9 août 2010

Jésus serait-il excommunié aujourd’hui ? – communiqué de l’ARPF

 

La Congrégation pour la doctrine de la foi a rendu publiques le 15 juillet dernier les nouvelles Normes sur les délits les plus graves. Pour l’Association des religieuses pour la promotion des femmes (ARPF), membre de la FFQ, il était temps que les autorités ecclésiastiques sanctionnent les abus sexuels commis par des clercs sur des personnes mineures. Mais elles constatent avec indignation que, dans cette mise à jour des Normes, le Saint-Siège met sur un même pied le crime de la pédophilie et l’ordination sacrée d’une femme, punissant d’excommunication majeure tant la femme qui est ordonnée que celui «qui attente de lui conférer l’ordre sacré». Cette interdiction répétée au sujet de l’ordination des femmes manifeste de nouveau la misogynie de l’institution ecclésiale catholique. Comment comprendre un tel rejet ? L’argument d’autorité est le seul qui semble s’imposer. Enraciné dans une interprétation sclérosée de la tradition, le Vatican continue d’adopter une attitude totalitaire et discriminatoire envers plus de la moitié des membres de la communauté ecclésiale. Pourtant, l’Évangile montre que Jésus reconnaît des femmes comme ses disciples. Pour lui, les femmes et les hommes sont des êtres égaux. En conséquence, l’appel au ministère n’est pas conditionnel au genre. Un des plus beaux témoignages de la considération et de l’acceptation des femmes comme des personnes égales survient après la résurrection de Jésus. Il envoie Marie-Madeleine, qui le reconnaît comme son Maître, annoncer la bonne nouvelle aux autres disciples. Des rapports nouveaux ont été instaurés par le prophète de Galilée. Partageant ce projet de Jésus pour une humanité égale en dignité, l’Association des religieuses pour la promotion des femmes dénonce les interdits qui n’ont rien à voir avec l’Évangile et affirme le droit à un statut ecclésial plénier pour les femmes dans l’Église. Notre foi en l’Esprit de liberté permet d’espérer le jour du renversement des lois et des censures qui empêchent actuellement les femmes d’exercer leur charisme baptismal au même titre que les hommes, au nom de cette même fidélité à l’Évangile. La coordination nationale de l’Association des religieuses pour la promotion des femmes (ARPF) : Monique Dumais, Céline Beaulieu, Louise Bégin, Marie-Paule Lebel 27 juillet 2010

Mots-clés :
Luttes : Discrimination

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