28 février 2017

Féministes noires au Québec !

 

Le mois de février est le mois de l’histoire des Noir.e.s. C’est l’occasion de (re)lire, (re)écouter  et (re)voir les paroles, les textes, les créations, les analyses et les revendications de féministes noires au Québec ! En voici plusieurs à ne pas manquer. Cette page se veut extensible et a déjà beaucoup grandi grâce aux suggestions de Marlihan Lopez !  N’hésitez pas à nous en suggérer d’autres.

En bande dessinée :

Si vous ne connaissez pas encore ses œuvres, c’est le moment ou jamais de la suivre ! La bédéiste D. Mathieu Cassendo (« Dee. Ça se prononce “Di” ») crée une BD annuelle sur le racisme dont les planches sont à découvrir toute l’année. Cours accéléré d’antiracisme sans langue de bois: c’est « un système D’OPPRESSION », c’est clair non ?!

En texte de fond :

En vrac, voici quelques textes de fond ! Lourdenie Jean partage une réflexion intitulée « l’identité qui dérange » sur son identité de femme noire : « Le discours de cette ère se résume par ces quelques mots : je ne vois pas les couleurs. Pourquoi? Qu’y a-t-il de si effrayant avec la couleur pour que volontairement les Blanc.he.s décident que celle-ci est préférable lorsqu’ignorée? ».

Charmaine Nelson, dans ce très dense article de journal, explicite pourquoi et comment le racisme au Québec et au Canada s’inscrit au sein d’une longue histoire de colonialisme, d’esclavage et de racisme institutionnalisé.

Et  ce texte de Kaligirwa Namahoro sur sa propre expérience avec ses cheveux et l’imbrication du sexisme et du racisme : « Mon ressentiment face aux cheveux naturels se justifiait par ce que j’avais internalisé en regardant les médias, ne voyant que rarement (lire jamais) des femmes noires, et encore moins celles avec des cheveux naturels. »

Et celui-ci d’Elvira Kamara-Nangnigui qui explique que l’histoire des femmes doit être celle de TOUTES les femmes: « Ma propre mère, par exemple, est à mille lieues du cliché de la femme africaine soumise, effacée, qui laisse son mari faire la pluie et le beau temps au sein de son foyer. Quel était donc le mot adéquat pour les qualifier, elle et ces autres femmes qui ont marqué l’histoire des femmes de couleur, telles que l’impératrice Taytu Betul d’Ethiopie, la grande Néfertiti, la milice de résistantes cubaines connue sous le nom de las Marianas, ou encore les Amazones du Dahomey ?  ». Vous voulez encore d’autres articles d’elle ? C’est ici (contre le black face) ou ici (sur le privilège blanc) !

Sur les blogs :

Deux blogs par et pour des femmes noires :

  • Fromasista : « Ce blog est un « Safe Space » pour nos sœurs noires. Saches que si tu es une femme noire, ici tu es en sécurité. Ta voix est importante. Tes opinions aussi. Tous tes sentiments sont valides. Nous avons crée cet espace  avec amour parce que l’on t’aime et que l’on tient à ton bien-être. [...]»
  • The Third Eye Collective : “The Third Eye Collective is a survivor initiated intergenerational grassroots collective led by self-identified women of Black/African origins. This collective is dedicated to healing from and organizing against sexual, gender-based, intimate partner, and state and institutional violence, as well as incest. Our intention is to end intergenerational violence and transform communities of African descent by prioritizing the safety and self-determination of Black women survivors through the lens of transformative justice. [...]“

À suivre également, le blog “Amalgame”, lancé par Francia Balthazar. Avec ce blog, elle a créé une plateforme pour que les personnes racisées au Québec est un espace pour partager opinions et analyses.

En vidéo :

LA video virale du mois, c’est bien celle de Marina Mathieu., alias M2.0 où plusieurs femmes noires racontent des expériences de misogynoir ordinaire  au Québec. Elle a même été rediffusée dans cet article.

LA vidéo pédagogique du mois, c’est celle de l’interview de Kaligirwa Namahoro par Lysandre Nadeau : « une militante antiraciste répond à vos questions ».

LA vidéo pour apprendre à mettre en pratique l’intersectionnalité dans le mouvement féministe, c’est le reportage des Alter Citoyens, avec Marlihan Lopez, en entrevue, et des interventions de Kaligirwa Namahoro, Émilie Nicolas, Natasha Kanapé Fontaine, Viviane Michel et Julie Gingras (FFQ) captées à Montréal pendant la manifestation #StopCultureduViol le 26 octobre 2016.

Et puis, plusieurs vidéos du cours d’Agnès Berthelot-Raffard, dans le cadre du cycle de conférences “Afro-féminisme : histoire, fondements et luttes” de l’UPop Montréal.

Bon et puis, pour ceuzes qui ne les auraient pas encore vues, voici les scènes coupées du long métrage documentaire sur les Afro-descendantes noires d’Europe francophone (France et Belgique), réalisé par Amandine Gay OUVRIR LA VOIX. (L’Institut de recherches et d’études féministes organise une projection-discussion autour du film « Ouvrir la voix », le 24 mars prochain, de 14h à 17h, à l’Amphithéâtre du Coeur des Sciences (UQAM). Réservez votre place à : colloque.iref@gmail.com )

En guide pour survivantes d’agression sexuelle:

Nydia Dauphin est à l’origine du mouvement Love U pour survivant.e.s de traumatismes sexuels, dont elle vous parle dans cette vidéo. Dans cet article, elle explique sa démarche : “The trauma didn’t break us, it gave us an opportunity to dig deep within ourselves to come back stronger, bolder, and more loving. But that can only happen if we nurture ourselves with love.” Et pour commander gratuitement le guide, en français ou en anglais, c’est là ! Et pour lire Nydia Dauphin sur d’autres enjeux, tels que le racisme systémique par exemple, c’est là.

Dans les revues :

Disponible en ligne, un numéro de la revue de la Ligue des droits et libertés –  Droits et libertés - porte sur le racisme avec des articles notamment de Marlihan Lopez, Alexandra Pierre et Robyn Maynard.

Le numéro de A Babord, illustré par D. Mathieu Cassendo et  Fanny Aïshaa, avec des articles notamment de Natacha Lafontaine et Gabriella Kinté.

 Et bientôt en librairie … grâce à votre soutien financier !

Le projet de librairie Racines est l’initiative d’une camarade de Montréal-Nord, Gabriella Kinté :  « Cette camarade s’aperçoit un jour que la population de son quartier a peu accès à des références et des auteur-e-s issu-e-s de communautés racisées. Elle décide alors qu’elle deviendra libraire et qu’elle offrira un espace de travail aux artistes. Le mandat premier du projet de librairie sera donc de mettre de l’avant l’histoire, la culture et les  vies des personnes racisées.  Un espace physique permettra de :

- développer une collection spécialisée de livres, zines, etc.

- créer un espace pour les artistes racisées afin de réaliser des performances ou des expositions

- créer un espace de mobilisation citoyenne sur les enjeux qui touchent les communautés

- et bien plus encore … »

Pour la soutenir financièrement, cliquez ici 

Image : Zola Montréal.

Luttes : Discrimination

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