1 juin 2009

Ramenez Sylvie Mendo au Canada!

 

Sylvie Mendo a été arrêtée le 27 avril dernier par un agent de l’Agence des services frontaliers du Canada lors d’une audition sur la garde de ses trois enfants âgés de 1 an à 4 ans.  En moins de trois jours, Mme Mendo s’est vue déportée vers les États-Unis, arrachée à ses trois enfants qui sont maintenant sous la garde de leur père, un homme qui, selon Mme Mendo, l’aurait abusée physiquement et psychologiquement et contre qui elle menait une lutte pour la garde des ses enfants.

Sylvie Mendo a fuit son Cameron natal à la recherche d’un statut de réfugiée au Canada au mois de mai 2003.  Au mois de novembre de cette même année, elle a rencontré le père de ses trois enfants, résident permanent du Canada.  Peu de temps après, ils emménageaient ensemble et il promettait de l’épouser.  Leur premier enfant est née au mois de novembre 2004, une fille.

Malheureusement, la demande de réfugiée de Mme Mendo a été refusée.  Toutefois, son conjoint continuait de lui promettre de la parrainer.  Leur deuxième fille est née au mois de février 2006.  Un troisième enfant, un garçon, est né en février 2008.  Pendant ce temps, il y avait dans le ménage des tensions, des séparations et des réconciliations.  Mme Mendo se voyait contrariée par le fait que son conjoint ne mettait pas sa promesse de la parrainer à exécution.  Il exerçait sur elle un contrôle, à travers l’abus physique et psychologique, en menaçant de la dénoncer aux autorités de l’immigration.

Au mois de janvier 2009, Mme Mendo a fini par quitter son conjoint pour de bon trouvant refuge dans une maison d’hébergement pour femmes.  Son statut face à l’immigration n’était pas clair à ses yeux car elle ne se rendait pas compte qu’on lui avait refusé, en 2005, un statut de résidente permanente pour  motifs humanitaires et croyait que cette demande demeurait en attente.

Le lundi 27 avril, Mme Mendo comparaissait à la cour supérieure dans la cause se rapportant à la garde de ses enfants.  Un agent de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) était présent à l’audition.  Le juge a accordé la garde conjointe de façon temporaire en attendant l’audition complète sur la garde, fixée au mois de septembre.  Cependant, le juge a ordonné qu’advenant la détention de Mme Mendo, la garde serait confiée au père des enfants.  À la fin de l’audition, l’agent de l’ASFC a arrêté Mme Mendo et elle fut menée au centre de détention de l’immigration à Laval.

Un représentant de l’ASFC avait d’abord informé l’avocat de Mme Mendo qu’elle ne serait pas immédiatement expulsée du Canada et qu’elle aurait le droit de comparaître lors d’une audition de révision de sa détention, le jeudi 30 avril.  Toutefois, le mercredi 29 avril, on a informé son avocat que Mme Mendo serait déportée le lendemain.  Celui-ci a soumis une demande de suspension de renvoi, invoquant le meilleur intérêt des trois jeunes enfants.  Une travailleuse à la maison d’hébergement a préparé une lettre d’appui dans laquelle elle déclarait que les membres du personnel de la maison ont pu  observer que Mme Mendo était une bonne mère, attentive aux besoins de ses enfants et que ces travailleuses s’inquiétaient de l’effet négatif qu’aurait une séparation familiale de cette nature.  La demande de suspension de renvoi est restée lettre morte et Mme Mendo fut renvoyée aux États-Unis le 30 avril.

Depuis son renvoi aux É-U, Mme Mendo s’est rendue à Dallas où elle a de la parenté.  Ce n’est pas clair pendant combien de temps elle pourra demeurer aux E.-U.  Les nouvelles en provenance des enfants sont à l’effet qu’ils sont en peine et réclament leur mère.

Nos principaux sujets de préoccupation sont les suivants:

  • Les gestes posés par les représentants de l’ASFC donnent l’apparence que l’Agence soutient un conjoint, contre lequel pèse des allégations de comportement abusif, qui se sert du manque de statut de sa conjointe de fait pour exercer un pouvoir sur elle.  L’ASFC a en effet tranché la question de la garde en faveur du père en renvoyant la mère.
  • Les représentants de l’ASFC ont procédé au renvoi sans aucune considération quant à l’intérêt supérieur des enfants, qui allaient privés les enfants de la présence de leur mère.  Les représentants de l’ASFC savaient que le dossier impliquait la présence d’enfants puisqu’ils ont procédé à l’arrestation de la mère lorsqu’elle était en audition portant sur la garde de ses enfants.  Nous ne voyons aucune raison pour laquelle ce renvoi devait se faire de façon aussi empressée, ni pour laquelle la demande de délai administratif ait été rejeté.

Pour les raisons mentionnées ci-haut, nous demandons qu’un permis de résidence temporaire soit émis pour permettre à Mme Mendo d’être réunie avec ses enfants, au moins jusqu’au moment où sa cause puisse être révisée correctement, c’est-à-dire en prenant en considération les meilleurs intérêts des enfants.

Ce que vous pouvez faire:

  • Télécharger la lettre-type, la personnaliser selon votre volonté, la signer et l’envoyer au Ministre de l’Immigration, Jason Kenney par courriel (kennej@parl.gc.ca) ou par courrier régulier (voir adresse sur la lettre-type, aucun timbre nécessaire).
  • Vous pouvez également transformer la lettre en pétition et la faire circuler dans votre milieu de travail, votre école ou centre communautaire, etc.

MERCI DE VOTRE AIDE !

Mots-clés :
Luttes : Discrimination, Violence

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