21 octobre 2016

Contre la culture du viol !

 

Les dernières semaines ont mis en évidence l’étendue de la culture du viol au Québec : les dénonciations d’agressions sexuelles par des étudiantes de l’Université Laval, les conséquences ridicules imposées par le Collège des médecins en cas d’« inconduites sexuelles » (notamment pour le cas du Dr Roger Hobden), la poursuite en diffamation contre Radio-Canada de policiers de la SQ suite aux dénonciations des violences policières subies par des femmes autochtones, et finalement la dénonciation de Gerry Skloavounos, député libéral, par Alice. La FFQ tient à réaffirmer son soutien aux femmes qui ont dénoncé publiquement les agressions sexuelles qu’elles ont subies et à exprimer sa solidarité avec toutes les survivantes, qu’elles aient fait le choix de parler ou non. On vous croit.

La culture du viol, c’est la banalisation des violences sexuelles, comme s’il s’agissait d’actes de désirs irrépressibles, de gestes sans réels conséquences, de dérapages excusables. Pourtant, il s’agit bien d’agressions criminelles aux conséquences graves pour les victimes, contre lesquelles nous pouvons collectivement lutter.

La culture du viol, c’est la culpabilisation des victimes, comme si elles l’avaient un peu cherché, comme si les femmes étaient responsables de prévoir l’agression, comme si les femmes devraient toujours être sexuellement disponibles. Pourtant, le seul et unique responsable d’une agression, c’est l’agresseur. Aucun contexte ni situation ne justifie d’imposer un acte sexuel à une personne non consentante.

La culture du viol, c’est l’inaction des institutions et plus encore leur participation à minimiser, euphémiser, masquer, dissimuler les agressions. La culture du viol c’est quand les conséquences d’une dénonciation sur l’agresseur sont minimes ou inexistantes. C’est quand les agresseurs sont excusés et protégés. C’est quand l’empathie avec les agresseurs se substitue à la solidarité avec les victimes.

La culture du viol, c’est l’invisibilisation des violences vécues par les femmes lesbiennes, les femmes trans, les femmes âgées, les femmes racisées, les femmes autochtones, les femmes prostituées/travailleuses du sexe ou encore les femmes en situation de handicap. C’est quand une femme avec des limitations intellectuelles ou des troubles de santé mentale est 4 fois plus à risque de se faire agresser que les femmes sans incapacité. La culture du viol s’imbrique en effet avec le colonialisme, le capacitisme, le racisme, la lesbophobie ou encore la transphobie.

L’indifférence du gouvernement et le silence de la ministre de la Condition féminine sont, dans ce contexte, exaspérants. D’autant plus que cela fait longtemps que les féministes exigent du gouvernement la mise sur pied d’une Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles. Nous attendons toujours cette mesure, mais ne pouvant compter sur le gouvernement en place, nous nous mobilisons sur la base de notre colère, notre indignation et notre solidarité. Des actions sont en ce moment organisées à travers le Québec par des féministes de différents horizons pour exprimer notre ras-le-bol et notre indignation à l’égard d’une situation intolérable. Il est plus que temps d’agir.

Nous vous invitons à participer massivement aux manifestations qui auront lieu à travers le Québec mercredi 26 octobre.

Luttes : En vedette, Violence

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