15 juin 2013

Oula Hajjar : portrait d’une militante de la FFQ

 

Octobre 2010, Rimouski. Oula Hajjar, militante féministe, y est avec 10 000 autres femmes qui participent à la Marche mondiale des femmes. Oula fait partie de l’équipe de la FFQ qui coordonne la marche; elle assure le lien avec les groupes locaux et participe à l’organisation logistique sur le terrain. C’est dans ce contexte de grand rassemblement qu’Oula a eu l’occasion de se familiariser avec les FFQ et les femmes qui y militent. Détentrice d’une maîtrise en économie internationale et travaillant aujourd’hui pour l’Institut de statistiques de l’UNESCO, son parcours académique ne la prédestinait pas à travailler et militer au sein du mouvement féministe. « À la fin de mes études, il était clair pour moi que je voulais travailler dans le milieu communautaire, plutôt que dans des entreprises, et partager mes connaissances là où ça me semblait pertinent et nécessaire », souligne-t-elle.

Aujourd’hui Oula et l’une des nombreuses militantes actives de la FFQ. Elle était présente lors du plus récent colloque pour animer l’atelier sur les femmes palestiniennes. « J’ai senti un vif appui et une grande solidarité de la part des femmes présentes envers les luttes des femmes palestiniennes. Des propositions concrètes ont été faites par les participantes pour créer des ponts entre elles. » Oula, d’origine libanaise, connaît bien les enjeux féministes qui agitent cette partie du monde.« Au Liban, la guerre et les problèmes politiques ont longtemps relégué les luttes féministes au second plan. Il était d’abord question de survie.» Le Liban a connu une période de quinze ans de guerre entre 1975 et 1990. Bien que vivant aujourd’hui au Québec, Oula retourne à l’occasion au Liban et constate les avancées réalisées par des organismes et des groupes de femmes. « Les femmes au Liban mènent plusieurs combats à l’heure actuelle. Plusieurs lois sont discriminatoires envers les femmes et créent de très grandes inégalités sociales, politiques et économiques. Le combat pour la reconnaissance des droits des femmes est long et difficile, mais il est assurément enclenché. »

Sa vie passée au Liban et sa vie actuelle au Québec ont définitivement influencé sa vision du féminisme et de ses luttes. Pour Oula, on ne peut pas comparer la situation des luttes féministes au Québec et au Liban, mais on peut certes enrichir notre vision du féminisme par ces expériences. « Le féminisme c’est des femmes qui se tiennent debout pour défendre leur droit à l’égalité, à l’autonomie et à l’indépendance. C’est des femmes qui luttent ensemble pour obtenir une juste reconnaissance de leur apport dans la société », affirme Oula.

De nombreux enjeux demandent l’action des femmes ici et ailleurs. Selon Oula, l’un des enjeux majeurs est l’impact des crises économiques et des mesures d’austérité. « Les femmes sont généralement plus touchées, leur statut étant souvent plus précaire, elles sont donc plus vulnérables aux crises économiques, et en ressentent les effets plus durement. » Oula souligne aussi que dans ce contexte, la situation des femmes immigrantes n’est pas rose lorsque vient le temps de chercher un emploi. Une piste de solution pour améliorer cette réalité vécue par plusieurs? « Une meilleure reconnaissance des diplômes et des compétences acquis à l’étranger est nécessaire pour éviter cette exclusion économique que de nombreuses femmes vivent. » Que ce soit au Québec, au Liban ou en Palestine, les luttes sont nombreuses pour les femmes et une solidarité qui va au-delà des frontières et des barrières est essentielle pour l’égalité de toutes les femmes.

 

Propos recueillis par
Cybel Richer-Boivin

Vous connaissez des femmes qui militent à la FFQ et souhaiteriez que nous en fassions un portrait afin de souligner leur apport au mouvement féministe. N’hésitez pas à nous soumettre des noms en écrivant à crboivin@ffq.qc.ca

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