16 juillet 2010

Parce que toute violence envers les femmes est à dénoncer !

 

Avec l’encre qui a coulé ces derniers temps à propos de la violence envers les femmes notamment via les cas de « crimes d’honneur », nous en profitons pour réitérer que toute violence envers les femmes est à dénoncer. Afin de vous présenter quelques visages au Québec, au Canada et ailleurs en 2010 de la violence envers les femmes, nous vous présentons des extraits du Cahier des revendications produit par la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (Avril 2010) : 

Nous revendiquons que le gouvernement du Québec mette en place des mesures concrètes pour prévenir et lutter contre les violences envers les femmes, notamment l’hypersexualisation et la marchandisation du corps des femmes, en commençant par :

©  légiférer en matière de pratique publicitaire;

©  mettre en place des cours spécifiques d’éducation à la sexualité dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes.

On constate de plus en plus la sexualisation de notre espace public. Les médias, les moyens de communication dont Internet, les publicités, les téléréalités banalisent la sexualité et proposent des contenus sexistes. La pornographie devient une référence en matière de publicité et de mode. Elle définit des modèles de relations entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes. Évidemment, ce sont les femmes qui sont principalement ciblées, mais les hommes n’y échappent pas non plus.

Les filles et les femmes sont utilisées comme des objets pour mousser la vente de produits. On chosifie – on transforme en objet – le corps des filles et des femmes pour vendre un produit. Pour faire la promotion d’un produit, souvent les entreprises :

¨      utilisent le corps des femmes, le charcute, le positionne dans des postures suggestives, de soumission, de séduction;

¨      exhibent le corps féminin, souvent peu vêtu, sans rapport avec le produit vendu;

¨      proposent un modèle unique de beauté auquel peu de femmes correspondent;

¨      accentuent les stéréotypes, on la suggère soumise, femme enfant, femme fatale; et lui, une bombe sexuelle, sur de lui, tombeur et dominateur.

Nous sommes constamment bombardées dans l’espace public d’images qui font la promotion de rapports inégalitaires entre les femmes et les hommes et même de l’infériorisation des femmes. La publicité sexiste est le porte-étendard de l’hypersexualisation et du contenu sexiste.

Ces publicités renforcent les stéréotypes contre lesquels nous nous battons depuis des lunes, stéréotypes qui alimentent les inégalités entre les femmes et les hommes. Elles nourrissent le mépris, condition propice à la violence envers les femmes, c’est pourquoi ce genre de publicité est inacceptable.

Malgré la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et la Charte canadienne des droits et libertés, force est de constater que le sexisme en matière de publicité persiste toujours! Ni lois, ni règlements n’interdisent ces attaques à l’intégrité. Cette discrimination faite aux filles et aux femmes a pourtant des conséquences sur leur santé physique et psychologique et sur les violences dont elles sont victimes.

Certes, l’adoption en octobre 2009 de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée constitue un pas dans la bonne direction. Cependant, elle ne saurait constituer l’unique stratégie gouvernementale pour lutter contre l’ensemble des manifestations sexistes de notre société. Le gouvernement doit aller plus loin. Il doit agir efficacement!

Plusieurs groupes de femmes travaillent au quotidien dans l’objectif de créer un environnement non sexiste. Malgré un travail colossal de ces groupes, le sexisme perdurera s’il n’y a pas un engagement ferme de la part du gouvernement d’encadrer légalement les pratiques publicitaires. Les femmes du Québec en ont assez!

C’est pourquoi nous revendiquons que le gouvernement du Québec légifère en matière de pratique publicitaire.

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En matière d’éducation à la sexualité dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes.

Les médias, l’école et les modèles parentaux contribuent tous à la socialisation des jeunes en matière de sexualité. En quête d’identité, les jeunes filles et les jeunes garçons subissent une pression énorme à se conformer aux styles et aux attitudes qui les entourent.

Depuis l’abandon des cours spécifiques d’éducation à la sexualité, l’éducation à la sexualité à laquelle nos jeunes ont accès est, d’abord et avant tout, celle contenue dans les médias, sur Internet et dans les magazines.

Pourtant, l’éducation sexuelle à l’école fournit aux jeunes une occasion de développer un rapport critique face à la sexualité sexiste et stéréotypée qui leur est proposée dans les médias de masse. Elle peut être l’occasion de mobiliser les jeunes dans une réflexion autocritique quant à la nature de leurs comportements et attitudes sexuels. Pour les féministes, les cours d’éducation à la sexualité représentent le contexte idéal pour aborder les sujets tels les rapports égalitaires et respectueux et les stéréotypes sexuels et hétéronormatifs.

On doit s’assurer que nos jeunes reçoivent des cours d’éducation à la sexualité dans une perspective d’égalité entre les femmes et les hommes, exempts de sexisme et d’hétérosexisme. C’est de cette façon qu’elles et ils pourront développer une meilleure estime de soi, leur sens critique et de saines habitudes de vie, dont des rapports égalitaires dans leur vie affective et amoureuse.

