12 juillet 2010

Pour le respect des droits des peuples autochtones

 

Dans la série : « En prévision du rendez-vous de la Marche cet automne », voici maintenant des éléments du Cahier des revendications produit par la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (Avril 2010) à propos des peuples (et plus particulièrement les femmes) autochtones dont nous avons eu l’occasion d’entendre parler dans les médias à l’occasion des 20 ans de la crise d’Oka :

 

Les peuples autochtones sont parmi les communautés les plus vulnérables et les plus pauvres de la société, non pas seulement au Canada, mais partout dans le monde. Un racisme profondément enraciné, des lois discriminatoires et une longue histoire de marginalisation et de dépossession ont privé les peuples autochtones de leur propre choix de vie et dépouillé les communautés des terres et ressources sans lesquelles leur économie ne peut être viable ni leur mode de vie assuré. À cet égard, nous souhaitons rappeler le fait que les peuples autochtones au Canada sont toujours sous tutelle de la Loi sur les Indiens qui comporte encore aujourd’hui des clauses discriminatoires envers les femmes autochtones (voir l’affaire McIvor v. Canada où la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a statué en avril 2009 que la Loi sur les Indiens était discriminatoire à l’égard des femmes en ce qui a trait à l’inscription des « Indiens »).

 

L’appui international éloquent à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, fruit de vingt ans de travaux réalisés par les peuples autochtones et le système des Nations Unies (adoptée le 13 septembre 2007 par 143 pays au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies) est un pas en avant important pour contrer la discrimination et le racisme qui sont très répandus et qui menacent la survie et le bien-être de plus de 300 millions d’autochtones du monde entier.

 

Le processus menant à l’adoption de la Déclaration à l’Assemblée générale de l’ONU affirme clairement que les peuples autochtones ne peuvent être privés arbitrairement du droit à l’autodétermination, reconnu en droit international comme un droit universel de tous les peuples. La Déclaration affirme également divers droits tant collectifs qu’individuels concernant notamment les terres, territoires et ressources, qui sont essentiels à l’identité culturelle des peuples autochtones et l’exercice de leurs droits fondamentaux de la personne.

 

Plus particulièrement en ce qui a trait aux femmes autochtones et leur famille, la Déclaration affirme le droit à l’égalité et à la non-discrimination et demande aux États d’instaurer des mesures pour veiller à ce que les femmes et les enfants autochtones soient pleinement protégés contre toutes formes de violence. La Déclaration est donc particulièrement importante à cet égard en établissant des standards minimums de respect des droits collectifs et libertés individuelles des peuples autochtones, et plus particulièrement des femmes et enfants autochtones étant principalement touchés par les questions de violence familiale. La Déclaration ne crée pas de nouveaux droits.

 

Malheureusement, pour les peuples autochtones d’ici, la victoire que représente l’adoption de cet important texte est viciée par l’attitude du Canada qui refuse toujours de ratifier la Déclaration sans conditions (le Canada est l’un des 4 pays ayant voté contre la Déclaration).

 

C’est pourquoi, avec les femmes autochtones du Québec, nous revendiquons que le Canada signe la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et mette en œuvre les droits qui y sont contenus avec une attention particulière sur les droits des femmes et des enfants autochtones.


Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter la section suivante de notre site :

 http://www.ffq.qc.ca/luttes/marche-mondiale-des-femmes/champs-daction/revendications-et-outils-3/

Cet été,  en prévision du rendez-vous de la Marche cet automne, la FFQ mettra périodiquement de l’avant diverses préoccupations et revendications de la Marche mondiale des femmes sur le site Internet. 

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