12 juin 2014

La montée inquiétante du militarisme au Canada

 

La dernière parution du Collectif Échec à la guerre documente une réalité relativement nouvelle au Canada — la montée du militarisme. On peut définir le militarisme comme une doctrine qui prône la prépondérance de l’armée au sein de l’appareil politique.  Les régimes de dictature militaire constituent l’expression parachevée du militarisme.

Dans une société militarisée, nous notons habituellement la présence de plusieurs phénomènes — une augmentation vertigineuse des dépenses militaires, l’intensification du recrutement militaire, l’omniprésence de l’armée dans la vie quotidienne, et la promotion de l’armée et des valeurs militaires ainsi que d’un patriotisme militaire exacerbé. C’est ce que cette brochure documente, ici même, au Canada!

Au fils des pages, vous trouverez de nombreux exemples de ce militarisme ostentatoire, et parfois insidieux, dans tous les aspects de la vie quotidienne, à commencer par la présence de l’armée lors d’événements sportifs, de festivités, et jusque dans les écoles.

Mais pourquoi, en tant que citoyennes et féministes, cela devrait-il nous inquiéter?

La deuxième partie de la brochure tente de répondre à cette question en abordant les conséquences de la guerre à l’étranger (dans les pays agressés) et ici même. Une section décrit les horreurs de la guerre pour les hommes et les femmes de trois pays : l’Afghanistan, l’Irak et la Libye.

Dans les pays agresseurs aussi bien que dans les pays agressés, l’appareil militaire accapare des fonds qui ne sont plus disponibles pour les services publics. De plus, le militarisme a des impacts particulièrement graves pour les femmes. S’appuyant sur l’exaltation de l’armée et de ses valeurs traditionnelles, dont le culte du chef, de la force, de la hiérarchie et de l’obéissance, le militarisme renforce les rapports sociaux de sexe et entraine une normalisation de la violence envers les femmes, ainsi que la dévalorisation d’autres cultures et de personnes racisées.

Saviez-vous qu’au niveau mondial, on estime à plus d’un million le nombre de femmes qui auraient été violées durant un conflit depuis la Seconde Guerre mondiale? Saviez-vous qu’une soldate en Irak risquait davantage d’être violée par un collègue au sein de l’armée étatsunienne que d’être tuée par un tir ennemi?

Face à cette montée du militarisme, il est impératif d’exiger une réduction immédiate et significative des dépenses militaires ainsi que la tenue d’un vaste débat public sur la politique étrangère canadienne, le rôle de l’armée, l’industrie militaire et le commerce des armes. Nous devons bâtir un vaste mouvement de résistance à la montée du militarisme. Dans cet esprit, n’oubliez pas de participer activement à la campagne du coquelicot blanc qui rappelle que les victimes des guerres sont aussi les civiles — femmes, hommes et enfants…

Dès septembre prochain, commandez vos coquelicots en écrivant à info@echecalaguerre.org

Martine Éloy

Commentaires

Le commentaires sont fermés.