11 février 2018

La FFQ souhaite une consultation publique sur le racisme et la discrimination systémique à Montréal

 
Ceci est une copie écrite du discours de Marlihan Lopez, la co-vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec, qui a été prononcé lors de la conférence de presse pour lancer une pétition pour une consultation publique sur le racisme et la discrimination systémique à Montréal. Cette conférence a eu lieu le 11 février, la Journée internationale Nelson Mandela, à l’église Union United Church, un centre d’activisme pour la communauté noire, en particulier le Coloured Women’s Club, à Montréal. Il nous paraît intéressant de souligner que Nelson Mandela lui-même, ainsi que sa femme Winnie Madikizela-Mandela, ont visité l’église Union United Church lors de leur séjour à Montréal. Dans le discours qui suit, Marlihan Lopez affirme qu’il ne faut pas que les luttes contre le patriarcat, les luttes contre le racisme et les luttes contre les autres systèmes d’oppression soient menés séparément.
 

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Égalité pour toutes, égalité entre toutes – Equality for all women, equality amongst all women – Igualdad para todas, igualdad entre todas : c’est la devise de la FFQ. Par conséquent la lutte contre le racisme et toute autre oppression devient un enjeu féministe. Que cela soit dans le contexte de lutte contre la pauvreté, le profilage racial, la violence sexuelle, les barrières au logement, nous sommes conscientes que notre féminisme doit tenir compte de tous les rapports de dominations qui oppriment les femmes. Notre féminisme doit centrer les réalités de celles qui se trouvent aux intersections du racisme, du colonialisme, de l’homophobie, de la transphobie, du capacitisme et d’autres systèmes d’oppression. La lutte antiraciste doit tenir compte de ces mêmes intersections. Quand il s’agit de profilage racial et brutalité policière, nous devons tenir compte de comment le colonialisme, le racisme anti-noir et le capacitisme peuvent rendre certains groupes davantage vulnérables à ces types de violence. Quand on parle d’islamophobie faut également parler d’islamophobie genrée et de comment les femmes sont davantage les cibles de crimes haineux. Quand on parle de violence sexuelle il faudrait aborder comment les femmes trans migrantes font face à des taux démesurés de victimisation et à des barrières à l’accès à des services de soutien dédiés aux survivantes de violence.

For the FFQ, it is very clear that our feminism must be anti-racist and that it must also center the margins, as well as the realities of those who tend to be left behind in many social justice struggles. Many of us disenfranchised in certain contexts by systemic racism or white supremacy must not forget that we are empowered in others. We must turn this empowerment into solidarity because if we focus solely on our disenfranchisement, we will leave many behind. Whether we are talking about gender equality or systemic racism we know that certain groups are excluded and erased from the debate. When we are fighting patriarchy, are we centering the margins? Are we including the experiences of queer and/or Black, Indigenous people of color with disabilities?  What about in our fight against systemic racism? Are we leaving those at the intersections of race, gender, ability behind?

Stonewall research in 2017 found that one in three LGBTQ+ people of colour has experienced a hate crime in comparison to one in five white LGBTQ+ people. Within and outside the community they face heightened violence, are often ostracised, and are the most attacked. Furthermore, when talking about issues such as racial profiling, we must address the way Indigenous and Black women are facing this type of discrimination, specifically at the hands of the Director of Youth Protection, as reflected in the disproportionately high amount of reports against them that are later deemed unsubstantiated. When talking about police brutality we have to address how mental health and ability intersect with race to render certain people more vulnerable, as the recent killing of Pierre Coriolan has demonstrated.

Finalmente, la comunidad latinoamericana tiene que enfrentar el hecho que el colonialismo y la supremacía blanca forman parte de nuestro legado. La precariedad y la violencia que enfrentan nuestros pueblos indígenas y afrodescendientes en nuestros países de origen o los países de nuestros padres no deben ser olvidadas. Sí, las comunidades latinoamericanas enfrentan el racismo sistémico aquí en Quebec, pero debemos tener en cuenta las maneras en las que somos empoderados por un sistema que sigue siendo regido por la supremacía blanca. También debemos tener en mente cómo podemos utilizar ciertos privilegios para ayudar a otros en situación de opresión, en vez de reproducir otros tipos de discriminación en nuestras comunidades y fuera también. Tenemos que combatir el racismo anti-negro, la islamofobia, la transfobia y otros sistemas de opresión dondequiera que aparezcan. No podemos ser testigos silenciosos frente a la opresión de otros grupos marginalizados. No podemos participar a la exclusión de las personas más marginalizadas de nuestras comunidades. Nuestra solidaridad debe extenderse a todas las personas que sufren de opresión. Nuestra solidaridad debe incluir las reivindicaciones de las personas indocumentadas, de las comunidades queer, de nuestros hermanos musulmanes. Si queremos luchar contra el racismo sistémico en Quebec, tenemos que luchar contra los otros tipos de discriminación que se reproducen al interior de nuestras comunidades. Gracias.

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