27 mai 2011
Communiqué de presse

Nomination de Ruth Rose à l’Odre national du Québec – Félicitations!

 
Communiqué
pour diffusion immédiate

Montréal, le 26 mai 2011- C’est avec fierté et émotion que le conseil d’administration et l’équipedu Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) s’unissent afin de félicitersa présidente, Madame Ruth Rose, pour sa nomination à titre de Chevalière de l’Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par le gouvernement québécois à ses citoyennes et citoyens émérites.

Native des États-Unis où elle a fait ses études à l’Université de Chicago et l’Université deCalifornie à Berkeley, Madame Rose a été pendant trente-cinq ans professeure de scienceséconomiques à l’Université du Québec à Montréal, institution à laquelle elle demeure toujoursassociée aujourd’hui.

Elle est l’économiste qui a joué le rôle le plus décisif dans la transformation des conditions de viedes femmes au Québec depuis les années 70, « l’une des économistes québécoises les plusintéressantes de notre époque », comme l’indiquait récemment la Revue Vie économique dans unportrait qui lui était dédié. Le mouvement des femmes québécois a pu la voir à l’oeuvre tant defois : ses recherches sur le financement des services de garde à partir de 1978 ont contribué à lamise en place de la politique d’accès universel en 1997; elle est l’oreille des mèresmonoparentales et des jeunes familles lors de l’écoute des budgets, des proches aidantes dans lareconnaissance de leur contribution et leur lutte contre l’appauvrissement, des femmes seulesâgées quand il est question des retraites, des aides familiales dans leur lutte pour l’améliorationde leurs conditions de travail et des travailleuses non syndiquées dans leur droit à l’équitésalariale.

L’une de ses contributions les plus importantes a sans doute été une analyse qui a permis demettre en lumière des anomalies majeures survenues à la suite de coupures dans les diversprogrammes de soutien aux familles. Cette proposition a servi de modèle au gouvernement du Québec pour l’élaboration en 2005 de la mesure Soutien aux enfants et Prime au travail. Elle amis un terme aux compressions imposées aux familles bénéficiaires de l’aide sociale qui ont alorsvu leur revenu augmenter pour la première fois depuis 1993.

Madame Rose est capable de traduire les revendications des groupes et individus désavantagéspar certaines dispositions des systèmes fiscaux en une analyse rigoureuse autour de propositionsconcrètes, toujours en s’assurant de démontrer l’impact différencié selon le genre. À plusieursreprises, les gouvernements ont reconnu son expertise. Mentionnons sa participation au grouped’étude sur la garde des enfants (Groupe Katie Cooke), mis sur pied sous l’égide de Conditionféminine Canada, qui a produit son rapport percutant en 1986. En 1996, elle fut nommée membrede la Commission sur la fiscalité et le financement des services publics du Québec. Elle siègeactuellement au Conseil de gestion du Régime québécois d’assurance parentale et au Comitéconsultatif des partenaires de la Commission de l’équité salariale, les deux à titre de représentantedes travailleuses non syndiquées sur recommandation des groupes de femmes.

Sur le plan international, elle a été co-chercheure d’un rapport commandité par l’UNESCO sur ladémocratisation de l’éducation en 1978, déléguée du Canada à une conférence d’experts sur lesfamilles monoparentales et les politiques sociales en 1987 et invitée par l’Office international dutravail pour présenter un atelier sur les femmes et la retraite à Turin en 2009.

Son apport est particulièrement remarquable en cela qu’elle a su constamment allier enseignementuniversitaire et lutte contre les inégalités sociales en accompagnant les groupes de femmes, lesorganisations communautaires et les syndicats dans leurs revendications pour l’avancement del’autonomie économique des femmes. Outre sa participation à l’Institut de recherche et d’étudesféministes (IREF) – elle a été coordonnatrice de son prédécesseur, le GIERF, entre 1984 et 1986 -elle a été membre fondatrice de Relais-femmes et instigatrice de la signature d’un protocoled’entente entre Relais-femmes et l’UQÀM en 1982. Cette implication témoigne d’une méthodede travail innovante et d’un souci de donner accès aux ressources et aux savoirs universitaires àdes personnes et à des groupes qui traditionnellement n’y ont pas accès, constituant ainsi unformidable outil de démocratisation du savoir, d’accessibilité et de mobilisation de connaissancespour le changement social.

Elle fut également récipiendaire du Prix Muriel Duckworth décerné par l’Institut canadien derecherche et d’études féministes (ICREF) et du Prix Idola Saint-Jean décerné par la Fédérationdes femmes du Québec (FFQ).« Pour moi, cette reconnaissance n’est pas principalement pour moi comme individue, mais plutôtune reconnaissance d’une part du mouvement des femmes et de son importance dans la viepolitique, sociale et culturelle du Québec, et d’autre part de la collaboration universitairecommunautairequi a été rendue possible par la politique des services aux collectivités del’Université du Québec à Montréal et qui, elle aussi, a fait des bébés partout au Québec et auCanada. », souligne, avec l’humilité qui la caractérise, Mme Rose.

Le CIAFT désire la remercier au nom du mouvement des femmes du Québec pour sonintelligence, sa présence, son calme impassible et sa liberté d’être qui sont si inspirants pour noustoutes et tous.

Les récipiendaires recevront leur insigne des mains du premier ministre à l’occasion d’unecérémonie solennelle qui se déroulera à l’hôtel du Parlement, le 15 juin 2011.

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Source : Nathalie Goulet, directrice, CIAFT

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