3 mai 2016

Déclaration d’appui à l’occupation organisée par Solidarité sans Frontières au bureau de l’Agence des services frontaliers du Canada

 

Aujourd’hui, la Fédération des femmes du Québec participe et appuie l’occupation et la perturbation des bureaux montréalais d’Immigration Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC/CBSA) à Montréal, une action organisée par Solidarité sans frontières.

Nous appuyons et participons à cette action de perturbation afin de dénoncer la violence engendrée par le système d’immigration au Canada qui condamne des milliers de migrant.es à vivre sans papier et qui participe activement à des situations de violence telles que les détentions de personnes migrant.es, la séparation des familles, la précarité, la peur et dans certains cas la mort de migrant.es durant leurs détentions. Nous joignons notre voix à celle de Solidarité sans frontières pour demander la mise en place d’un processus de régularisation pour toutes les personnes non-documentées vivant au Canada, et ce, de manière immédiate, inclusive et continue.

Pourquoi comme  organisation féministe dénoncer le système d’immigration du Canada ?

Le Canada et le Québec sont des terres d’accueil. C’est du moins une idée généralement répandue. S’il est vrai que le Canada et le Québec accueillent des personnes réfugiées et immigrantes, leurs systèmes d’immigration génèrent également de trop nombreuses injustices et privent de nombreuses personnes migrantes de l’exercice de leurs droits les plus fondamentaux tels que l’accès aux services de santé et à l’éducation. Comme organisation féministe qui défend les valeurs de paix, de solidarité, d’égalité, de justice et de liberté, nous nous opposons à la création de citoyenneté de seconde zone.

Au fil des années, nous avons souvent été interpellées pour soutenir des demandes de résidence de femmes et de familles ayant des parcours migratoires bien différents. Chacune de leurs histoires est marquée par les violences ; violence dans le pays qu’elles ont quitté, violence physique, psychologique, sexuelle ou économique vécue avant leur arrivée et souvent depuis leur arrivée parce qu’ elles se retrouvent dans des situations de grande précarité, incapables d’exercer leurs  droits les plus élémentaires et sujettes à des  violences institutionnelles invisibilisées et banalisées. Ces injustices sont le résultat d’un système d’immigration qui  bafoue les droits de trop nombreuses personnes. Nous avons également soutenu différentes campagnes visant la régularisation de femmes sans statut, nous nous sommes mobilisées en soutien aux travailleuses domestiques à statut précaire, mais le gouvernement est demeuré sourd aux demandes. C’est pourquoi nous avons répondu à l’appel de Solidarité sans frontières pour revendiquer un statut maintenant pour toutes et tous.  Nous choisissons de résister, de perturber l’application d’un système d’immigration qui produit des violences et des injustices et de déranger leur capacité d’aller de l’avant comme si de rien n’était. C’est pourquoi nous  occupons les bureaux de l’ASFC aujourd’hui.

 

Vous êtes à Montréal ? Joignez-vous à la manifestation de solidarité avec les occupant.es devant les bureaux d’Immigration Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC/CBSA) au 1010, rue St-Antoine Ouest.

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