18 février 2013

FFQ en bref – Février 2013 – Réforme de l’assurance emploi : une descente aux enfers

 

La réforme de l’assurance-emploi est en vigueur depuis le 6 janvier 2013. Et elle n’est pas pour assurer grand-chose ! Selon l’estimation du gouvernement conservateur, elle devrait permettre de couper les prestations d’au moins 8000 chômeuses et chômeurs.

Voici un des principaux écueils.

Trois catégories de chômeurs sont créées. Le salaire et le type d’emploi que l’on doit pourvoir dépend de l’appartenance à une de ces catégories.

Extraits de « Saccage à l’assurance chômage » du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (http://www.lemasse.org/)

 

Type de prestataire

Critères

Salaire pouvant être demandé

Type de travail à rechercher

Travailleurs de longue date Avoir cotisé pendant 7 des 10 dernières années ET ne pas avoir reçu plus de 35 semaines de prestation dans les 5 dernières années

Semaine 1 à 18

90 % du salaire horaire antérieur Emploi dans son domaine d’activité

Après 18 semaines

80% du salaire horaire antérieur Emploi semblable à l’emploi habituel
Prestataires occasionnels N’être ni un travailleur de longue date, ni un prestataire fréquents

Semaine 1 à 6

90 % du salaire horaire antérieur Emploi dans son domaine professionnel

Semaine 7 à 17

80% du salaire horaire antérieur Emploi semblable à l’emploi habituel

Après 18 semaines

70% du salaire horaire antérieur N’importe quel travail pour lequel il est qualifié
Prestataires fréquents Avoir présenté 3 demandes de prestations ou plus au courant des 5 dernières années ET avoir bénéficié de plus de 60 semaines de prestations durant les 5 dernières années

Semaine 1 à 6

80% du salaire horaire antérieur Emploi semblable à l’emploi habituel

Après 7 semaines

70% du salaire horaire antérieur N’importe quel travail pour lequel il est qualifié

 

« À noter, les prestataires occasionnels et fréquents pourront être tenus d’accepter n’importe quel emploi, c’est-à-dire que puisque tout le monde (sauf exceptions liées à la santé) est capable de laver un plancher, et bien si un emploi de laveur de planchers chez McDonald’s est disponible, le prestataire devra postuler et accepter cet emploi, peu importe s’il a une formation de soudeur, de comptable ou d’enseignant. De plus, on précise que si à prime abord le prestataire n’est pas qualifié pour un emploi mais que l’employeur offre une formation en milieu de travail, il se doit de postuler et d’accepter cet emploi.

Exemple : Carole occupait un emploi d’adjointe administrative et gagnait 20$/heure. Malheureusement, elle est mise à pied pour des raisons économiques. Elle reçoit donc des prestations pendant qu’elle se cherche un autre emploi. À mesure que le temps passe, Carole doit modifier ses critères, c’est pourquoi elle n’a pas le choix d’accepter un poste de réceptionniste à 14$/heure. Puisque le poste n’était que d’une durée d’un an, Carole se retrouve encore sur le chômage et doit maintenant accepter tout travail à 70% du salaire qu’elle gagnait comme réceptionniste. Au final, Carole a dû postuler et accepter un poste de caissière dans un supermarché au salaire minimum. »

Face à cette pente descendante les femmes sont un des publics les plus vulnérables. Selon un avis du Comité consultatif femmes[1] « la situation [des femmes] est encore moins avantageuse que celle des hommes. » Les principales raisons :

-          Les salaires des femmes sont systématiquement beaucoup plus bas que ceux des hommes

-          L’accès problématique à l’assurance-emploi (conditions d’admissibilités)

-          Les femmes dans les métiers majoritairement masculins en difficulté

-          Les femmes confinées dans les emplois précaires

Pour en savoir plus consultez l’avis

 

Ainsi, la FFQ en collaboration avec Action travail des femmes, le CIAFT et l’organisation Au bas de l’échelle se lance dans une campagne d’information et de protestation contre ce nouveau système qui tirera la société et surtout les femmes vers le bas.

Plus d’informations de nos actions bientôt sur notre site et notre page Facebook.

Nastasia Deleville



[1] Le Comité consultatif Femmes en développement de la main-d’œuvre, La réforme de l’assurance emploi du Projet de loi C-38 : une réforme qui aggrave les effets discriminatoires du régime existant à l’égard des travailleuses, février 2013

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