25 septembre 2013
Communiqué de presse

« Le projet de Charte des valeurs québécoises pose la question du droit à l’égalité pour toutes les femmes »

 

Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

 

« Le projet de Charte des valeurs québécoises pose la question du droit à l’égalité 

pour toutes les femmes »

Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec

Montréal, le 25 septembre 2013 – La Fédération des femmes du Québec estime que les réactions diverses au projet de Charte des valeurs québécoises montrent bien que l’égalité des droits des femmes constitue l’objet fondamental du débat actuel. « Il y a unanimité dans le mouvement féministe quant à nécessité d’assurer la laïcité de l’État et de combattre les fondamentalismes religieux. Le respect des droits des femmes et l’atteinte de l’égalité sont au cœur du débat. Vu l’importance de ces questions, il est nécessaire de le faire sereinement » continue Mme Conradi.

Toutes les femmes du Québec sont interpellées par ce débat. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore atteinte, rappelle la FFQ. Les conditions à  mettre en place pour que toutes les femmes puissent exercer concrètement leur droit à l’autonomie doivent être débattues. « La FFQ a entrepris le débat sur l’état de l’égalité depuis bon nombre d’années qui ne peut pas se régler uniquement par la laïcité, ni par des prises de position intempestives » déclare Mme Conradi, rappelant que si l’égalité hommes-femmes est au cœur des valeurs québécoises, elle se fait encore attendre dans les domaines comme la précarité au travail, la violence envers les femmes, la pauvreté et le partage des tâches dans la sphère domestique.

Débat serein

L’expression de points de vue différents sur l’égalité entre les femmes et les hommes a toujours existé au sein des mouvements féministes. C’est une condition nécessaire à un débat constructif. L’autre condition est un débat serein. « C’est pourquoi la FFQ invite les femmes à contribuer sereinement à cette discussion collective, en préférant l’expression des idées aux procès d’intention » affirme Alexa Conradi, ce que la FFQ a toujours promu.

La Fédération des femmes du Québec est en faveur de la laïcité de l’État, mais sans sacrifier les droits des femmes au passage.  La FFQ s’oppose vigoureusement à l’obligation faite aux femmes de porter certains signes religieux tout en s’opposant à une éventuelle interdiction d’en porter  imposée aux employées de l’État. La FFQ fait toutefois  une exception du voile intégral (burqa et niqab) qui doit être interdit dans la fonction publique et les services publics car il entrave la communication et enferme les femmes dans une citoyenneté de seconde zone.

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Renseignements :

Cybel Richer-Boivin, 514-717-4847

 

 

Commentaires

Un commentaire sur “« Le projet de Charte des valeurs québécoises pose la question du droit à l’égalité pour toutes les femmes »”

  • Chantal Locat dit :

