27 novembre 2017

Plus de cent signataires à notre lettre ouverte contre les violences systémiques !

 

Nous sommes au cœur des #12joursdaction contre les violences envers les femmes.  Et ce matin, le journal La Presse publie notre lettre contre la #violencesystémique envers les femmes. Elle a été signée par plus de cents organismes féministes !! Merci à toutes pour cette belle mobilisation. La voici (avec deux petites corrections*) et la liste complète des signataires.

LUTTONS CONTRE LA VIOLENCE SYSTÉMIQUE ENVERS LES FEMMES

Samedi dernier débutaient les 12 jours d’action contre les violences envers les femmes. Partout au Québec, les groupes féministes se mobilisent pour réfléchir à ce fléau et aux solutions pour l’éradiquer. Notre constat est unanime : les violences envers les femmes sont systémiques et encore plus virulentes envers celles d’entre nous qui se trouvent à la croisée de plusieurs discriminations.

Pourquoi qualifions-nous ces violences de systémiques ?

L’actualité récente a illustré de manière dramatique qu’on ne peut mesurer l’ampleur d’un phénomène social comme celui de la culture du viol si on continue à traiter les agressions sexuelles comme des cas isolés.

Ainsi, il y a 600 000 agressions sexuelles par année au Canada, dont les hommes sont les agresseurs dans 96,8 % des cas, et les femmes victimes dans 78,1 % des cas. En moyenne, une femme sur trois sera agressée au moins une fois au courant de sa vie. Ce taux est bien plus élevé pour les femmes en situation de handicap.

À peine 5 % des femmes agressées portent plainte et le système judiciaire continue de produire des obstacles. Les survivantes savent que leur parole sera mise en doute, surtout si elles sont à la marge de la société, comme les femmes autochtones, les femmes trans ou les femmes qui sont dans l’industrie du sexe. Parmi les agressions déclarées, 3 sur 1000 seulement se soldent par une condamnation.

Les survivantes n’ont pas toutes accès à des ressources psychologiques, médicales et financières. Situation aggravée par les politiques d’austérité qui tarissent les ressources de nos organismes.

Récemment, nous avons réalisé l’ampleur de ce manque avec la campagne #moiaussi qui a fait déborder nos services auprès des victimes.

C’est pourquoi le caractère systémique des violences sexuelles doit être au cœur de nos réflexions. Or, les violences sexuelles ne sont que la pointe de l’iceberg. Bien d’autres demeurent invisibles.

Quelles sont ces violences invisibles que nous dénonçons ?

Parmi celles-ci, il y a les politiques d’austérité. En 2015, une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques a révélé que les mesures d’austérité ayant affecté les femmes s’élevaient à 13 milliards de dollars, contre 9,9 milliards pour les mesures touchant les hommes. Ces politiques font des ravages sur les femmes déjà affectées par différentes inégalités systémiques (racisme, transphobie et colonialisme, par exemple).

Il y a les inégalités qui touchent les femmes sur le marché de l’emploi, autant en matière de salaire que d’accès à l’emploi. Les chiffres démontrent que les inégalités se creusent particulièrement pour les femmes racisées, les femmes autochtones, les femmes en situation de handicap, les personnes dont le genre n’est ni « homme » ni « femme ». Force est de constater que les violences à l’égard des femmes ne sont pas que physiques, elles prennent plusieurs formes et se manifestent à tous les niveaux. Elles s’imbriquent, se renforcent mutuellement et sont par ce fait systémiques.

Trop de femmes aujourd’hui sont encore marginalisées par notre société et nos institutions. Ces dernières devraient, selon nous, s’adapter à la réalité de celles qui sont le plus en marge.

Imaginez la galère d’une victime d’agression sexuelle sourde lorsque les services sont offerts sans interprétation en langue des signes québécoise ou d’une victime autochtone qui n’a pas accès aux services de traduction dans sa langue !

Comment quitter un employeur abusif quand le marché de l’emploi ne reconnaît pas nos compétences ou nous maintient dans un emploi à temps partiel et sous-payé ? Comment dénoncer un propriétaire qui nous harcèle sexuellement quand on a un statut précaire ou que – en tant que femme trans migrante – nos papiers ne correspondent pas à notre identité de genre ? Comment se soigner lorsque, d’expérience, on sait qu’on sera confrontée à des stéréotypes capacitistes ou racistes ? Comment quitter un conjoint violent quand les maisons d’hébergement manquent de place ou ne peuvent offrir des services accessibles à toutes, faute de moyens ?

Pour ces femmes, la société devient une véritable course à obstacles et nous, travailleuses communautaires et intervenantes, en sommes témoins tous les jours.

Comment lutter contre les violences quand nos organismes luttent pour leur survie ?

Cette dernière décennie, aucune somme d’argent importante et récurrente n’a été injectée dans les ressources et les services pour les femmes victimes de violences. Il y a une absence de services pour les victimes d’agressions sexuelles dans certains quartiers de Montréal tels que Montréal-Nord, dans plusieurs villes au Québec et dans certaines régions comme le Nord-du-Québec ou le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il y a un sous-financement chronique des maisons d’aide et d’hébergement pour femmes autochtones. Les organismes de défense des droits des femmes sont de moins en moins financés, et le soutien financier à la mission globale se raréfie au profit du soutien financier par projets, qui détourne nos organismes de leurs missions.

