31 janvier 2018

Discours, articles et poèmes écrits par des féministes musulmanes pour commémorer la tragédie de la Grande mosquée de Québec

 

Le discours de Safa Chebbi

Cela fait un an depuis l’attaque de la Grande mosquée de Québec, qui a fait 6 morts, 5 blessés, 17 orphelins et toute une communauté traumatisée par cet acte haineux et raciste.

Je me souviens de la terreur ce soir-là, et la douleur par le fait de ne pas être complètement surprise de ce qui s’est passé.

Je me souviens de cette incroyable vague de soutien et d’amour qui a suivi ces événements. J’ai cru pour un moment qu’on va enfin tourner la page et que les cœurs et les esprits s’ouvriront!

Je me souviens très bien de ces mots prononcés qui nous parle spontanément d’un « terrorisme inversé », comme s’il est difficile d’imaginer que la communauté musulmane puisse aussi être la cible d’un attentat.

Je me souviens que dans moins de 48 heures après l’attentat, un animateur de la radio de Québec nous raconte qu’une des six victimes, avait reçu une amende pour l’insalubrité de son épicerie.

Je me souviens que quelques semaines plus tard, le maire de Québec nous partage fièrement son malaise avec l’emploi du terme terrorisme dans ce contexte. Il a besoin de consulter son dictionnaire pour s’assurer si c’est la faute du « petit gars de la place » ou la faute à la « maladie mentale ».

Je me souviens que quelques mois plus tard, la même grande mosquée a reçu un Coran déchiqueté avec un couteau accompagné d’un message haineux parce que des musulmans ont osé acheter avec leur propre argent un terrain pour avoir leur premier cimetière à Québec.

Je me souviens aussi lorsqu’on a appris que Bissonnette sera accusé de meurtres prémédités et la qualification de terroriste est peu significative dans son cas. Même le code criminel a du mal à imaginer qu’un terroriste peut être non musulman, il a besoin de plus qu’un 29 janvier pour déconstruire les réflexes de ces concepteurs.

Je me souviens aussi que tout récemment, le PQ et la CAQ refusent encore d’admettre qu’il y a de l’islamophobie au Québec et que l’attaque de la Grande mosquée soit identifiée comme un acte islamophobe.

Je me souviens, je me souviens!

Et je refuse encore d’oublier parce que le manque de volonté politique et la banalisation des actes haineux sont les principales lacunes de nos dirigeants auxquelles ils doivent pallier impérativement ! Les mots et les larmes sont une chose mais les actions sont l’unique solution!

 

Source 

 

Nous ne serons pas dignes de notre histoire tant que nous fermerons les yeux sur les injustices que vivent certains de nos concitoyens parce qu’ils sont Autochtones, noirs, musulmans, juifs, de la communauté LGBTQ+ ou toute autre communauté marginalisée …

Soyons à l’écoute des autres, soyons la conscience du Québec!

Open for me my heart: An anti-racist Feminist Queer Muslim response to systemic xenophobia” de Farha Nadja

Image: Open My Heart, farha najah art (copyright). Pour plus d’infos visitez le site web de farha najah.

 

Kwe, Adaberz, Assalamu Alaikum, Bonjour,

J’ouvre mon discours avec une section du koran dont ma mère m’a récemment introduit: Oh rabb! Open for me my heart.

I acknowledge the unceded Kanien’kehá:ka (Mohawk) land on which we are gathered here to mourn tonight. As an anti-racist Feminist Queer Muslim South Asian Womxn, I acknowledge the grief and injustice that this land experiences and witnesses on a daily basis, including ongoing systemic oppression against Indigenous and Black Nations, against Migrant and Racialised communities, including Muslim communities, and against Queer, Trans, Womxn identifying people part of these communities.

