16 novembre 2017
Communiqué de presse

La FFQ questionne le rapport du comité d’expert sur le revenu minimum garanti

 

Montréal, le mardi 14 novembre 2017 – La Fédération des femmes du Québec (FFQ) questionne les conclusions du rapport du comité d’experts.es sur le revenu minimum garanti, tout autant que le processus qui y a mené.

Le comité d’expert.es remis en question

La FFQ s’inquiétait déjà que le gouvernement court-circuite le conseil indépendant créé par la Loi pour le conseiller, le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CCLP), et confie plutôt la question du revenu minimum garanti à un comité ad hoc d’expert.es externes qu’il a lui-même choisi.es.

Or, ce comité d’expert.es accumule les contradictions et tend à démontrer sa méconnaissance de la réalité.

Il affirme, par exemple : « Le système de soutien du revenu doit garantir un minimum de ressources pour permettre aux personnes vulnérables de répondre à leurs besoins immédiats. Il doit surtout faire tomber les obstacles empêchant les personnes pauvres de sortir de la pauvreté. »

Une première contradiction avec cette déclaration de principe dans l’argumentation du comité d’expert.es est décelable dans la  recommandation  de fixer  l’aide sociale à 55% de la Mesure du panier de consommation (MPC), ce qui ne permet pas de répondre aux besoins immédiats. Le comité semble ignorer également que le principal obstacle à la sortie de la pauvreté est précisément la grande précarité dans laquelle les gens sont maintenus en ne se voyant pas accorder un revenu  minimum décent. Pour que les gens puissent transformer leurs conditions de vie, le CCLP, dès 2010,  recommandait au gouvernement de fixer le montant de l’aide sociale à 80 % de la MPC. On est loin du compte!

Si le gouvernement suit les recommandations du comité, l’exclusion des personnes en situation de pauvreté ne fera que s’accentuer dans un monde pourtant de plus en plus riche. Ces personnes se verront toujours sans moyens d’accéder à de la formation, à des salaire décent, à une participation sociale et politique où leur vie serait prise en compte. « Les conditions de vie des personnes marginalisées ne sont pas prises en compte dans les recommandations du comité et on décide de leur sort sans les consulter, sans même les mettre au courant des décisions qui les affectent », proteste Valérie Gilker Létourneau, co-vice-présidente de la FFQ.

De graves répercussions pour les femmes

« Que le gouvernement applique ces recommandations, les femmes, privées d’autonomie financière, continueront de se voir contraintes à demeurer dans des situations de violence et d‘exploitation sans espoir d’en sortir. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’en raison de préjugés portant sur leur appartenance ethnique, leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ou leur condition de santé, elle sont confrontées à d’autres motifs d’exclusion », poursuit-elle.

La FFQ continuera à réclamer qu’une garantie de revenu suffisante soit donnée à la population, en plus de services publics améliorés, d’un salaire minimum de 15$ et de conditions de travail qui honorent les personnes au lieu de les déconsidérer et de les maintenir en situation de pauvreté.

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Contact:

Pour information:
Valérie Gilker Létourneau
514 232-9300

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