15 novembre 2012

FFQ en bref Novembre 2012 – Lorraine Leduc, une femme à part entière

 

«Je suis féministe grâce à mon histoire et ma famille, s’enorgueillie Lorraine. Ma mère, ma grand-mère et mon arrière grand-mère étaient féministes. Étant la seule fille de la famille, j’ai entendu parler des luttes menées par les femmes ! poursuit-elle. Adolescente je voyais ma mère se battre pour l’égalité, aujourd’hui je pense que son combat était extraordinaire. »

Lorraine Leduc est une enseignante et professionnelle retraitée du gouvernement du Québec, elle a été militante et travailleuse dans le mouvement des femmes au cours des quarante dernières années. « Lorsque je me suis séparée de mon mari, j’ai très vite ressenti le besoin de m’associer à d’autres femmes. Je suis allée à la Maison des femmes de Baie-Comeau, et là j’ai été emportée par le tourbillon. » C’est non sans peine que Lorraine nous raconte un épisode difficile : « J’ai connu Ginette Desjardins, une ex-collègue de travail de la Maison, tuée par son ex-mari[1]. J’ai vraiment été marquée profondément pour le reste de ma vie. »

À la FFQ, elle devient membre individuelle au début des années 90. « Ma mère est venue vivre à la maison à la même époque. Les revendications de la FFQ pour la paix dans le monde et au Québec me parlaient beaucoup. C’est aussi la période où j’ai lu les ouvrages de Simonne Monet-Chartrand[2], passionnant !».

Au décès de sa mère, Lorraine part vivre à Québec en vue de devenir conseillère syndicale, elle participera aux grands rassemblements féministes : « Pour moi, la Marche du pain et des roses (1995) et les Marches mondiales (depuis 2000) sont un pont merveilleux avec la jeunesse. Les femmes sont arrivées sur la place publique. Moi-même j’en suis une bénéficiaire, j’ai donc la responsabilité de transmettre ça. » Faire le pont avec la nouvelle génération c’est aussi trouver les mots pour se comprendre : « Être jeune femme, être citoyenne, être militante ou simplement étudiante, être travailleuse, être itinérante, être réfugiée, être mère, être en situation de handicap, être rebelle… Tout cela se conjugue au présent et nous rappelle l’importance d’être ensemble, féministes et unies. »

Lorraine a été plus récemment membre du comité exécutif. Elle fait maintenant partie du Comité des femmes handicapées, le dernier-né des comités de travail de notre fédération. « Ce comité est un autre lieu d’affranchissement pour les femmes. C’est important de prendre en compte la réalité de ces femmes, la FFQ a cette volonté d’inclure les femmes et notamment celles en situation de handicap grâce à une approche intersectionnelle. Elle offre un lieu où porter ces préoccupations. »

Aujourd’hui Lorraine est une femme épanouie et comblée. Son combat, continuer à l’être : « j’ai envie d’être bien. Je suis une femme heureuse dans la vie privée avec ma compagne, mais aussi une femme sœur d’hommes qui prennent de l’âge et aussi une femme à la fois mère et grand-mère qui veut partager des moments encore privilégiés avec ces êtres chers. Ce que je souhaite c’est d’être une femme à part entière. »



[1] Ginette Desjardins, victime d’homicide conjugale à l’âge de 45 ans en septembre 86 à Baie-Comeau.

[2] 1919-1993, syndicaliste, écrivaine féministe et pacifiste. C’est une des fondatrices de la Fédération des femmes du Québec. Œuvre en 4 tomes : Ma vie comme rivière.

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