6 décembre 2011
Communiqué de presse

Polytechnique, 22 ans plus tard : Un rassemblement pour rappeler que la violence envers les femmes continue d’exister

 

Montréal, le mardi 6 décembre 2011 – Cette année marque le 22e anniversaire de la tuerie de l’École Polytechnique où, le 6 décembre 1989, 14 femmes ont été assassinées parce qu’elles étaient des femmes. Le Comité organisateur de la campagne des 12 jours d’actions pour l’élimination de la violence envers les femmes tient aujourd’hui un rassemblement public de commémoration réunissant des dizaines de personnes devant le Palais de justice de Montréal. Les participant-es au rassemblement ont apporté des rubans blancs ou pancartes où sont inscrits des solutions pour faire cesser la violence envers les femmes.  L’événement a pour but de rappeler que malgré le mythe de l’égalité déjà atteinte, la violence sexiste est toujours un problème social majeur et que le mouvement féministe propose plusieurs solutions pour y mettre fin. Plusieurs autres activités ont lieu ailleurs au Québec et au Canada.

L’égalité impossible tant que la violence envers les femmes existe

La lutte contre la violence envers les femmes que les organisations féministes mènent depuis plusieurs années a amené la société québécoise à reconnaître l’existence de cette réalité et à prendre des mesures pour la contrer. Mais, Eve-Marie Lacasse, de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et co-porte-parole du Comité organisateur, rappelle que malgré cela, la violence envers les femmes est encore trop répandue. « On en parle bien peu, mais la violence subie par les femmes est toujours un fléau, et elle devrait faire l’objet d’une mobilisation majeure, qui déborde du mouvement des femmes » s’insurge madame Lacasse. « Encore aujourd’hui, trop de femmes meurent assassinées par des hommes. Trop souvent, on ne croit pas les femmes, on banalise ce qu’elles vivent, on excuse les hommes… Tant que toutes ces attitudes et ces préjugés à l’égard de la violence sexiste perdureront, une réelle égalité femmes-hommes est impossible » continue-t-elle.

Les luttes contre les violences envers les femmes dans un contexte de droite

Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, co-porte-parole du Comité organisateur, souligne aussi : « Les efforts de lutte contre les violences envers les femmes se heurtent à  un contexte politique et social hostile où les forces conservatrices sont de plus en plus présentes et dominantes ». Au nom de la sécurité, le gouvernement conservateur propose plus de répression, comme le projet de loi C-10 qui préconise de punir après le fait, mais il néglige les actions qui permettraient d’éviter la commission des agressions. « Par contre, quand, au nom de la sécurité des femmes, on lui demande de ne pas démanteler le contrôle des armes à feu au Canada, il fait le contraire. Quel message cela lance-t-il aux femmes qui vivent de la violence au quotidien? » se désole madame Riendeau.

« La violence continue à briser des vies, même si elle  n’a pas toujours l’aspect spectaculaire du geste quatorze fois meurtrier de Marc Lépine en 1989. Le silence et la tolérance doivent cesser », termine madame Lacasse.

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Catherine Duplantie, Relations médias, LCOM Communication, cduplantie@lcom.qc.ca,514-393-3178, poste 202, cellulaire: 514-825-2553.

Commentaires

Un commentaire sur “Polytechnique, 22 ans plus tard : Un rassemblement pour rappeler que la violence envers les femmes continue d’exister”

  • Yolande N. dit :

    Merci Madame Duplantie!

    J’étais entrain de terminer un texte sur la commémoration du drame de la polythechnique, quand arrive une autre tuerie aux États-Unis qui me touche comme tout le monde, parce que ce sont surtout des enfants…quelques adultes dévoués, un homme armé et une femme, une mère, dont la vie sera scrutée à la loupe…

    Voici un texte que cette commémoration m’a inspiré :

    À la mémoire de 14 femmes violentées sauvagement
    et de toutes les étoiles filantes de notre monde, disparues trop vite, trop tôt…

    Dans notre main brûle une chandelle
    en la mémoire de chacune d’elles
    assassinée par un homme armé
    un crime envers la Femme et l’humanité

    Leur lumière s’est éteinte trop tôt,
    laissant leurs proches dans le chaos.
    Une colère se répand comme leur sang,
    une révolte entraîne une vague de changement.
    De la création de garderies publiques
    au droit à l’avortement,
    des femmes revendiquent
    l’ égalité sur tous les plans.

    Elles ne sont pas mortes en vain
    ces anges ont tracé le chemin…
    de la liberté, de l’allégresse
    de milliers de femmes en détresse.

    Aujourd’hui des cris du cœur
    se dé-voilent avec ardeur,
    en souvenir de chacune d’elles,
    pour dénoncer la violence actuelle.

    « Je dis non à l’intimidation
    à l’humiliation, à la discrimination
    à la traite des femmes de tout âge
    au parrainage en forme de cage »

    « Je dis non à la prostitution forcée
    aux châtiments et aux préjugés.
    Non au travail sous-payé,
    à mes revendications ignorées…. »
    …à mes droits durement gagnés,
    et sans cesse bafoués… »

    « Mon corps n’est pas une machine
    à enfanter ou à vendre des magazines
    à frapper, violer, mutiler, briser à mort
    comme le veut la loi du plus fort …»

    « J’ai le droit à ma place au soleil
    J’veux étudier, rêver de merveilles,
    choisir d’aimer qui me plaît,
    réaliser tous mes projets… »

    Plus qu’une colonne de statistiques,
    je suis à la fois unique et cosmique.
    Ma rage rejoint la lutte des braves,
    ma voix s’unit à celles qui savent…

    Je ne suis pas une super héroïne
    qui éloigne les siens de la famine,
    à la fois mère, père,
    femme de ménage et secrétaire….

    On me juge, on me menace,
    on me culpabilise en masse.
    Si mon enfant commet une bavure,
    on m’évalue à la dure.
    On est doublement sévère
    vis-à-vis mes revers,
    parce que je suis une « elle »…
    que je fais trop de zèle…
    et je ne sais quoi encore? bordel!

    Si je réclame de baisser les armes,
    on accuse ma sensibilité de Femme.
    Si j’ose me défendre, crier, me prosterner,
    on me traite de féministe enragée.

    Je lutte avec mes sœurs,
    contre les crimes d’honneur,
    pour l’éducation de nos enfants,
    dans l’équité et l’enchantement.

    Conservons nos gains avec fierté,
    soyons vigilantes en toute heure,
    pour assurer la continuité,
    d’un monde toujours meilleur.

    Des âmes se sont apaisées,
    par des cris du cœur dé-voilées,
    à la lumière de progrès importants,
    et de paroles d’engagements.

    L’Amour est un art à cultiver
    minutieusement et justement,
    avec discernement et générosité,
    pour une paix véritable
    qui défie les limites du temps…

    Merci de votre attention!