Au Québec, des groupes travaillent auprès des jeunes et de la population pour les sensibiliser à développer de saines habitudes dans les relations amoureuses. Mais on doit se rendre à l’évidence, un vide persiste au niveau scolaire; ce qui a des conséquences graves sur les pratiques sexuelles de nos jeunes et sur le rapport qu’ils et elles ont avec autrui.

Nous demandons au gouvernement québécois de mettre en place des cours spécifiques d’éducation à la sexualité dans les écoles. Ils doivent être donnés par des spécialistes. Les stéréotypes ont la vie dure, il faut les combattre au quotidien. On doit donc proposer une approche qui fait la promotion de rapports égalitaires entre les filles et les garçons et qui développe le sens critique chez les jeunes. On doit s’assurer du respect de l’intégrité des personnes. Ces cours doivent être exempts de sexisme.

C’est pourquoi nous revendiquons que le gouvernement du Québec instaure des cours spécifiques d’éducation à la sexualité dans une perspective de rapports égalitaires, non sexistes et non hétérosexistes.

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Nous revendiquons que le gouvernement du Canada garantisse le droit inaliénable des femmes de décider d’avoir ou non des enfants, ce qui implique le maintien et la consolidation des services d’avortement gratuits offerts par les réseaux publics et communautaires et le développement de nouveaux services publics dans les zones peu desservies.

Près de la moitié des avortements pratiqués dans le monde sont « non sécuritaires » ou pratiqués illégalement. Pour 2008 seulement, on estime à 33 millions le nombre de femmes et de filles confrontées à des grossesses involontaires et non désirées, et 5 millions qui vont devoir être hospitalisées en raison des complications inhérentes à l’avortement à risque. Près de 70 000 d’entre elles vont en mourir et des centaines de milliers d’autres devront supporter des blessures débilitantes et souvent irréversibles. Le libre choix peut se réaliser à condition que non seulement l’avortement ne soit pas interdit, mais aussi que les services soient accessibles pour toutes. Évidemment, le droit des femmes de décider ne peut se réaliser qu’à condition que des services d’avortement universels, gratuits et de qualité existent, et qu’ils soient accessibles dans toutes les régions du Québec.

 

Le mouvement des femmes constate une augmentation des menaces au droit à l’avortement avec la présence du gouvernement conservateur à Ottawa, la montée de la droite religieuse et politique au Canada (qui a des ramifications actives au Québec), et l’émergence dans les médias québécois d’un certain discours nataliste culpabilisant les femmes qui ont recours à l’avortement. Les droits reproductifs des femmes et le libre choix en matière d’avortement ne peuvent plus être tenus pour acquis.

Malgré les promesses du gouvernement Harper de ne pas rouvrir le débat sur l’avortement, le projet 

de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels aurait permis d’octroyer des 

droits au fœtus, ce qui jetait les bases d’une recriminalisation de l’avortement.

Au Québec, l’accès aux services d’avortement demeure une bataille qui est toujours à mener: délais d’attente parfois longs, manque de relève médicale pour la pratique de l’avortement, boîtes vocales pour la prise de rendez-vous, interruption de services dans certaines périodes, etc.

Le mouvement féministe a toujours soutenu que les femmes doivent avoir le droit de choisir de poursuivre ou non leur grossesse, quelle que soit la cause de cette grossesse (relation sexuelle non protégée, échec de la contraception, agression sexuelle, etc.). Ce droit est fondamental puisqu’il s’agit d’un moyen de contrôle sur nos vies et une condition essentielle à l’exercice du droit à l’égalité entre les sexes.

L’opposition au libre choix s’inscrit dans une vision des rapports sociaux qui considère, explicitement ou implicitement, que les femmes peuvent être assujetties à autrui, à leur conjoint ou à l’État et nie le principe de liberté des êtres humains sous prétexte que les femmes disposent d’une capacité reproductrice. La position anti-choix ne reconnaît pas notre statut de personne à part entière, mais parallèlement, revendique des droits pour le fœtus. L’utilisation du corps des femmes à des fins qu’elles ne désirent pas, sous menace de poursuites criminelles, représente une forme de droit de propriété.

Or, le corps des femmes n’est pas la propriété d’autrui: seule la femme peut décider de l’issue de la grossesse et le fœtus n’est pas considéré comme une personne tant qu’il n’est pas né et vivant indépendamment de la mère.

C’est pourquoi nous revendiquons que le gouvernement du Canada garantisse le droit inaliénable des femmes de décider d’avoir ou non des enfants, ce qui implique le maintien et la consolidation des services d’avortement gratuits offerts par les réseaux publics et communautaires et le développement de nouveaux services publics dans les zones peu desservies.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter la section suivante de notre site : http://www.ffq.qc.ca/luttes/marche-mondiale-des-femmes/champs-daction/revendications-et-outils-3/

Cet été,  en prévision du rendez-vous de la Marche cet automne, la FFQ mettra périodiquement de l’avant diverses préoccupations et revendications de la Marche mondiale des femmes sur le site Internet. 

 

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