14 janvier 2014

Position commune des tables régionales de groupes de femmes et des regroupements nationaux de femmes sur la Charte

 

Dans le cadre de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 60

 

À l’ouverture de la commission parlementaire portant sur le projet de Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’état ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement, la Fédération des femmes du Québec, à l’instar de plusieurs organisations féministes, appelle la population québécoise à la solidarité. Elle invite toute les Québécoises et les Québécois à s’informer, se documenter et débattre dans un esprit d’ouverture et dans le respect.

 

La Fédération des femmes du Québec travaille solidairement et en alliance avec d’autres groupes à la transformation des rapports sociaux de sexe dans toutes les activités humaines pour favoriser le développement de la pleine autonomie des femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leurs contributions à la société. La FFQ est un organisme non partisan, ouverte à toutes les femmes, qui exerce un rôle de concertation et de mobilisation, de débat et de formation au sein du mouvement des femmes. La FFQ prend clairement position pour la laïcité de l’État, séparation de l’État et des institutions religieuses, de neutralité de l’État à l’égard de la croyance et de l’athéisme de même que de la liberté de conscience et de religion. Elle sait aussi que la laïcité, bien qu’elle soit un bon outil pour s’en approcher, ne garantit pas aux femmes le droit à l’égalité.

 

Dans le débat sur cette Charte, nous nous opposons à l’articulation d’un discours axé autour de la crainte de l’autre selon laquelle la diversité culturelle apportée par les communautés culturelles nouvellement arrivées ou installées depuis longtemps au Québec, pourrait compromettre la cohésion collective et menacer l’identité québécoise. Nous nous opposons à l’utilisation du discours féministe sur l’égalité des sexes pour justifier un discours hostile envers la population immigrante ou pour diviser les femmes et la population québécoise. Nous nous opposons à tout autre facteur d’exclusion sociale susceptible de favoriser des phénomènes de ghettoïsation défavorables aux femmes et qui seraient, par conséquent, contraires au principe d’égalité entre les femmes et les hommes.

 

Nous tenons à rappeler qu’il existe, dans notre société québécoise qui se veut égalitaire, de grandes inégalités persistantes envers les femmes notamment leur situation de pauvreté, la violence qui s’exerce contre elles de même que leur faible représentation politique. Nous rappelons également que, pour certaines femmes, le chemin de l’égalité est plus ardu car elles doivent faire face à d’autres sources de discrimination liées à la couleur de leur peau, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle, leur handicap, leur âge pour ne nommer que ceux-là. La question de la laïcité de l’état n’est pas le seul obstacle que les femmes rencontrent dans leur quête d’égalité.

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