23 janvier 2012
Communiqué de presse

Travailler plus longtemps et s’appauvrir ensuite : Consultation publique sur le vieillissement de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite

 

Montréal le 23 janvier, 2012 –La Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) et le Régime de retraite des groupes communautaires et de femmes participeront aujourd’hui à la Consultation publique sur le vieillissement de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite organisée par le gouvernement du Québec. Les trois organisations dénonceront le fait que les solutions envisagées reposent principalement sur un affaiblissement des régimes de retraite publics et privés. «Ce sont les femmes qui subiront l’impact le plus important des coupures. À cause de leurs salaires plus faibles et leurs responsabilités familiales, elles sont moins capables d’épargner pendant leur vie active. De plus, compte tenu de leur plus longue espérance de vie, elles devront se débrouiller avec moins d’argent pendant plus longtemps» s’insurge Alexa Conradi, la présidente de la FFQ.

« Le gouvernement vient d’augmenter les pénalités actuarielles pour les personnes qui prennent leur retraite avant 65 ans et le rapport qui fait l’objet de la consultation propose de les augmenter encore plus, alors que, sans pénalité les gens sont déjà en train de travailler plus longtemps » explique Ruth Rose, porte-parole du CIAFT. «Ainsi, une personne qui prend sa retraite avant 65 ans recevra moins du RRQ qu’actuellement et une personne qui travaille jusqu’à 65 ans recevra le même montant. En même temps, les employeurs sont en train de mettre fin aux régimes complémentaires à prestations déterminées ou à les rendre moins généreux. Or, ce sont les seuls mécanismes qui permettent aux travailleuses et travailleurs de bien planifier leur revenu à la retraite.»

«À la place le gouvernement propose des instruments qui sont discriminatoires à l’égard des femmes, enchaîne madame Conradi. Les Régimes volontaires d’épargne-retraite (RVER) vantés par le gouvernement ne sont d’autre chose qu’une nouvelle forme de REER (Régimes enregistrés d’épargne retraite). Pour un même montant d’épargne, le revenu que peut en tirer une femme est moindre que ce que recevra un homme, et beaucoup moins que ce qu’elles obtiendraient d’un RRQ bonifié. On demande à la population d’épargner davantage, sans contribution de leur employeur, et de placer leur argent dans des véhicules imprévisibles où l’on peut perdre, du jour au lendemain, une grande partie de ses économies.»

Le rapport propose des mesures pour valoriser le travail des personnes de 55 ans ou plus, des programmes de formation ou d’aide à la recherche d’emploi pour les travailleurs qui ont perdu leur emploi. «Toutefois, insiste madame Rose, le gouvernement ne tient pas compte de la réalité des femmes, de la plus grande précarité de leurs emplois et du manque de débouchés pour les femmes peu scolarisées, » poursuit madame Rose.

Par ailleurs, le gouvernement a écarté la meilleure façon d’assurer une retraite juste pour les femmes et les jeunes : la bonification du régime public. Les trois organismes féministes appellent à un véritable débat public sur l’avenir de la retraite à la place des six comités qui mènent, largement à huis clos, des travaux pour transformer notre système de retraite à la faveur des institutions financières et au détriment de la population.

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Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le mémoire en pièce jointe.
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