18 février 2013

FFQ en bref – Février 2013 – Idle no more (Fini l’inertie) : 5 questions à Melissa Mollen Dupuis

 

Comment est né le mouvement Idle no more ?

Le mouvement a été fondé par quatre femmes de la Saskatchewan : Nina Wilson, Sylvia McAdam, Jessica Gordon et Sheelah McLean.

Ce mouvement s’est créé en octobre dernier, à l’instigation de ces quatre femmes au moment du dépôt du Projet de loi C-45 par le gouvernement fédéral Conservateur. Le projet de loi de plus de 400 pages, maintenant adopté, modifie une panoplie de lois et de règlements. Elles ont organisé des marches, des ‘’Teach-ins’’ sessions d’enseignements et des rassemblements pour protester, entre autres, contre les modifications à la Loi sur les Indiens et à la Loi sur la protection des eaux navigables.

Quelles sont les principales revendications ?

« Entrée en vigueur le 14 décembre 2012,   la loi C 45 ne modifie pas moins de 44 lois fédérales différentes et intervient un an après une autre loi qui modifiait, elle, 70 lois. Ensemble, ces deux lois monstres, appelées lois omnibus, réforment la réglementation sur l’accès aux ressources dans les territoires indiens. Elles remettent notamment en question les droits de la pêche autochtone et facilitent la location des terres de réserve indienne à des tiers. La protection des eaux navigables, qui concernait les millions de lacs et cours d’eau du pays, ne s’applique plus qu’à une liste réduite de 3 océans, 97 lacs et 62 rivières. La loi canadienne sur la protection de l’environnement a par ailleurs été abrogée pour une nouvelle beaucoup moins exigeante vis-à-vis des promoteurs industriels. »[1]

Nous soulignons aussi les problèmes liés à la relation non-respectueuse entre le Gouvernement Conservateur et les autochtones comme étant à la base de la non-résolution de beaucoup des problèmes qui minent la situation de vie des peuples autochtones au Canada. Pauvreté, violences systémiques envers les femmes autochtones, perpétuation de la relation colonialiste…

 

Quelle est l’implication des femmes dans le mouvement ?

Le mouvement à été lancé par des femmes et la majorité des organisatrices au niveau national sont des femmes. Traditionnellement le rôle des femmes était vu comme important et d’égal à égal. L’implantation de la Loi sur les Indiens a créé le système des Conseils de Bande à l’époque et officialisé un mode de Gouvernance masculin, qui était culturellement prévalant dans le milieu blanc de l’époque.

 

Quel lien voudriez-vous créer avec la société québécoise ?

Nous cherchons à créer un lien de solidarité avec la population, car ces politiques fédérales conservatrices qui prennent formes sous les lois omnibus C-38 et C-45 touchent l’entièreté de la population, qu’elle soit autochtone ou non.  La première étape étant de briser ce mur de verre qui nous empêche de coexister d’égal à égal depuis les derniers 400 ans dans le même canot.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous continuons nos démarches de protestation, mais aussi la démarche d’éducation populaire et sociale. Que ce soit dans le cadre d’actions pour l’environnement, les droits autochtones ou la condition des femmes autochtones.

Propos recueillis par Nastasia Deleville


[1]Extrait de l’article : http://www.novethic.fr/novethic/rse_responsabilite_sociale_des_entreprises,sites_et_riverains,les_peuples_autochtones_canadiens_menaces_par_dereglementation_extraction_industrielle,139167.jsp

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