19 avril 2010

De Montréal à Cape Town pour la MMF

 

Je suis à Cape Town en Afrique du Sud pour une réunion du comité international de la Marche mondiale des femmes. C’est la première fois que je suis en contact direct avec notre mouvement international. En 2000, mes responsabilités m’ont tenu loin des rencontres et  actions internationales de la Marche. C’est donc avec une grande fébrilité que j’ai quitté Montréal pour aller à la rencontre de ces femmes des cinq continents.

Le voyage pour se rendre est très long. De Montréal, on fait une escale à Amsterdam pour arriver au Cape vingt-quatre heures plus tard. En arrivant à l’aéroport du Cape, je suis passée aux douanes. Après avoir expliqué les raisons de ma visite, le douanier m’a souhaité la bienvenue en Afrique du Sud. Sous l’Apartheid, jamais un noir ne m’aurait pu accueillir. J’étais très émue de fouler le sol de ce pays ayant connu une lutte si fondamentale pour la dignité humaine et la justice raciale.

C’est fantastique de pouvoir enfin voir ce pays qui m’a tant inspirée. Ma première manifestation était contre l’Apartheid. J’ai suivi le parcours de ce pays depuis la libération de Mandela aux démarches de la Commission sur la vérité et la réconciliation qui a permis une transition pacifique vers la démocratie. Même mes recherches universitaires sur les relations entre autochtones et non-autochtones se sont inspirées des expériences de l’Afrique du Sud.

L’Apartheid marque les expériences des femmes. Willemina, notre hôtesse, nous raconte comment les plages qui parcourent les berges du Cape étaient jadis réservées aux blancs. Il n’y avait qu’un endroit où elle et les autres personnes de couleurs pouvaient se baigner, soit dans un port plein de boues et du détritus. Ça lui arrive encore d’être émue devant le fait qu’elle peut maintenant se promener librement et se baigner sur la plage de son choix.

Même si la situation politique et civique a changé pour le mieux, les divisions économiques raciales demeurent vives. Hier soir, des travailleuses domestiques faisant partie d’un syndicat sont venues souper avec nous. Il y en a 500 000 dont la majorité est noire au service de familles blanches. Elles se sont donné une protection syndicale et la force qui l’accompagne, chose impossible selon les lois québécoises actuelles. C’est inspirant de constater leur démarche. 

J’arrête là pour le moment, car le travail m’appelle. Aussitôt que possible, je vous écrirai sur les objets de notre rencontre.

Alexa

Commentaires

Un commentaire sur “De Montréal à Cape Town pour la MMF”

  • Benoit Marie-France dit :

    Bonjour,
    Cela doit effectivement être très émouvant de vivre une expérience militante qu’est la rencontre internationale en sol sud-africain!
    J’ai bien hâte d’avoir les nouvelles à ton retour, particulièrement sur tout ce qui se prépare dans les autres pays avec la marche…
    On pourra ainsi réfléchir à des alliances plus concrètes encore.
    Bon séjour et à bientôt,
    Marie-France.

Nous ne publions jamais les adresses courriel.

Veuillez saisir le code de sécurité ci-dessous :