28 novembre 2011

Aidez à maintenir le registre des armes à feu

 

Appel à l’action  de la Coalition pour le contrôle des armes

Le projet de loi fédéral C-19 sur l’abolition du registre des armes d’épaules pourrait être déposée au Sénat dès cette semaine, soit le 1er décembre.

La Coalition pour le contrôle des armes, avec qui travaille étroitement la Fédération des femmes du Québec, lance un dernier appel aux citoyennes, citoyens et organismes pour éviter que le gouvernement conservateur démantèle le contrôle des armes au Canada.

Nous nous sommes présentement dans la campagne des 12 jours d’actions pour l’élimination des violences envers les femmes. Il faut en profiter pour agir avant que cet outil important pour la prévention de la violence envers les femmes ne disparaisse !

La violence, et particulièrement la violence par arme à feu, affecte toujours un nombre trop élevé de femmes. Selon une étude de Statistique Canada de 2010 sur la violence familiale, en 2009, 22 % des victimes de violence conjugale ont dit avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées à l’aide d’une arme à feu ou d’un couteau.  Au Québec, de 1997 à 2006, les armes à feu ont été le moyen utilisé dans presque le tiers (32 %) des homicides conjugaux et familiaux[i], alors qu’au Canada, elles ont été à l’origine de près du quart (23 %) des homicides entre conjoints entre 2000 et 2009.

On ne peut que constater que le contrôle sur toutes les armes à feu fonctionne, car globalement, le nombre d’homicides avec fusil de chasse ou carabine a diminué de 41% depuis 1995, alors que le nombre d’homicides sans arme à feu n’a chuté que de 6%.  La Loi sur les armes à feu a conduit à d’importants progrès en diminuant notamment le nombre d’agressions armées dans un contexte de violence conjugale ou familiale. Ainsi, le nombre de meurtre de femmes tuées par balle a chuté de près de 50%, passant de 43 en 1995 à 22 en 2008.

C’est au nom du droit des femmes à vivre dans un climat exempt de violence que nous vous demandons de prendre connaissance de l’appel de la Coalition et à réagir. Il est minuit moins cinq!

Plus d’informations plus bas.


Urgent: Aidez à préserver la mémoire des victimes de Polytechnique

Cher(e) ami(e) de la Coalition pour le contrôle des armes,

Vingt-deux années se sont écoulées depuis qu’un homme armé d’une carabine d’assaut a assassiné 14 femmes et en a blessé plusieurs autres à l’École Polytechnique le 6 décembre 1989.

Les survivants et les amis et familles des victimes se sont battus pour que soit promulguée la Loi sur les armes à feu, considérée comme un monument à la mémoire des victimes.

Ces dernières années, ces survivants, amis et familles des victimes ont mené une fois de plus la bataille en défense de nos acquis en matière de contrôle des armes. Nathalie Provost, blessée cette journée-là, a témoigné devant le comité parlementaire la semaine dernière pour s’opposer au projet de loi C-19. Elle a affirmé que

« Les armes d’épaule sont dangereuses. Je ne le sais que trop bien. [...] Ainsi, par respect pour la mémoire des victimes d’armes d’épaule, dont les 14 victimes de Polytechnique, et par compassion pour toutes les personnes qui, comme moi, ont ressenti dans leur chair la brûlure de la poudre à fusil, pourriez-vous, mesdames et messieurs les politicien(ne)s conservateurs, cesser de prétendre que les armes d’épaule ne constituent pas un problème en lien avec la criminalité?» Cliquez ici pour lire un article par La Presse Canadienne sur son témoignage devant le comité parlementaire sur le projet de loi C-19.

Encouragés par leur victoire électorale, les Conservateurs ont été plus loin que jamais ce 25 octobre en déposant un projet de loi qui éliminera non seulement l’obligation d’enregistrer les carabines et les fusils de chasse, mais qui démantèlera également des mesures instiguées en 1977. Le projet de loi C-19, qui pourrait être envoyé au Sénat dès le 1er décembre vise à :

  • Éliminer l’obligationd’enregistrer les carabines et les fusils de chasse, dont le Ruger Mini-14, une puissante arme semi-automatique utilisée à l’École Polytechnique et lors de la récente fusillade en Norvège;
  • Éliminer l’obligation de vérifier la validité des permis lors de la vente ou du transfert d’armes à feu;
  • Détruire les données concernant les 7,1 millions d’armes d’épaule présentement enregistrées, rendant ces armes « invisibles » puisqu’elles ne pourront plus être retracées jusqu’à leur propriétaire;
  • Éliminer l’obligation pour les marchands d’armes de garder des traces de ventes, une exigence qui est en place depuis plus de 30 ans et qui est essentielle afin de permettre le traçage des armes à feu;
  • Détruire un outil utilisé par les policiers pour retirer les armes à feu d’entre les mains d’individus dangereux, pour appliquer les ordonnances d’interdiction et pour entreprendre des actions préventives.
Vous pouvez faire trois choses cette semaine pour appuyer les familles dans leur lutte pour préserver la mémoire de leurs filles assassinées lors de la tuerie de l’École Polytechnique:

  1. Distribuez ce prospectus au sein de vos réseaux.
  2. Téléphonez ou écrivez aux députés fédéraux immédiatement. Lors du vote de deuxième lecture du projet de loi C-19, tous les députés conservateurs ainsi que les députés néo-démocrates Bruce Hyer et John Rafferty ont appuyé le projet de loi. Tous les Québécois et les Canadiens devraient se faire entendre. Cliquez ici pour obtenir les coordonnées des députés. À date, les députés de l’opposition n’ont pas été particulièrement bruyants et les médias ont été plutôt complaisants.
  3. Veuillez également communiquer avec votre député(e) provincial ainsi qu’avec le bureau de votre Premier ministre (provincial) afin de leur demander de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme au projet de loi C-19 et pour sauver les données concernant les 7,1 millions d’armes d’épaule qui sont déjà enregistrées.   Seuls les élus du Québec se sont clairement positionnés en défense du registre et pour la sauvegarde des données, mais les autres provinces, particulièrement l’Ontario, ont besoin de se positionner en appui à la sécurité des femmes et la sécurité publique.
La position des experts en sécurité publique sur le projet de loi C-19

Alors que les experts oeuvrant en sécurité publique et des femmes, en santé publique et en prévention du crime s’opposent au projet de loi C-19, le gouvernement expédie chaque étape de la procédure parlementaire afin de faire adopter son projet de loi en toute vitesse pour empêcher un examen détaillé de son effet sur la sécurité publique et sur nos obligations internationales.

Un contrôle efficace des armes à feu est une première étape dans la lutte pour éliminer la violence envers les femmes, et ses deux éléments constitutifs (l’attribution de permis à tous les propriétaires et l’enregistrement de toutes les armes à feu) sont primordiaux. Les carabines et les fusils de chasse demeurent le type d’armes le plus répandu au pays, ces armes sont donc celles qui sont le plus souvent utilisées dans les cas de violence conjugale. Les intervenantes dans les maisons d’hébergement pour femmes violentées, particulièrement en régions, attestent de l’utilité du registre des armes à feu puisqu’il permet de retirer les armes d’entre les mains d’individus dangereux, renforçant la sécurité des femmes et des enfants vivant en situation de précarité ou de violence.

Merci de nous aider rapidement!

La Coalition pour le contrôle des armes

Mots-clés :
Luttes : Violence

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