After a day of checking in with family in the u.s. amidst fascism, including systemic violence against refugees and Muslims, I found myself in moments of speechlessness, grief, rage, and uncertainty upon hearing the tragedy in Ste-Foy. I continue to be faced with an incomprehension to understand how much systemic hate can exist in this world, and how much hate can be transformed into organised murder. I am thinking about those in Ste-Foy, those who died at the mosque, those who have been wounded, physically, emotionally and spiritually. I am thinking about those who are fighting to survive. My thoughts are with you.

I want to say that this injustice stops here and now, that systems based on oppression, power, and privilege leading to the tragedy we are trying to grapple with today must end now. It must. I also know that so many of us have been saying this for far too long, including protesting state-sanctioned white supremacy and xenophobia, like the racist and misogynist (un)reasonable accommodation commission, and the so-called charter of values. And so, I invite us to take a moment to reflect on our humanity, and to keep holding each other in all of our complexity, lived realities and identities, to keep holding each other as community, to keep holding each other in space, in words, in art, in conversation, in breath with deep love, care, and compassion. To keep holding, to keep holding, to keep holding. Please let us remember to keep taking care of ourselves as we take care of each other during this trauma. To my family, friends, and communities who are living in fear and sadness, let us breathe in resilience, let us breathe out resilience. We will make it through, even if through the haze of our tears, in solidarity in our fight for social justice and liberation.

 

Language Can’t Math Me, farha najah art (copyright). Pour plus d’infos visitez le site web de farha najah.

 

I end with words from my dear ammi who continues to teach me the values and politics of love, care, openness and justice. She could not be here tonight because she is taking care of family members. And so, when I asked what message she would want to share, she expressed her condolences to the families, and wishes strength and serenity upon them. May those who passed away rest in peace. She also stated in our mother tongue Urdu/Hindi: Sub ko reineh ka haque hay poureh doonia mein. Everyone has the right to live in this world. Aman kay sath rehenh. May we live with/in peace.

-farha najah
Solidarity Vigil,
Tio’tia:ke Parc-Extension
January 30th, 2017

“29 Janvier…Ne pas oublier”, un discours d’Eve Torres

Nous honorons aujourd’hui la mémoire de nos 6 frères, nos 6 concitoyens tués dans l’attentat de Québec le 29 janvier dernier.

Un an déjà depuis ce tragique événement et les plaies sont encore ouvertes. Il suffit de lire et d’entendre les commentaires entourant ces commémorations pour que votre cœur saigne à nouveau…

S’il y a eu un fort élan de solidarité de toute la population durant les 15 jours qui ont suivi la tragédie, force a été de constater par une grande majorité, que le climat s’est vite détérioré.

L’humanité qu’on a su trouver à ces québécoisEs de confession musulmane s’est vite envolée. Mais surtout, il ne faut pas en parler, “cessez de vous victimiser” nous dit-on !

Pour avoir rencontré les familles à quelques reprises, je leur renouvelle toute mon admiration pour leur courage et leur résilience. Elles ont eu une année tellement éprouvante. La perte de leur être aimé bien sûr mais la gestion du quotidien, le manque d’indemnisations, l’abandon du politique, les medias…

Une des rencontres qui m’a marquée est celle avec la famille de Ayman Derbali, un des survivants devenu paraplégique après avoir reçu 7 balles dans le corps en s’interposant devant le tueur. Lui et sa femme sont parents de 3 enfants, une petite fille et 2 garçons dont un autiste.

Pendant le comas de son père, la petite fille a été hospitalisée. Sa mère partageait son temps au chevet de son mari et de la petite… Pendant ce temps, le petit garçon autiste a perdu ses services adaptés parce que ses parents n’étaient pas assez “présents”…

Et ceci n’est qu’un exemple de situation auxquelles chaque famille a du faire face.  Je ne veux pas aller plus loin et leur laisse le soin de s’exprimer.

Une année bien éprouvante et un anniversaire éprouvant.

