12 juin 2014

Le 16 juin : une action pour dénoncer l’indifférence du gouvernement fédéral

 

La récente publication du rapport de la GRC (Gendarmerie nationale du Canada) dénombre 1186 femmes autochtones disparues et assassinées au Canada entre 1980 et 2012, dont 1117 homicides. Le taux de femmes victimes de violences est 3 fois plus élevé chez les femmes autochtones que les femmes allochtones. Ce même rapport montre que les femmes autochtones représentent 4,3 % des femmes au Canada, mais 16 % des femmes tuées sur ce même territoire[1]. Les Sœurs par l’esprit, issues de l’Association des femmes autochtones du Canada ont recueilli des données révélant une aggravation de la situation ces 10 dernières années.

Cette situation trouve ses racines dans l’histoire coloniale du Québec et du Canada

Dans un rapport publié en 2009[2], Amnistie internationale explique qu’à l’origine, les sociétés autochtones d’Amérique du Nord étaient caractérisées par une relative égalité entre les hommes et les femmes. Même s’ils avaient des rôles et des responsabilités distincts dans la société, tous étaient valorisés et respectés. Au Canada, le colonialisme a entraîné la marginalisation de nombreuses femmes autochtones dans leur propre communauté et dans l’ensemble de la société où elles continuent d’être victimes de préjugés et de dévalorisation. La destruction des cultures, des langues et des institutions autochtones, l’appropriation des terres et ressources et le retrait massif des enfants autochtones de leurs familles et communautés ont affaibli la culture traditionnelle, les activités de subsistance et ont déstructuré la place et le bien-être des femmes dans leur propre communauté. Pensons aux pensionnats, aux interventions de la DPJ et aux impacts sur les liens culturels, familiaux et affectifs dans les communautés. Beaucoup de femmes autochtones se retrouvent en dehors de leur communauté, connaissent des situations d’itinérance ou de grande pauvreté, et deviennent alors extrêmement vulnérables aux violences faites aux femmes.

Violence envers les femmes autochtones

Dans ce contexte de violence exercée à l’endroit de trop nombreuses femmes autochtones, nous estimons qu’il est de notre rôle de travailler en alliance avec les femmes autochtones pour faire en sorte que nos États prennent leurs responsabilités. Cette solidarité s’inscrit dans l’entente de solidarité signée entre Femmes Autochtones du Québec et la FFQ en 2004, et les propositions adoptées par les féministes rassemblées lors du Forum des États généraux en novembre dernier. C’est pourquoi nous nous mobiliserons le 16 juin prochain à Montréal pour « exiger, en solidarité avec les femmes autochtones du Québec et du Canada, la mise sur pied d’une commission d’enquête nationale sur les femmes autochtones portées disparues et assassinées pour mettre fin à l’impunité entourant ces crimes sexistes et racistes »[3].

Pour les groupes de femmes autochtones, une commission d’enquête est nécessaire pour que l’État et la société arrivent à comprendre pourquoi les femmes autochtones sont ciblées de la sorte. Disparaître dans l’anonymat et l’indifférence symbolise la place qu’occupent les femmes autochtones dans la société. Contrairement à une simple étude, une commission d’enquête pourra servir d’outil pour s’assurer que le gouvernement écoute les familles et les communautés touchées ainsi que les groupes de femmes autochtones et qu’il mette à exécution des solutions qu’elles proposent.

Passer à l’action en solidarité avec les femmes autochtones!

Vous pouvez participer en complétant le tract  qui sera utilisé lors de l’action du 16 juin prochain. Il s’agira d’une action symbolique, de visibilité visant à dénoncer l’indifférence du gouvernement fédéral face à la demande des femmes autochtones.

Merci de nous retourner ce document complété par fax au 514 876-0162 ou par courriel à l’adresse suivante : alepetit@ffq.qc.ca – avant le mercredi 11 juin à 16 h.

Participez à l’action du 16 juin prochain à Montréal de 12 h à 13 h! Nous invitons toutes les militantes intéressées à nous retrouver pour une rencontre préparatoire le 16 juin à partir de 10 h 30 et au plus tard à 11 h 30 dans les bureaux de la FFQ à la Maison Parent-Roback (110 rue Ste-Thérèse dans le Vieux Montréal). Nous nous rendrons ensemble au lieu de l’action à 11 h 30.

Merci de nous écrire à alepetit@ffq.qc.ca pour nous informer de votre participation à cette action.

 

Alice Lepetit

 

 



[1]Rapport de la GRC – données entre 1980 et 2012

[3] Proposition adoptée lors du Forum des etats généraux de l’action et de l’analyse féministes le 17 novembre 2014 à Montréal.

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