10 septembre 2013
Communiqué de presse

Charte des « valeurs québécoises » : Première réaction de la FFQ

 

Montréal, 10 septembre 2013 -  La Fédération des femmes du Québec réagit à l’annonce du ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, sur la Charte des « valeurs québécoises ». La FFQ prend clairement position pour la laïcité de l’État et reconnaît que, bien qu’elle ne soit pas un outil suffisant pour assurer le droit des femmes à l’égalité, la laïcité permet de s’en rapprocher. À cet effet, inscrire la séparation des pouvoirs entre l’État et la religion et la neutralité de l’État dans la Charte des droits et libertés du Québec est une voie pertinente pour affirmer le caractère laïc de l’État québécois. Il serait toutefois encore plus efficace pour l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes d’accorder le même statut légal aux droits sociaux, économiques et culturels (droit au logement, aux soins de santé, à un salaire décent, etc.) qu’aux droits civils et politiques (liberté d’expression, de conscience, de religion, etc.).

Toutefois, l’interdiction de porter des signes religieux visibles par les travailleuses et les travailleurs de l’État au nom des valeurs québécoises, s’appuie sur une fausse présomption à savoir que les croyant-es n’adhèrent pas aux valeurs québécoises. « Faire disparaître les signes religieux du personnel de la fonction et des services publics fera plutôt disparaître des emplois précieux pour des femmes croyantes qui, en majorité, adhèrent au même titre que les autres Québécois-es aux valeurs telles la justice sociale, l’égalité et la solidarité et qui agissent déjà en toute neutralité », souligne Madame Alexa Conradi, présidente de la FFQ.

Ce qui menace le droit des femmes à l’égalité, ce sont les conservatismes sociaux, économiques et religieux ainsi que l’absence de priorités gouvernementales de faire de l’égalité de fait une réalité pour toutes. « Où est le gouvernement du Québec lorsqu’il est temps de défendre le droit des femmes devant les reculs imposés par le gouvernement fédéral au nom de ces conservatismes? », questionne Mme Conradi. La FFQ se demande si le gouvernement est vraiment en position d’affirmer que l’égalité homme-femme est au cœur des ses préoccupations, alors qu’elle est absente de ses priorités générales. « Où est la préoccupation pour l’égalité dans le plan Le Nord pour tous, la précarité du travail, la retraite, l’indexation des frais de scolarité, les publicités sexistes? », interroge Alexa Conradi.

La FFQ se demande comment, au nom d’un patrimoine historique commun, le gouvernement peut justifier la présence de la croix à l’Assemblée nationale. « Est-il nécessaire de rappeler que ce crucifix représente une période noire de notre histoire? La croix à l’Assemblée nationale est présente pour témoigner de l’alliance entre le gouvernement de Duplessis et le clergé qui, faut-il le rappeler, loin de promouvoir le droit des femmes à l’égalité, étaient farouchement opposés au droit de vote de ces dernières! », souligne Alexa Conradi.

La FFQ prendra le temps d’étudier les propositions d’orientations en détail avant de prendre position sur tous les éléments annoncés aujourd’hui. Forte de près de cinquante ans d’histoire, la Fédération des femmes du Québec travaille pour que l’égalité et la justice adviennent dans la vie de toutes les femmes.

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Source : Cybel Richer-Boivin
Responsable des communications
Fédération des femmes du Québec

514-717-4847

 

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