Les politiques publiques sont trop souvent élaborées sans concertation avec les femmes qui travaillent sur le terrain. Ce sont pourtant nous qui avons réussi à mettre en place ces services de soutien directs aux femmes, avec et pour elles.

Au cours de ces #12joursdaction, luttons contre la #violencesystémique à l’égard des femmes et réclamons que le gouvernement nous consulte, reconnaisse nos expertises et nous dote des moyens nécessaires pour poursuivre notre mission.

*Deux erreurs se sont glissées dans la lettre publiée par La Presse. Les 12 jours commençaient bien samedi dernier 25 novembre (et non mercredi) et c’est une femme sur trois (et non sur deux) qui vivra une agression à caractère sexuel au moins une fois au cours de sa vie.

Liste des signataires

Action Autonomie

Action des femmes handicapées (Montréal).

Action Travail des Femmes

Auberge Madeleine

C.O.R.

CALACS de Granby

CALACS de l’Ouest-de-l’Île

CALACS Trêve pour Elles

Calacs-Abitibi Amos

Carrefour des femmes d’Anjou

Carrefour pour Elle

Centre Avec des Elles

Centre de Femmes de Forestville

Centre de Femmes du Témiscamingue

Centre de Femmes La Jardilec

Centre de Femmes La Source

Centre de femmes l’Érige

Centre de femmes Les Elles du Nord (Chibougamau)

Centre de femmes l’Étincelle

Centre de femmes l’Étincelle

Centre de lutte contre l’oppression des genres

Centre de santé des femmes de Montréal

Centre d’éducation et d’action des femmes (CÉAF)

Centre des Femmes de Forestville

Centre des femmes de Longueuil

Centre des femmes de Saint-Laurent

Centre des femmes de Verdun

Centre des femmes du Ô Pays

Centre féminin du Saguenay

Centre Femmes d’aujourd’hui

Centre Info-Femmes

CERF Volant de Portneuf

Collectif Sherbrooke Féministe

Com’femme, Centre de femmes de Brossard

Comité de la condition des femmes-CSQ

Comité Femmes ULaval

Comité national des femmes du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec(SFPQ)

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle

Concertation montréalaise femmes et emplois majoritairement masculins

Condition féminine–CSN

Conseil québécois LGBT

Conseil regional FTQ Montreal métropolitain

Fédération des femmes du Québec

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)

Femina Québec

Femmes d’actions, femmes de résultats de VIllebois

Femmes du monde à Côte-des-Neiges

Festival de films féministes de Montréal

Fondation Filles d’Action

Fondation Paroles de Femmes

Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Halte-Femme Haute-Gatineau

Horizon pour Elle

Jonction pour Elle

La Bouée

La Collective des femmes de Nicolet et région

La Gigogne

LA MAISON D’ARIANE

La Maison des Femmes Sourdes de Montréal

La Maison d’hébergement l’Aquarelle

La Maison du Reconfort

La Maison la Montée

La Maison Marguerite de Montréal

La Passe-R-Elle des Hautes-Laurentides

La rue des Femmes de Montréal

La Voie des femmes

L’Accueil pour Elle

L’Arrêt-Source

Le Centre d’Entraide La Destinée

Le Havre des Femmes

Le Phare des Affranchi(e)s

Les Maisons de L’Ancre Inc.

L’ombrelle de saint-Agathe

L’R des centres de femmes du Québec

Maison d’accueil La Traverse

Maison d’aide et d’hébergement Alternative pour Elles

Maison d’aide et d’hébergement l’Accalmie

Maison d’aide et d’hébergement L’Aid’Elle

Maison de Lina

Maison des femmes de Baie-Comeau

Maison des Femmes de Sept-Iles

Maison d’hébergement La Chambrée

Maison d’hébergement le Rivage de La Baie

Maison d’Hébergement l’Équinoxe

Maison d’hébergement l’Ombre-Elle

Maison d’Hébergement Pour Elles Des Deux Vallées

Maison Halte Secours

Maison Hina

Maison l’Amie d’Elle Inc.

Maison latraverse

Maison L’Esther

Maison Mikana

Maison pour femmes immigrantes

Maison Secours aux femmes de Montréal

Maison Simonne Monet-Chartrand

Maison Unies-Vers-Femmes

Maison Unies-Vers-Femmes (2)

mirépi maison d’hébergement inc.

Mouvement contre le viol et l’inceste

Multi-Femmes

Passages

Pavillon Marguerite de Champlain

Regard en elle

Regroupement des centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (RQCALACS)

Regroupement des Femmes de la Côte-de-Gaspé

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Relais-femmes

Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (DAWN Canada)

Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS)

Réseau des femmes des Laurentides

Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec

Réseau Habitation Femmes

Réseau québecois d’action santé femmes (RQASF)

RLQ-femmes de la diversité sexuelle

Sans oui, c’est non !

Séjour La Bonne Œuvre

Séjour La Bonne Oeuvre (2)

Service d’Entraide Passerelle (SEP)

SOS violence conjugale

Table de concertation de Laval en condition féminine

Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière

Table des groupes de femmes de Montréal

Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles

Y des femmes de Montréal (YWCA Montréal)

 

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