9 juillet 2010

Une convention internationale pour protéger les travailleuses domestiques en voie d’être adoptée

 

Le travail domestique emploie des millions de personnes dans le monde, en grande majorité des femmes. C’est un travail dit « invisible » : il se déroule derrière les portes closes des maisons privées, échappe aux conditions normales de régulation de l’emploi (contrat, salaire, description des tâches, horaire, services d’inspection des normes du travail, etc.), il a recours à une main d’œuvre non syndiquée avec un pouvoir de négociation très limité, et emploie à 90% de femmes et de fillettes qui effectuent un travail sous-payé, voire gratuit. Abus, exploitation, harcèlement et agressions diverses sont chose courante, en particulier pour les enfants et les travailleuses migrantes.

Or, bonne nouvelle, le 11 juin dernier, après d’intenses négociations, les pays membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont  décidé de rédiger une nouvelle Convention internationale pour protéger les travailleuses domestiques. Fruit du travail acharné de groupes de femmes et de syndicats de plusieurs pays, cette convention vise à établir les droits du travail minimums pour les travailleuses domestiques et à reconnaître le travail domestique comme un VRAI travail, normé (par exemple en établissant l’ âge minimum d’embauche à 15 ans).

Il s’agit d’une avancée importante pour des femmes dans de nombreux pays, incluant le Canada où les travailleuses domestiques (ou aides familiales) sont confrontées à un manque de reconnaissance et au Programme des aides familiales résidentes (PAFR) qui empêche l’exercice de leurs droits les plus fondamentaux. Un autre exemple : au Québec, ces travailleuses ne sont toujours pas couvertes par la CSST (voir un blog sur le sujet: http://www.ffq.qc.ca/2010/06/le-travail-domestique-nest-pas-un-vrai-travail/ ).

Mais la Convention ne sera votée que l’an prochain. Elle devra alors être adoptée par une majorité des deux tiers de délégués qui représentent les gouvernements, les employeurs et les syndicats des 183 États membres de l’Organisation internationale du travail (OIT). La mobilisation doit donc se poursuivre pour que cette convention soit signée et pour qu’elle soit appliquée au Québec comme au Canada !

Pour plus d’informations sur les travailleuses domestiques ou aides familiales, nous vous invitons à consulter les documents ci-joints sur la situation des aides familiales au Québec/Canada d’un groupe de travail dont la FFQ fait partie.

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