24 août 2010
Communiqué de presse

Le gouvernement écarte le chef du programme d’enregistrement des armes d’épaule

 

Ottawa, le 23 août 2010

Mettre à l’écart le chef du Programme canadien des armes à feu à quelques semaines d’un vote à la Chambre des communes visant à détruire le registre des armes d’épaule constitue un effort éhonté pour mettre fin au débat, affirme la Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne.

Le surintendant principal à la GRC, Martin Cheliak, directeur du Programme canadien des armes à feu, a été démis de ses fonctions en août et envoyé en formation linguistique intensive. Mercredi, la GRC a confirmé que M. Cheliak sera remplacé.

La Chambre des communes reprendra ses travaux le 20 septembre. Le 22 septembre, elle votera une motion qui pourrait étouffer le projet de loi C-391 de Candice Hoeppner d’abroger le registre des armes d’épaule. Cette motion est fondée sur un rapport du Comité de la sécurité publique et nationale (SECU). Dans une présentation de mai 2010 au SECU, le surintendant principal à la GRC, Martin Cheliak, a démontré hors de tout doute que le registre des armes d’épaule devait être maintenu, en évoquant des questions de sécurité publique, la diminution des coûts du registre, l’accroissement de son efficacité et l’augmentation rapide de son utilisation par la police.

Durant l’année où il a été directeur du Programme canadien des armes à feu, M. Cheliak a eu le mérite d’avoir fait du registre des armes d’épaule une base de données efficace et utile tout en diminuant les coûts annuels à 4,1 millions de dollars. M. Cheliak a également cherché à rassembler les appuis des services de police canadiens en faveur du registre. L’annonce du remplacement de M. Cheliak survient quelques jours avant la présentation d’un rapport important qu’il devait donner sur l’efficacité du registre des armes d’épaule à une réunion de l’Association canadienne des chefs de police.

« Il est effectivement étrange de voir un gouvernement qui parle de loi et d’ordre non seulement ignorer, mais même étouffer l’information provenant de la force nationale de police du Canada », déclare Mary Scott, membre de la Coalition spéciale et présidente du Conseil national des femmes du Canada (CNFC). « Ce gouvernement se débarrasse du chef du programme d’enregistrement des armes d’épaule quelques semaines avant un vote crucial sur le projet de loi C-391, de la même façon qu’il a mis au rancart le rapport annuel du Programme canadien sur les armes à feu avant le vote à la Chambre des communes en novembre dernier. Le rapport que devait présenter M. Cheliak aux chefs de police doit être rendu public avant que tout vote soit recueilli au Parlement. »

En moyenne, la police consulte le registre plus de 14 000 fois par jour, et ce, avant, pendant et après les crimes. Les décès causés par les armes ont chuté du tiers depuis la mise en œuvre du registre. Les morts attribuables aux armes d’épaule, particulièrement les homicides de femmes par des membres de leur famille, ont chuté encore plus brusquement. Si le projet de loi C-391 devient une loi, sept millions d’enregistrements d’armes d’épaule seront détruits.

Ce sont les femmes qui seront les grandes perdantes si le registre des armes d’épaule est abandonné. Lorsqu’elle reçoit des appels pour violence conjugale, la police utilise le registre pour voir si une arme d’épaule se trouve sur les lieux. D’après les statistiques du Comité d’étude sur les décès dus à la violence familiale, en 2007, des armes à feu ont été utilisées dans 47 % des homicides familiaux. Une femme est 12 fois plus susceptible d’être assassinée si une arme est présente lors d’un incident de violence conjugale, et les armes les plus couramment utilisées dans ce type de violence sont les armes d’épaule et non les armes de poing.

« Le registre des armes est essentiel si nous voulons empêcher la mort de femmes aux mains de leurs agresseurs. Si le registre des armes d’épaule est détruit, les taux d’homicide familial reviendront aux niveaux des années 1990. Un registre des armes d’épaule empêche les retards dans les enquêtes policières avant, pendant et après un crime », affirme Paulette Senior, membre de la Coalition spéciale et directrice générale de YWCA du Canada.

« La sécurité du public et des femmes doit passer avant la politique », déclare Claire Tremblay, coordonnatrice de la Coalition spéciale. « L’accumulation de points politiques dans le but d’avoir le dessus sur un petit groupe aux dépens de la sécurité est tout simplement inacceptable. »

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La Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne est un groupe de coordination national qui représente 37 organisations canadiennes dédiées à la défense des droits des femmes. Pour de plus amples renseignements sur la Coalition spéciale, veuillez visiter le www.womensequality.ca ou www.egalitedesfemmes.ca.

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