    Petite chronique CHARTREuse!
    Le 26 septembre 2013
    Je prends la parole (mon crayon), en sachant que d’autres l’ont prise avant moi,
    parce que beaucoup de choses me dérangent présentement et que les médias
    traditionnels ne transmettent pas toujours l’information comme ils le devraient.
    Dès le départ, je n’ai rien contre les divergences d’opinion, je pense même que
    c’est salutaire. Je n’ai rien contre le fait que les gens ne pensent pas comme
    moi. Je crois fermement que la majorité des féministes, peu importe leur
    orientation en lien avec la Charte de valeurs, y vont avec des convictions
    personnelles toutes aussi légitimes que les miennes.
    Si on pensait toutes et tous pareil, on n’avancerait pas, on serait figé dans le
    ciment du « non-progrès » … là, on est figé dans autres choses de plus
    nauséabond.
    Je commence…
    • L’INSTRUMENTALISATION DE LA VALEUR DE L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES.
    C’est fou comme tout le monde, tout à coup, est pour l’égalité entre les femmes
    et les hommes. Alors que dans les faits, si on regarde les salaires moyens des
    femmes, la place qu’elles occupent dans les postes de pouvoir, dans les
    groupes de directions des grandes entreprises, parmi les personnes les plus
    pauvres tout au long de la vie et particulièrement à la retraite; si en plus, on
    prend acte des violences faites aux femmes, de la sexualisation de l’espace
    public et du retour en force des stéréotypes sexuels, etc., il me semble assez
    évident que nous sommes bien loin de la coupe aux lèvres en matière d’égalité
    hommes/femmes.
    Si nous devions décréter qu’il y a urgence, ce n’est sûrement pas le projet de
    Charte, et particulièrement la partie sur le port des signes religieux ostentatoires,
    qui serait mis de l’avant.
    Le gouvernement minoritaire, pour des visées partisanes, prend mon argent
    (publicités), perd du temps et des énergies et pire, il est en train de créer une
    crise sociale plus dommageable que celle du printemps érable.
    • REVENONS UN PEU SUR LA FFQ
    Depuis quand un groupe comme la Fédération des femmes du Québec (FFQ)
    représente des groupes avec une pensée monolithique ? La FFQ a toujours dit
    qu’elle représentait une diversité et sa raison d’être est de travailler à l’atteinte
    de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l’égalité entre les femmes
    elles-mêmes afin que cette égalité s’applique au quotidien, plus que dans la
    théorie, bref, sortir du virtuel… Ce qui veut dire que toutes les femmes doivent
    avoir accès aux mêmes droits, c’est simple il me semble.
    La FFQ est démocratique et malgré les litanies de ces chantres d’une FFQ
    infiltrée par des méchantes islamistes… eh bien c’est plate pour les médias, mais
    ce n’est pas le cas.
    Toutes ne sommes pas d’accord sur tout et toutes avons le loisir de participer au
    débat en respectant les règles qui permettent les échanges sécuritaires et
    respectueux… Et, dans une démocratie comme celle-là, il y a des votes, et la
    porte-parole doit respecter ce que ses membres ont voté de façon majoritaire
    et démocratique.
    • SCISSION À LA FFQ ?
    Et bien, comment interpréter cette scission ? Dans mes dernières participations
    aux assemblées générales de la FFQ, je n’ai pas vu, à titre d’exemple, Mme
    Louise Beaudoin. Où est la scission pour elle? Elle était peut-être membre
    individuelle, mais ne venait pas aux assemblées générales, ce qui fait qu’elle
    n’aurait pas cru bon, dans ces moments de débat sur la laïcité, de se prévaloir
    de son droit de vote ou de parole ?
    Dans l’article « Scission au sein de la Fédération des femmes » de Hélène Buzzetti
    du Devoir (25 septembre 2013), il est écrit : « Deux femmes se sont fait refuser le
    droit de participer aux tables de discussion organisées par la FFQ pour
    déterminer les orientations politiques des 20 prochaines années ».
    Eh bien là, quatre choses :
    1. Ce n’est pas des tables de discussion mais bien des tables de travail;
    2. Ce n’est pas la FFQ qui décide mais bien le Comité d’orientation des États
    généraux de l’action et de l’analyse féministes, composé de 25 personnes
    venant de divers milieux, de points de vue différents.
    3. La décision prise était mûrement réfléchie par le Comité d’orientation. De
    plus, les candidates n’avaient pas respecté tous les critères d’admissibilité
    qui avaient préalablement été décidés;
    4. Contrairement à ce qu’a dit Pierre Charbonneau hier à l’émission de RDI
    les EX, ce n’est pas sur des raisons idéologiques que le refus a été décidé,
    la FFQ n’a pas peur de débattre avec ses membres sur des points de vue
    qui ne créent pas l’unanimité.
    • LA DISCRIMINATION SYSTÉMIQUE
    C’est fou ce que ce concept est élastique. Sans considérer cette définition
    complète, on pourrait dire que la discrimination systémique « est le fait d’un
    système et ne repose pas sur des actions individuelles, elle n’est pas
    intentionnelle ou volontaire. Elle est le résultat de politiques, de procédures, de
    règles qui ont pour effet d’exclure ou de désavantager un groupe
    historiquement ou culturellement discriminé, ici, les femmes. »1.
    Ce concept a été à la base des luttes des femmes pour l’accès au travail
    malgré les grossesses, le handicap, la race, le sexe, pour la reconnaissance de
    l’équité salariale, etc. Aujourd’hui, on viendrait nous dire que c’est défendre
    uniquement la liberté individuelle ? Autrement dit, pour certaines personnes, le
    concept de discrimination systémique ne pourrait pas être utilisé dans le cas de
    la Charte. Des valeurs à deux vitesses !
    • L’AUTOMNE MISÉRABLE
    Nous pensions être sorties d’une crise après ce printemps érable. Nous sommes
    maintenant dans la crise de « l’automne misérable ».
    Si le gouvernement avait un tant soit peu de bon sens, s’il agissait comme une
    bonne mère de famille, il devrait y aller avec ce qui fait consensus et pour le
    reste, proposer des débats après une analyse pointue différenciée selon le sexe
    et la race, donc après avoir posé un regard sur les impacts qu’aurait
    l’interdiction des signes religieux dans les services publics…
    Depuis des semaines, dans les deux camps, parce que c’est vraiment rendu ça,
    il y a de la grogne, des déceptions, des attaques, des mensonges et des gros
    mots. C’est comme un enfant en pleine crise, un chien qui mord son os, un
    intégriste avec sa foi…
    Petit conseil en cet automne misérable:
    Lâcher le morceau, ça a du bon, pas juste pour les mâchoires.
    Alors, c’est ce que je ferai pour quelques jours, éviter tout ce qui traite de la
    Charte sauf… si quelqu’un fait du mal à celles et ceux que j’aime!
    Chantal Locat
    Militante féministe
    Membre du Comité d’orientation des États généraux de l’action et de l’analyse
    féministes
    Membre individuelle de la FFQ
    Retraitée de l’enseignement
    1CSQ, [En ligne], (page consultée le 25 septembre 2013). Adresse URL : http://www.csq.qc.net