15 février 2013

Dérapage par omission

 

Dans une récente chronique, Marie-Claude Lortie laisse entendre que la FFQ exclurait une femme musulmane du processus des États généraux de l’action et de l’analyse féministes parce qu’elle ne partage pas la même position que la FFQ sur la laïcité. En tant que membres du comité d’orientation des États généraux, nous pouvons vous garantir que c’est faux.

En tant que membres du comité d’orientation, dont les participantes ont des avis variés sur la question de la laïcité, nous pouvons affirmer clairement qu’aucune sélection ne se fait sur la base des idées des participantes, autre que pour s’assurer d’une diversité des points de vue. D’ailleurs à la table où se discute la laïcité, des divergences d’opinions sont exprimées. Information que Madame Lortie a savamment exclue de son texte.

Dans ce grand processus démocratique qui se veut sous le signe du respect, de l’écoute et de l’ouverture, le comité d’orientation a ouvert un appel à candidatures pour la participation aux tables de travail. Qui dit appel de candidatures dit processus de sélection. L’objectif de la sélection : s’assurer d’une diversité de participation (régions, opinions, âge, origine, etc.), s’assurer de l’adhésion de chacune à participer avec respect, écoute, ouverture et s’assurer d’une participation constructive aux travaux. Plus de 95% des candidatures ont été retenues. Si certaines ont été refusées, c’est parce que nous avions des doutes sur la capacité de ces personnes à contribuer à la mise en place d’un environnement de travail  sain, constructif et autant que possible anti-oppressif.

Parler d’exclusion efface la réalité et l’effort des femmes qui participent actuellement au processus des États généraux. Rarement a-t-on vu un processus aussi inclusif de la grande diversité des femmes et des points de vue. Des femmes de plusieurs régions, des Québécoises de toutes origines et des Autochtones, des femmes handicapées, des jeunes et des aînées, des croyantes et des athées, des syndicalistes et des étudiantes y sont très actives. Plusieurs sujets controversés y sont abordés : industrie du sexe, laïcité, oppression entre femmes, désobéissance civile comme moyen d’action, niveau du critique de l’industrie minière… Vous voulez des débats, en voilà.

Enfin, les décisions prises dans le cadre des États généraux relèvent exclusivement du comité d’orientation. Le conseil d’administration de la FFQ n’a aucun rôle à jouer dans les orientations des États généraux même s’il met son équipe au service du processus. Pour nous, cette contribution exceptionnelle de la FFQ constitue plutôt un signe d’ouverture de sa part.

Les membres du comité d’orientation des États généraux :

Blanche Paradis, Alexa Conradi, Claire Aubin, Sylvie Lépine, Isabelle Picard, Sandrine Ricci, Marie-France Benoît, Samira Laouni, Karine Jean-François, Délice Mugabo, Marie-Céline Domingue, Chantal Locat, Leila Bdeir, Katherine Macnaughton-Osler, Nadia Lopez, Lise Gervais, Marie-Eve Duchesne, Danielle Casara, Marie-Eve Duchesnes et Sylvie Mérineau.

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