Nous avons pu entendre les épouses prendre la parole pour remercier la générosité de toutes et tous, pour rappeler des messages de nécessaire fraternité et aussi pour rappeler que touTEs les québécoisES ne sont pas à blâmer pour l’acte d un seul.

De sages paroles… Elles sont si souvent répétées.

Pourquoi personne ne semble les retenir, pourquoi nos politiciens jouent sans cesse sur la culpabilité que nous, citoyenNEs engagéEs, faisons sois disant porter au peuple québécois lorsque que nous abordons des problématiques sociales ?

Ce qu’il est important de souligner ici ce sont les inactions politiques contre la montée de la haine, contre la montée des groupes d extrême droite opposées aux décisions qui briment les droits et libertés fondamentales et qui refusent de prendre les questions de racisme systémique et d’ islamophobie au sérieux.

Même si l’attentat à donné aux communautés musulmanes une visage humain, il va sans dire que la déshumanisation a vite repris son cours auprès des politiques et des medias.

Toute critique du gouvernement, toute revendication liée à l’islamophobie vous met dans la liste systématique “des islamistes” potentiels. Il y a création des bons et des mauvais musulmans. Les bons, celles et ceux qui cherchent corps et âmes de l’emploi et se taisent ; et les mauvais, les intégristes qui critiquent, contestent et demandent ! Facile de briser ainsi le climat social…

C’est de cela dont il est question aujourd’hui. Assisterons-nous encore à tout ça sans agir ? Nous savons et nous le voyons par notre mobilisation à tous ces événements de commémoration. Nous sommes capable de nous unir…

Alors, en ce jour de mémoire collective, je me souviens. Je me souviens que des hommes ne sont pas morts en vain, je me souviens que ces hommes donneront à plusieurs d’entre nous la volonté de persévérer pour la justice et l’égalité, pour bâtir une meilleur société sans racisme, sans islamophobie…

Le fait d’être ici aujourd’hui, montre la volonté que nous avons d être ensemble, de ne pas oublier… Ce sont ces élans de solidarité que nous devons préserver pour continuer à bâtir notre société… Nous devons nous rappeler chaque 29 janvier et toute l’année durant que nous pouvons toujours faire mieux pour aller vers l autre et déconstruire nos préjugés,  que nous devons considérer l’autre comme notre égal, que nous ne ferons plus le jeu simpliste des medias et que nous refusons de nous laisser diviser quand nous avons le pouvoir de bâtir !

 

Source - Les artistes: Melisse Watson et Syrus Marcus Ware

 

Mamadou Tanou Barry
Abdelkrim Hassane
Khaled Belkacemi
Aboubaker Thabti
Azzeddine Soufiane
Ibrahima Barry

 

Merci de nous aider à nous rappeler que la vie est précieuse, que la division sociale ne peut avoir sa place et que nous devons absolument avancer pour offrir cette société à laquelle nous aspirons pour nos enfants…

Ensemble, continuons de croire que tout est possible, que nous sommes les actrices et les acteurs du changement, ensemble continuons à lutter contre l’intolérableable et construisons la société juste et égalitaire que nous voulons !

Eve Torres

Les poèmes de Rana Salah

Pour lire tous les poèmes de Rana Salah, une féministe musulmane Palestinienne et Canadienne, vous pouvez visiter son blog “Miss Rana“.

“Sacredness”

my face is beauty’s reflection

my soul is a breath from God

my voice is a weapon

my heart is my guidance

my mind is my strength

my veil is a crown

my language is knowledge

my blood is sacred

know that my blood is no less sacred than yours

every last breath
every last cell
every drop of my blood
are holier than your laws
are holier than places of worship
are holier than your norms
are holier than scholars
they are holy simply because they exist

I am sacred because I exist

we are all sacred

just one part of me amounts to whole nations

 how you destroy so much sacredness!

