la réconciliation avec les Premières Nations, pour écouter la voix des femmes et pour freiner les changements climatiques, il doit revenir sur sa décision.

 

Ceci est une photo de groupe des femmes qui étaient présentes à la rencontre "Femmes en résistance à l'extractivisme"

Les femmes qui ont participé à la rencontre  « Femmes en résistance face à l’extractivisme » à Montréal le 28 avril. Photo: Julia Couture-Glassco pour Femmes Autochtones du Québec

 

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CONTACT:

Sarah Oliel
Agente de communication
s.oliel@ffq,qc,ca
514-876-0166 poste 1501

 

 

ANNEXE

Le changement climatique et les femmes:

extrait du communiqué du W7, visions féministes pour le G7

 (la version intégrale du communiqué se trouve ici)

 

[Qui est le W7?]

Nous sommes un regroupement de plus de 60 féministes du Canada, des pays du G7 et de partout dans le monde. Nous représentons des organismes et militantes féministes qui travaillent à une multitude d’enjeux transversaux pour répondre à la discrimination et aux inégalités fondées sur le sexe et sur d’autres facteurs interreliés. Nous sommes aux premières lignes de la résistance et du progrès concernant des enjeux qui vont du changement climatique à la violence fondée sur le sexe, en passant par les soins aux enfants et les politiques étrangères.

Nous nous sommes unies afin d’établir une vision féministe pour le G7 de 2018 et au-delà.

[...]

Travailler ensemble au sujet du changement climatique

[...]

Les groupes les plus touchés [par les conséquences du changement climatique] incluent les personnes autochtones, les personnes vivant dans la pauvreté, les femmes dans toute leur diversité, les aînés, les personnes handicapées et les individus qui sont les moins responsables du problème. Ce sont aussi les personnes qui sont aux premières lignes de la réponse au changement climatique et qui proposent des solutions. En tant que nations les plus riches du monde et les plus responsables du changement climatique, les pays du G7 doivent :

  1. Renforcer et mettre en œuvre les engagements de l’Accord de Paris visant à limiter à 1,5 degré l’élévation de la température mondiale, et mobiliser 100 milliards $ pour financer l’action climatique d’ici 2020. [...]

  2. Transformer le système économique mondial en déplaçant son point de mire de la croissance vers la justice, notamment en prenant en compte les impacts sexospécifiques et sanitaires du changement climatique. [...]

  3. Investir de l’argent et des capacités dans des solutions de rechange proposées par les communautés, les chercheurs et chercheuses et les mouvements féministes. Ces solutions contribueront à protéger les forêts, les réserves d’eau douce et les océans, en plus de contribuer à développer une économie plus juste où les femmes, les personnes qui pratiquent l’agriculture et la pêche, de même que les peuples autochtones, ne feront pas que survivre mais s’épanouiront. 

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