18 mars 2016

Un revenu social universel garanti – un revenu pour tout le monde

 

Les membres de la FFQ seront appelées à adopter une position sur le revenu social universel garanti (RSUG) lors de l’Assemblée générale annuelle 2016. Cette volonté vient des membres qui ont proposé en AGA 2014 et 2015 que la FFQ prenne position sur cet enjeu.

par Marie-Hélène Fortier,
Rose du Nord

Comme moyen de lutte à la pauvreté et inévitablement plusieurs autres problèmes sociaux en découlant, le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ), a comme projet le Revenu Social Universel Garanti (RSUG). Cette mesure se veut une alternative à plusieurs programmes sociaux incluant la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles, plus communément appelé aide sociale. La mise en application de cette dernière a des conséquences discriminatoires sur les femmes. Ce que revendiquent les personnes assistées sociales se démarque des mesures proposées jusqu’à présent, car on vise à remédier aux injustices que vivent les prestataires (discrimination, insuffisance des prestations, étiquetage, contrôle, piège à la pauvreté, etc.). Les préjugés envers les personnes assistées sociales véhiculent un portrait peu glorieux et renforcent une image où elles sont inactives plutôt que présenter les services rendus dans l’invisible, on peut penser au travail de soins accomplis par les femmes (bénévolat, service domestique, proche aidante).

 

Un revenu pour avoir davantage que le minimum

Le RSUG accorderait davantage que le « minimum ». Un revenu suffisant pour couvrir les besoins de bases. Une réflexion faite au sein du FCPASQ a permis d’estimer le montant à 23 000 $ par année (calculé en 2014) qui serait indexable et versé mensuellement. En ce sens, le RSUG se veut davantage un modèle de revenu de citoyenneté parce qu’il réfère à l’intention de redonner une dignité aux personnes, de ne plus faire de distinction entre les méritant-es et non méritant-es. C’est un revenu qui serait garanti donc non-saisissable, non-imposable, seulement les revenus supplémentaires le seraient, entre autres, ceux découlant d’un revenu de travail. Et surtout, il serait versé à l’individu et non à la famille. Ce dernier aspect est important si l’on veut s’assurer que les femmes ne se retrouvent pas pénalisées financièrement et qu’elles aient un revenu indépendamment de leur situation maritale.

Cette allocation ne viendrait pas seule, le RSUG est conditionnel à l’accessibilité et la gratuité des services publics. On pense entre autres aux domaines d’éducation, de services sociaux et de santé, dont les femmes sont les principales travailleuses, mais surtout les principales utilisatrices. L’objectif étant l’atteinte d’un projet de société plus égalitaire, le RSUG ne doit pas servir au désengagement de l’État, mais à son renforcement. C’est en ce sens que le FCPASQ exige que l’État adopte des mesures progressives et abandonne le recours à la tarification et la privatisation.

 

Réfléchir le RSUG dans une perspective féministe

Nous sommes convaincues que le RSUG permettrait des retombées sociales significatives et importantes. Certains questionnements restent toujours à définir et c’est pourquoi le comité femmes du FCPASQ souhaite faire une réflexion auprès de la FFQ afin de s’assurer que le RSUG soit réfléchi et mis en place dans une perspective féministe. En grande majorité, les membres nomment des avantages liés à la sortie des femmes de la pauvreté en permettant les conditions de base vers une meilleure autonomie financière et une plus grande liberté de choix. On pense entre autres que cela pourrait rendre plus facile le refus d’emplois dont les conditions de travail sont mauvaises et ainsi avoir un impact positif sur la qualité des emplois offerts. Enfin, ce revenu permettrait une reconnaissance financière des implications et du travail accompli dans l’ombre, mais plus encore, l’exercice de sa citoyenneté.

« La pauvreté a  un sexe, il est féminin »

 

Quelques ressources supplémentaires

L’équipe de la FFQ a rencontré Sylvia Bisonnette du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec en janvier dernier pour discuter avec elle du RSUG et des enjeux l’entourant. Nous vous partageons une liste de ressources, suggérées par Sylvia, à consulter pour approfondir vos réflexions.

  • L’argumentaire sur le RSUG
  • Le résumé de l’argumentaire
  •  Conférence avec Ève-Lyne Couturier chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socio-économique (IRIS) nous résume le contenu de sa brochure « revenu minimum garanti : trois études de cas ». Plusieurs modèles de revenu minimum garanti existent déjà̀. Des projets pilotes ont été mis en place à différentes époques et dans divers pays, afin d’analyser l’impact d’une telle application. Trois d’entre eux nous sont présentés : le BIG (Basic Income Grant) en Namibie, l’Alaska Permanent Fund Dividend aux États-Unis et le Mincome au Manitoba.
  •  La brochure produite par l’IRIS en lien avec la conférence

 

 

Commentaires

2 commentaires sur “Un revenu social universel garanti – un revenu pour tout le monde”

  • Carole Henry dit :

    Il serait utile de lire des positions plus diversifiées sur le sujet, plutôt que de vous limiter aux analyses en faveur du RSUG. Ruth Rose économiste féministe a des arguments contraires, Sylvie Morel également. Il serait intéressant de faire le débat avec tout les points de vue.

  • Cybel Richer-Boivin dit :

    Nous organisons un atelier dans le cadre de notre assemblée générale annuelle sur le RSUG. Nous souhaitons y présenter différentes visions sur les enjeux liés au RSUG pour permettre à nos membres de développer un perspective féministe avant de prendre position en AG.

    Nous faisons au mieux avec les ressources que nous avons pour permettre à nos membres de se faire une tête, mais nous ne pouvons tout faire en même temps. Si vous voulez partager des ressources disponibles en ligne qui présentes d’autres perspectives, vous êtes invitée à les partager ici.