 

I took the above photograph when I visited the Ismaili Centre in Toronto, Ontario. It is one style of Arabic calligraphy that translates to “In the name of God, Most Gracious, Most Merciful”. In Arabic it is pronounced as “bismillahi rahmani raheem”

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I wrote the following poem based on xenophobic backlash that Muslims and some non-Muslim minorities are facing in North America (especially after the Paris attacks).

“Victims of Xenophobia”

Bismillahi rahmani raheem.
In the name of God, Most Gracious, Most Merciful.

Breathe.

We forget
to breathe
in the midst
of
backlash.

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“They stone their women!”

“They murder homosexuals!”

“They force their women to cover!”

“They’re all guilty of honour killings!”

“They want to impose Shariah Law!”

“They force people to convert!”

“Their religion commands them to kill non-Muslims!”

“They call us infidels!”

“They hate our way of life!”

etc., etc., etc.

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I no
longer know
where to
begin
or how
to explain
when the
level
of knowledge
is practically
none.

So many cultures and histories.

So many cultures and histories.

So many cultures and histories.

So much appropriation.

So much politics.

*Breathe*

You can
spend an
eternity
correcting
and educating,
correcting
and educating,
yet you
are
worth
so much
more than
they see.

Your existence
does not
begin
when
they notice
the colour
of your
skin,
or when
they think
your culture
or religion
is
a sin.

You descend
from
a history
of
philosophers,
scholars,
writers,
and innovators.

Define
yourself not
by
who they
claim
you are
to be.

You police
yourself
constantly
to
erase
their fears.

Yet their
fears
root from
privilege.

Their tactics,
accusations,
generalizations,
have existed
for
centuries.

You are
simply
so much
more than
what
they “know”
and see.

You also
have the
right
to simply
breathe.

*Breathe.*

Bismillahi rahmani raheem.

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And when it is said to them, Do not make mischief in the land, they say: We are but peace-makers. Now surely they themselves are the mischief makers, but they do not perceive.” (Quran 2:11-12).

And the servants of the Most Gracious are those who walk on the earth in humility, and when the ignorant address them, they say, “Peace!” (Quran 25:63).

“Mille et un visages” de Dalila Awada

Maintenant que l’heure est aux bilans, il faut nous retourner et voir où nous en sommes depuis la fusillade à la mosquée de Sainte-Foy. L’une des choses qui me viennent à l’esprit est la vigile montréalaise qui s’est tenue au lendemain du drame. Des milliers de personnes avaient participé à ce rassemblement, réunies ce soir-là dans un froid lacérant qui s’agençait dramatiquement bien à l’horreur survenue la veille. Des milliers de visages aux expressions bouleversées et interrogatives : quelle sera la suite et quelles actions devons-nous poser ?

Cliquez ici pour lire le reste de l’article.

Conférence de Samira Laouni

Représentations erronées des Québécois musulmans : conséquences — extrait.

Pour lire la conférence en entier cliquez ici.

 

Samira Laouni, présidente du C.O.R. décrit son programme:
     Communication – Ouverture – Rapprochement interculturel

 

Le C.O.R. est un organisme sans but lucratif qui a pour mission de contribuer à l’intégration socio-économique des femmes et des hommes subissant une discrimination intersectionnelle.

Pour atteindre un véritable vivre-ensemble, le C.O.R. veut construire des ponts solides de communication et d’échange entre les anciens et les nouveaux Québécois.

Notre travail au fil des ans sur le terrain nous permet de faire des observations et d’en tirer des conclusions qui peuvent renforcer les recherches universitaires : je ne suis donc pas une chercheuse, mais une observatrice de la réalité.

Avec l’accessibilité actuelle à toute la variété de médias, nous sommes toute et tous bombardés par des images de plus en plus déshumanisantes qui nous parviennent de nombreux points de la planète. Il s’opère dans l’esprit de certains Québécois un amalgame : ils en viennent à identifier leurs concitoyens musulmans aux fous de DAESH et compagnie!

