26 mars 2018

Lucy doit rester! La FFQ demande un statut pour toutes et tous

 

Ce qui suit est une version écrite du discours de Caroline Jacquet, organisatrice communautaire et chargée de projets de la FFQ, prononcé lors du point de presse pour arrêter l’expulsion de Lucy Francineth Granados le 25 mars 2018. Visionnez la vidéo intégrale du point de presse en cliquant ici.

D’abord, la Fédération des femmes du Québec tient à transmettre toute sa solidarité et son soutien à Lucy Francineth Granados, à sa famille, à ses ami-e-s, à ses comilitants et militantes du Collectif des femmes sans statut de Montréal et de l’Association des travailleurs et travailleuses d’agences de placement.  À la Fédération des femmes du Québec, nous représentons des centaines de membres associatives et membres individuelles à travers le Québec. C’est toutes ensemble que nous dénonçons fermement l’arrestation violente et dégradante de Lucy, blessée par les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada lors de leur irruption à 6h du matin à son domicile. Nous dénonçons son incarcération, alors qu’aucun crime n’a été commis, et sa déportation imminente, alors qu’elle vit à Montréal depuis neuf ans. En tant que mère monoparentale, elle soutient ses trois enfants et elle risque d’être en danger suite à son expulsion.

L'image est rouge avec du texte. L'image dit "Urgence: Lucy Francineth Granados: Au Canada depuis 9 ans Mère de 3 enfants Arrêtée violemment pour « avoir commis le crime » d'être migrante Menacée de déportation avant même qu'une décision soit prise quant à sa demande de résidence permanente. Madame la maire, madame la maire, elle est où ta « ville sanctuaire » ?"

Il est trop facile de la part de nos responsables politiques de dénoncer les violences faites aux femmes publiquement, la main sur le cœur et la larme à l’œil, de se dire féministe, mais de se taire, de fermer les yeux, de trouver des excuses et de laisser faire lorsque ce sont nos institutions et nos lois qui commettent des violences et alors qu’ils et elles peuvent agir maintenant.  Car ce sont bien nos lois d’immigration, sexistes et racistes sous bien des aspects, qui mettent des dizaines et en fait probablement des centaines de milliers de femmes et d’hommes dans une précarité extrême au Canada, au Québec, à Montréal. Ce sont nos lois qui séparent des familles, des mères de leurs enfants, qui les mettent en danger. Ce sont bien nos services de police et nos agences d’immigration, qui peuvent— à tout moment et sous n’importe quel prétexte—les arrêter et ainsi les maintenir dans la peur, le stress, l’absence de recours et la vulnérabilité à toutes sortes de violences et toutes sortes d’abus. Ce sont nos institutions d’éducation, de justice, de santé qui refusent de fournir les services essentiels et fondamentaux pour ces femmes, au risque de leur santé, au risque de laisser faire les pires abus, au risque d’empêcher leurs enfants d’aller à l’école. Ce sont nos institutions capitalistes qui maintiennent particulièrement les femmes racisées et migrantes dans des catégories d’emplois précaires, exploitables et jetables. C’est exactement ce que dénonçait Lucy, en tant que militante, et que dénonce encore Lucy, en tant que militante pour les droits des femmes sans statut.

Il est inacceptable que notre société continue de créer ces catégories de personnes jetables et expulsables.  En tant que fédération féministe, nous ne pouvons pas laisser faire l’expulsion de Lucy comme si elle était jetable. En tant que fédération féministe, nous dénonçons toutes les violences envers les femmes, y compris celles faites par nos institutions, nos lois. Et nous demandons à nos responsables politiques aux trois paliers de gouvernement d’agir dès maintenant pour stopper l’expulsion de Lucy.  En particulier, nous demandons au ministre de l’Immigration du Québec d’agir et de faire des représentations au fédéral et nous demandons à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, de prendre publiquement position en soutien à Lucy, d’intervenir dès maintenant auprès du gouvernement canadien dans ce dossier et plus généralement, pour que cela ne puisse plus se reproduire, de se positionner publiquement en faveur d’une véritable ville sanctuaire—c’est-à-dire où le statut migratoire des personnes n’a aucun impact sur le respect de leurs droits fondamentaux—de rencontrer les premières concernées et de se concerter avec tous les organismes qui travaillent au quotidien pour les soutenir, pour s’assurer qu’elles puissent avoir accès à des services sécuritaires.

Pour la Fédération des femmes du Québec, il est hors de question que des expulsions comme celle-là se déroulent dans le silence et l’indifférence. Avec Lucy, avec le collectif, avec l’Association des travailleurs et travailleuses d’agence de placement et avec sa famille nous demandons un statut pour tous et toutes.

L'image est rouge. Sur l'image il y a une main qui sert la main d'une autre personne, pour l'aider à se mettre debout. Le texte sur l'image dit "Lucy doit rester".

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