27 janvier 2016

Luttes et résiliences féministes devant les violences sexistes, racistes et colonialistes

 

Le 4 décembre dernier, dans le cadre des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, la FFQ a organisé un espace d’échange pour aborder les violences envers les femmes autochtones, mais également réfléchir aux liens que l’on peut faire avec d’autres formes de violences racistes et coloniales en donnant la parole à des femmes issues de communautés immigrantes, racisées et musulmanes.

Les militantes, Alana Boileau de Femmes autochtones au Québec, Rita Acosta de Femmes de diverses origines et Leila Benhadjoujda ont abordé dans les prises de parole les violences vécues par les femmes à partir d’une perspective féministe à la fois antiraciste et anticoloniale pour parler de ces violences davantage invisibilisées.

Nous vous proposons ici le texte et le vidéo de l’ouverture de la soirée par Mélanie Sarazin, la présidente de la FFQ, ainsi que deux des présentations qui ont pu être filmées lors de la soirée.

Mot d’ouverture de la présidente, Mélanie Sarazin

Pour écouter

Les peuples autochtones ont marché sur cette terre bien avant nous. Leur relation avec la terre-mère est au centre de leur vie et de leur spiritualité. Nous reconnaissons que nous sommes réunis ici ce soir sur un territoire traditionnel autochtone du peuple Mohawk.

Cette reconnaissance vise à souligner le fait que nous vivons sur des territoires qui ont été colonisés et que nous avons, de ce fait, une responsabilité dans les enjeux qui affectent aujourd’hui les peuples des Premières nations. Plus qu’une simple reconnaissance, je nous invite à décoloniser nos esprits et à ouvrir nos cœurs, pour que chacune et chacun de nous s’engage à construire des relations d’égalités entre nous toutes et tous et entre nos peuples. Niá : wen

Alors, bonsoir, je me présente, je me nomme Mélanie Sarazin et je suis la présidente de la fédération des femmes du Québec et je vous présente madame Julie Gingras, militante féministe et membre du conseil exécutif de la FFQ. Nous avons l’honneur ce soir d’agir comme animatrices à cette table ronde Luttes et résiliences féministes. La Fédération des femmes du Québec (FFQ) travaille, solidairement et en alliance avec d’autres groupes, à la transformation des rapports sociaux de sexe, dans toutes les activités humaines, pour favoriser le développement de la pleine autonomie des femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leurs contributions à la société. La FFQ est un organisme non partisan qui exerce un rôle de concertation et de mobilisation au sein du mouvement des femmes.

Dans le cadre de la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, la Fédération des femmes du Québec vous propose un espace d’échange pour aborder les violences envers les femmes autochtones, mais également de réfléchir aux liens que l’on peut faire avec d’autres formes de violences racistes et coloniales en donnant la parole à des femmes issues de communautés immigrantes, racisées et musulmanes.

Pourquoi vouloir créer un espace de partage comme celui-ci ? Nous pensons que les femmes de communautés marginalisées vivent la violence parce qu’elles sont femmes, mais aussi parce qu’elles sont autochtones, racisées ou immigrantes. Les violences patriarcales renforcées par les violences systémiques et les violences structurelles ont des impacts différents et n’appellent pas les mêmes types de stratégies et de solutions. Les violences sexistes touchent toutes les femmes, mais peuvent prendre des formes différentes lorsqu’elles s’articulent avec d’autres oppressions, telles que le colonialisme, le racisme ou l’islamophobie par exemple.

Les femmes autochtones au Québec sont touchées par un niveau de violence qui dépasse largement celui vécu par les femmes québécoises. Les causes de cette violence ont pour origine la colonisation et le racisme tout comme les inégalités entre les femmes et les hommes. Les femmes autochtones sont victimes de violences en tant que femmes, mais aussi en tant qu’autochtones. Lorsqu’elles dénoncent des abus, comme dans les cas des agressions par les policiers à Val d’or, leurs paroles sont remises en doute à cause de préjugés, de pratiques et d’institutions qui sont à la fois colonialistes et sexistes.

Pour s’attaquer à ce type de violence où sexisme et colonialisme se croisent, il est extrêmement important de reconnaître la nécessité d’adopter une approche qui est soutenue par les femmes autochtones.

Il est primordial de reconnaître que les femmes racisées et immigrantes sont confrontées à des défis supplémentaires qui peuvent ajouter des couches de difficultés et complexifier la dénonciation de la violence qu’elles subissent. Ainsi, la prise en compte des réalités des femmes racisées et immigrantes exige la nécessité de développer une approche intersectionnelle de l’intervention et de la lutte contre les violences. Il faut tenir compte de l’imbrication des différents facteurs de discrimination que sont le sexe, l’origine, le fait d’appartenir ou non à une minorité visible, d’être ou non en situation de handicap, et ainsi de suite.

Nous proposons donc de réfléchir aux liens qui existent entre les violences systémiques à l’encontre des femmes autochtones et celles que vivent les femmes issues de communautés racisées, musulmanes et immigrantes, car, de la même façon, les violences sexistes s’articulent avec des préjugés et stéréotypes racistes. En ce sens, nous souhaitons créer un espace qui rend visible des formes de violences davantage invisibilisées

Des femmes issues de communautés ont accepté de partager leurs réalités, et leur analyse des mécanismes de violences à l’œuvre, mais aussi de nous parler des luttes qu’elles mènent au sein de leurs communautés pour faire face et survivre à ces violences.

Ce soir, chacune des panelistes prendra la parole pour environ 15 minutes. Nous prendrons par la suite une pause, ce qui vous laissera le temps de réfléchir pour la période de questions qui suivra. Vos questions peuvent être adressées à une panéliste en particulier ou à l’ensemble d’elles. Lorsque vous interviendrez, je vais vous demander de vous nommer afin de faciliter les échanges.

Les militantes qui prendront la parole aborderont les violences vécues par les femmes à partir d’une perspective féministe à la fois antiraciste et anticoloniale. Ces femmes sont des expertes de leurs vécus. Nous vous invitons à adopter une position d’écoute et à contribuer à ce que l’espace d’échange soit respectueux et ouvert à toutes.

Écoutez, la présentation d’Alana Boileau

Écoutez la présentation de Rita Acosta

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