D’autre part, au Québec, il est tellement question des musulmans dans nos différents médias que nos concitoyens s’imaginent que nous envahissons le Québec, comme certains propagandistes le font croire lors de leurs tournées et de leurs cours à l’université du troisième âge.

Quand je vais dans des classes, je demande aux élèves de secondaire 2 ou 3, ou à de futurs enseignants, combien il y a de musulmans au Québec; les réponses varient de 50 000 à 1 million!

Dès qu’ils apprennent que nous sommes 3,8 % de Québécois de confession musulmane, je leur fais remarquer que le bruit médiatique fait autour de nous est inversement proportionnel à notre nombre!

 

[...]
EFFRITEMENT DES SOLIDARITÉS

Aujourd’hui, nous sommes là pour nous rappeler, nous rappeler cette douloureuse tragédie du 29 janvier 2017 et faire en sorte qu’elle ne se reproduise plus jamais.

La tragédie du 29 janvier 2017 avait provoqué une réaction générale de compassion et de soutien à travers tout le Québec. Lors de la Vigile, les rassemblements de dizaines de milliers de nos concitoyens par un froid glacial nous avaient démontré une solidarité absolue, qui nous prouvaient que le Québec est une terre d’accueil, de bienveillance et de respect.

Malheureusement, cette merveilleuse solidarité n’a duré que quelques semaines : les réseaux sociaux se sont enflammés avec des propos haineux; le populisme s’est décomplexé, ce qui a entraîné une éclosion de groupes d’extrême-droite qui ont poussé comme des champignons, particulièrement dans la région de Québec, quelques-uns plus dangereux que d’autres.

Comment juguler cette peur qui se transforme en islamophobie, c’est-à-dire un racisme ciblé sur les personnes musulmanes… ou même qu’on IMAGINE musulmanes?

 

CONCLUSION

Rappelons que le 1er octobre 2015, l’Assemblée nationale avait adopté à l’unanimité une motion contre l’islamophobie, à l’instigation de Françoise David, porte-parole de Québec solidaire. Mme David avait justifié son geste spectaculaire ainsi : «On assiste à… une remontée de l’intolérance, une remontée de discours xénophobes, racistes, à caractère haineux à certains moments, contre la communauté musulmane… Pressée de retirer le mot «islamophobe», Mme David avait insisté : «De la même façon qu’à d’autres moments, cette Chambre a condamné, par exemple, des gestes antisémites, de la même façon, nous devons être capables, dans cette Chambre, de condamner des paroles ou des gestes islamophobes.»

Le Conseil national des musulmans canadiens, appuyé par 70 autres organismes musulmans, a demandé l’instauration d’une journée nationale contre l’islamophobie. Cette demande est légitime vu la gravité de la tragédie – six pères décédés, 6 veuves, 17 orphelins, un handicapé à vie. Mais est-ce que nos concitoyens québécois sont prêts à reconnaître la nécessité d’une telle Journée?

Le 6 décembre 1989 fut aussi une énorme tragédie contre un groupe ciblé : les femmes. Mais la Journée nationale contre la violence faite aux femmes n’a été proclamée que deux ans après.

 

Entre-temps, un travail d’information, de sensibilisation, de formation, avait été fait par:

  • les pouvoirs publics;

  • les médias;

  • les universités

  • les groupes de femmes : FFQ, Réseau des femmes, Conseil du statut de la femme, etc.

 

Or, comme il y a 50 % de femmes dans une société, un grand nombre d’entre elles se sont engagées pour cette cause. Les 3.8 % de musulmans, en s’y mettant tous, feraient-ils le poids?

 

RETROUVONS NOTRE HUMANISME, SOYONS SOLIDAIRES DANS TOUTE NOTRE

DIVERSITÉ D’ORIGINE, DE COULEUR, DE RELIGION OU D’ABSENCE DE

RELIGION, DE GENRE ET D’ORIENTATION SEXUELLE

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